1768, par le traité de Versailles, Gènes vend la Corse au royaume de France. Mais la corse, libéré du joug génois, s’est érigée en nation depuis 1755, date de l’application de la fameuse constitution corse de Pasquale Paoli, mère des démocraties actuelles et des droits de l’homme.
Bien évidement les corses n’entendent pas se soumettre à ce nouvel envahisseur, troupes françaises l’apprendront à leurs dépend puisqu’elle essuieront une sévère défaite, notamment lors de la bataille de u borgu (octobre 1768).
Après hésitation et sous l’insistance du Duc de Choiseul, le roi de France organisa une nouvelle expédition contre la jeune république corse.
Le général De Vaux fut envoyé avec de nouvelles troupes, 30 000 hommes d'élites.
Le col de Tenda, sur les hauteurs de Lentu était l'objectif principal du corps expéditionnaire français, il était persuadé qu'en prenant possession de ce lieu, ils seraient a même de prendre l'île entière en seulement deux heures. De Vaux demanda une dernière fois si le peuple corse voulait se soumettre à la souveraineté du roi de France, Paoli toujours soucieux de garantir la paix au corses répondit favorablement, à condition que la Corse ne soit plus jamais livrée aux génois et que la nationalité Corse soit conservé ("Si j'étais maître du tonnerre, je m'en servirais pour défendre la liberté de ma patrie. Mais je persiste toujours dans le désir de la combiner et de l'assurer sous la protection de Sa Majesté Très Chrétienne (le roi de France)"P.Paoli).
Versailles ne répondit pas, affichant son plus grand mépris. La déclaration de guerre fut apporté par une femme en une lettre qui n'avait pas d'adresse,cela montre le peu de considération qu'avait la France envers la Nation Corse.
En Mars 1769 la cunsulta di u cunventu San Francescu di Casinca décida de levée tous les hommes âgés de 16 à 60 ans.
Les corses formèrent une ligne de défense (1200 à 1500 hommes) dans le Nebbiu, entre Olmeta di tuda et Santu petru di tenda, afin de contenir les 12 000 soldats présent à Oletta et ses alentours.
Le 4 Mai 1769 ce fut le début de ce nouveau conflit franco-corse, ce jour Marbeuf fit de fausse manoeuvre pour tromper les nationaux de Paoli.
Le 5 mai les français attaquèrent la ligne de défense des corses avec 5000 hommes au front et 7500 en réserve. Les corses résistèrent mais leur point de faiblesse fut porté à la connaissance des soldats français par 250 traîtres menés par Boccheciampe d'Oletta. Ce point de faiblesse était un passage entre Rapale et Pieve qui n'était protégé que par 50 combattants, 2000 soldats français attaquèrent ce passage et percèrent ainsi la ligne de défense corse.
De Vaux attaqua Paoli à Muratu, le contraignant à se replier vers Merusaglia. Marbeuf s'avança alors vers u Borgu avec 2700 hommes. 450 nationaux défendirent u Borgu mais en vain, les français étaient trop nombreux.
Cette prise française créait le risque pour Pasquale et son frère Clemente d’être pris en étau. Décision fut alors prise de redéployer les troupes ; les habitants et soldats du Nebbiu reçurent l’ordre d’évacuer les villages et de se repositionner en trois point stratégique, U ponte novu, U ponte a a Leccia et Petralba.
Le 6 et 7 mai les français gagnèrent Lentu, les cols de Tenda et San Ghjacumu. Les renforts levés dans toutes les pieve de l’ile à la demande de Paoli furent interceptés par les troupes françaises massées à de nombreux point de passage.
Gaffori avait pour ordre de défendre le col de Lentu, pourtant le 8 mai pour des raisons indéterminé il n’exécuta pas sa mission. Giocante Grimaldi aurait du défendre Canavaghja, lui aussi sera infidèle à sa mission.
Il était 14h en ce 8 mai lorsque la bataille commença. Le combat semblait perdu d'avance, 5000 français s'opposaient à environ 2000 corses. Pourtant les corses sont impatient et les français apeurés. Paoli donna l’ordre d’attaquer San Ciprianu ou les troupes d'élite du comte de Vaux étaient positionnées. Les nationaux prirent rapidement le dessus. De vaux demanda l’envoi de renfort à San Ciprianu et d'autres vers Canavaggia et Costa pour couper une éventuelle retraite corse.
Très vite les français sont mis en déroute et poursuivit par les habitants de la piève de Costera et de Casaconi ainsi que par les troupes venues de Casinca. Mais des forces françaises considérable descendirent de Lentu et de Canavaghja, les corses alors poursuivant se retrouvèrent poursuivit et pris entre deux feux .D’une part les fuyards qui voyant arrivé les renforts se retournèrent, de l’autre les troupes venus de la montagne.
Seule solution pour les soldats corses ; le regroupement sur la rive droite du pont de Ponte novu. Problème, les hauteurs ouest du pont étaient occupé par des troupes françaises bien sereine alors qu’elle auraient dut être mis à mal par des renforts corses venus depuis le col de Tenda.
C’est donc 1900 français qui attaquèrent les corses de front tandis que 1200 se ruèrent sur leur flan.
Les corses tentèrent de repasser sur le pont, mais ce dernier était gardé par des miliciens prussiens sous les ordres de Paoli.Ils avaient ordre de tirer sur tout ceux qui tenteraient de passer le pont…ordre qu’ils appliquèrent à la lettre, assassinant les valeureux corses sur le pont, incapable qu’il étaient de comprendre les contre-ordres donnés dans une langue inconnue. ( c'est l'une des hypothèse retenue par certains historiens,d'autres parlent d'un mur que Paoli aurait demandé de réaliser sur le pont afin de rétrécir le passage,mur qui aurait fait perdre du temps au nationaux lors de leur repositionnement laissant ainsi le temps aux français de faire feux et d'infliger de lourdes pertes au nationaux de Paoli)
"Hier, nous fûmes sur le point de remporter une victoire capitale. L'ardeur trop importante des nôtres les précipita trop vers l'ennemi. Le temps que j'organise un détachement pour occuper les hauteurs qui dominent le pont, les nôtres s'affolèrent sur le pont et empêchèrent sa traversée" Pasquale Paoli
Il y eu 200 corses morts sur le pont et le double aux alentours (les chiffres varient entre 500 a un millier de nationaux morts et 400 a 800 soldats français).
Ce sinistre jour du 9 mai 1769 scella le destin de la nation corse, cette jeune nation éprise de liberté tomba une nouvelle fois sous les balles de l'envahisseur sanguinaire .Des villages entier furent rasés,des enfants,des vieux furent assassinés,les prisonniers furent déportés dans les bagnes français (Toulon) ou en Sardaigne (santa teresa di gallura). Lors de la campagne militaire des forets de châtaigniers furent brûler , des troupeaux entier furent décimés pour affamer les villages corses .
Certains disent que la présence de Paoli au sein même de la bataille aurait doublé l'ardeur des combattant comme ce fut le cas à u Borgu. Mais heureusement que Paoli ne fut pas tué à Ponte novu car il n'avait pas fini d'oeuvrer pour sa chère patrie.
Partout en Europe le courage et la vaillance des corses furent salué :
"Leur blessés se mêlèrent parmi les morts pour raffermir le rempart. On trouve partout de la valeur,mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres"
Voltaire, précis di siècle de louis XV
"Les corses firent un rempart de leur morts pour avoir le temps de charger derrière, et les blessés se traînèrent d'eux mêmes jusque parmi les morts pour raffermir ce sanglant rempart"
M.Valery
"Le combat téméraire et désespéré de 1500 Corses contre l'armée française au Pontenovo montre quel parti on peut tirer de cette brave nation"
Dumouriez
"L'Europe vit l'inégalité de la lutte, et mieux encore elle admira la grande valeur: elle décerna un blâme au vainqueur et la gloire au vaincu"
Vincenzo Giubega
Paoli tenta un dernier coup stratégique mais en vain au regard des troupes corses largement inférieur en nombre.
Le 13 juin 1769 Pasquale Paoli et 300 de ses compatriotes partirent en exil sur un vaisseaux anglais vers la Toscane, parmi eux Carlu et Letizia Bonaparte, Letizia était alors enceinte de Napulione.
Paoli reçut les honneurs de toute les cour d'Europe (Italie, Allemagne) voici un passage d'un chanson italienne écrite par Pignotti (traduit de l'italien):
" O Paoli, héros toujours vainqueur!
Pourquoi n'ai je pas dans mes vers la hardiesse que tu as déployée dans tes actes.
Mais pour être grand tu n'as pas besoin des vains lauriers du Pinde.
Déjà l’Europe entière retentit de l'éclat de ton nom.
La France elle même, entre l'étonnement et la colère, frémit et t'admire.
Elle se repent presque déjà de son entreprise première et regrette d'offenser un peuple innocent.
Londres qui orne les augustes rivages de la Tamise t'applaudit par des ovations et par des fêtes."
En Angleterre il fut accueilli avec les honneurs, il trouva asile en cette terre brumeuse. Une pension annuelle de 2000 livres lui était versé, il usa de cet argent pour s'assurer du confort des corses en exil.
Plusieurs villages refusèrent de se rendre et trouvèrent refuge sur les sommets du Ritondu mais à l'annonce du départ de Paoli, ils perdirent espoir sauf Circinellu curé de Guagnu qui continua le combat avec ses paroissiens.
Le 9 mai 1769 est certes la fin de l’indépendance corse, mais elle marque aussi le début d’une résistance qui n’a toujours pas cessé aujourd’hui.
Résumé de la résistance corse après ponte novu
Récit d'un épisode de la francisation : les pendus du Niolu
O corsu ùn ti scurdà...Se tu passi pè 'sse sponde, pensi a saluta a croce.
Lundi 27 avril:
Ce matin à l’aube une nouvelle rafle contre des militants de Corsica Libera, dont un membre de notre exécutif et un responsable d’une organisation humanitaire de soutien aux prisonniers politiques, à eu lieu dans la région de portivecchju.
Il ne se passe pas une semaine sans que les militants ou les responsables de notre mouvement soient l’objet de tourments policiers sur des motifs infondés et sur la base de commissions rogatoires fourretout.
Le but avéré de ces opérations policières est d’empêcher la démarche de refondation du mouvement national de poursuivre et de mener à terme l’action politique d’envergure qu’elle a entreprise voici quelques mois et qui de jour en jour s’amplifie au sein de notre peuple.
Cette répression orientée sur le mouvement Corsica libera est également destinée à bâillonner la composantes majeure d’opposition à la politique de destruction de notre peuple programmée par l’Etat Français et ses relais locaux qui consiste à :
Décorsiser les emplois en Corses, favoriser l’installation de nouveaux arrivants par le biais d’une colonisation de peuplement effrainée, imposer un padduc contraire aux intérêts collectifs du peuple corse, permettre de développer les projets immobiliers spéculatifs favorisant une économie résidentielle artificielle pour mieux spolier les corses de leur terre et paupériser notre communauté, marginaliser notre langue et notre culture, et continuer a nier l’existence de nos droits nationaux.
Devant ces tentatives d’intimidations organisées au plus haut niveau de l’Etat, devant ces intolérables persécutions policières quasi quotidiennes, soutenues et cautionnées par des élus corses, alliés politiques de toujours ou conjoncturels du gouvernement Sarkozy , nous
réaffirmons notre volonté inébranlable de poursuivre notre engagement militant sincère et déterminé afin de faire échec aux projets d’éradication de la légitime revendication nationale corse.
Nous apportons notre totale solidarité aux nationaux et à leurs familles qui aujourd’hui sont l’objet d’une dérive répressive ciblée et nous exigeons la libération immédiate, d’Olivier SAULI, Michel GIRASCHI et Dumenicu TAFANI.
Nous appelons tous les corses à marquer leur refus de cette politique en participant au meeting du samedi 2 mai 2009 à Migliacciaru et apporter leur soutien aux prisonniers politiques au cours de la soirée qui suivra.
BASTA A REPRESSIONE, LIBERTA PER I PATRIOTTI
Commission Anti Repressive de Corsica Libera
(voir les vidéos concernant les prisonniers politiques corses en bas de page)
Le 17 avril est une journée dédiée à l’ensemble des prisonniers politiques dans le monde.
Elle à été mise en œuvre au cours du congrès international « KALERA » qui s’est déroulé en 2004 à DONOSTIA au Pays-Basque et qui réunissait les représentants de plusieurs peuples en lutte contre l’oppression des états dominateurs.
A l’heure actuelle il y a 60 prisonniers politiques corses détenus en France dans des conditions exécrables pour lesquelles la France a été plusieurs fois condamnées par les instances européennes.
L’Etat Français, instrumentalise des tribunaux d’exceptions pour les faire lourdement condamner et de surcroit leur refuse le statut de prisonnier politique et les maintient en toute illégalité, au mépris des lois, françaises et internationales en exil carcéral à plus de 800 km de leurs familles.
A l’occasion de la journée internationale dédiée aux prisonniers politiques, l’Associu- Sulidarità et la Commissions Anti Répressive de Corsica Libera profite de cette occasion pour réaffirmer leur soutien aux prisonniers politiques du monde qui sont incarcéré pour des délits d’opinions, de résistance sociale, culturelle ou politique et qui croupissent dans les prisons :TURQUES, ARGENTINES, PERUVIENNES, COLOMBIENNES, MEXICAINES , MAROCAINES, IRAKIENNES, FRANCAISES, ANGLAISES, ESPAGNOLES, ITALIENNES, ALLEMANDES, AMERCAINES, SRILANKAISES, SUD-AFRICAINES ,ETC….ETC….
Pour rappeler au monde, qu’en Corse aussi, plusieurs hommes sont emprisonnés pour être entrés en résistance politique contre un Etat oppresseur qui nie les droits des peuples à disposer d’eux même :
Une distribution de tract aura lieu ce vendredi 17 avril à 18h devant le palais de justice d’Aiacciu, place Abatucci.
[Source du texte Corsica Libera à Associu Sulidarità via le site Unità Naziunale]
Des actions de solidarité sont programmées à travers la Corse et à Paris.
Aiacciu
Distribution de tracts à 18h devant le palais de justice , place Abatucci.
Bastia
Défiler de voiture avec drapeaux. Point de rendez vous parking le Polygone à Montesoru.
Spuntinu à partir de 20h au Bar le Penalty ,Le Sax et Corsica bar (Piazza di u mercà)
Corti
19h concert à l’Oriente avec en autres les groupes Sperenza et Sumente .
Paris
Une réunion publique se tiendra à partir de 19h avec notamment la présence de Gabi Mouesca président de l’Observatoire International des Prisons .Débats et animations musicales sont prévus.
Bourse du Travail - 2 rue Bobby Sands
93200 Saint-Denis (M°13 : Saint-Denis/Porte de Paris)
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Toujours au sujet des prisonniers politiques, l’associu Sulidarità a tenue une conférence de presse la semaine dernière afin de dénoncer, une fois de plus, le double discours de l’état français concernant le rapprochement des prisonniers politiques. Voici les vidéos :
L’escalade répressive des gouvernements contre les peuples en lutte pour leurs droits, économiques, politiques, sociaux, maintient encore en 2009 de milliers de prisonniers/ères politiques dans le monde. Palestine, Pérou, Corse, Pays Basque, Colombie, Tamouls, la Forteresse européenne, États-Unis, les prisonniers maintenus illégalement à Guantánamo, partie de Cuba non restituée, etc... Les prisonniers politiques continuent de montrer depuis leurs prisons le chemin de la lutte et de l’engagement, pris auparavant pour combattre l’oppression, l’injustice...
Des conflits sociaux, politiques, des nations opprimées, la logique dominante de l’argent et de l’accumulation, la spéculation, l’asservissement, la destruction, se trouvent à l’origine du combat de millions d’êtres humains à travers le monde. Combattre pour un monde où la logique du capitalisme ne soit pas celle qui dirige la société. Combattre pour un monde où la diversité de milliers de peuples qui le forment puisse subsister.
En Europe, spécialement en France et en Espagne, des centaines de prisonniers et prisonnières politiques basques se trouvent dispersés sur tous les territoires de ces deux États. Il y a aussi des camarades communistes, des Corses, des Galiciens, des Catalans, des Bretons et des anarchistes. En Italie la persécution des mouvements d'opposition augmente et les mouvements indépendantistes en Sardaigne sont réprimés. En Allemagne des débats sont intervenus sur la possibilité d'élargir encore plus les peines des prisonniers politiques… et dans tous les pays de l’Europe de l’Ouest, des syndicalistes,
des travailleurs qui luttent contre l’Europe du capital, vont en prison.
Les prisons d’isolement en France, en Espagne, en Belgique et en Allemagne, nous montrent le prix si élevé que les États veulent faire payer à ceux et celles qui les combattent.
Nous devons parler aussi des cinq prisonniers de l’Empire, qui se trouvent en prison pour combattre le terrorisme que les États-Unis exercent contre Cuba, des prisonniers portoricains, des prisonniers colombiens aux États-Unis, des prisonniers politiques péruviens, certains mêmes incarcérés dans des prisons militaires, des Mapuches, des Sahraouis, des Kurdes, des Colombiens emprisonnés par le gouvernement génocidaire d’Alvaro Uribe, des prisonniers politiques palestiniens qui se trouvent en première ligne dans la lutte contre le pillage sioniste et impérialiste dans les pays du Moyen-Orient, du courageux peuple irakien qui continue à combattre contre la brutale agression impérialiste, des prisonniers politiques en Turquie.
Pour tout cela, nous voulons que ce 17 avril 2009 soit une journée pour revendiquer d’abord le statut de prisonnier politique et surtout pour leur libération, pour les militants qui aujourd’hui se trouvent en prison en train d’accomplir une peine imposée par les juges serviteurs du capital, par les juges médaillés… Et pour réclamer, également, des conditions démocratiques pour les peuples en lutte, des conditions pour que ceux qui n’ont rien, pour que les opprimés puissent avoir des instruments de lutte similaires à ceux dont disposent les oppresseurs.
LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS ET PRISONNIÈRES POLITIQUES DU MONDE !
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En affirmant qu’il n’y a pas eu de tirs tendus lors des dernières manifestations, Michelle Alliot Marie se couvre une fois de plus de ridicule. L’ère informatique offre ceci d’intéressant, c’est que les images circulent à une vitesse considérable si bien qu’il est très difficile pour les tenants du système de désinformer en toute impunité. Dès le lendemain du drame qui a failli coûté la vie au jeune Xavier Orsini, une vidéo montrant des tirs tendus circulait sur internet (elle illustrait notre article « Manifestation de soutien à Yvan Colonna, un jeune de 14 ans dans le coma » ).
Une nouvelle vidéo circule, sur les tirs tendus de samedi cette fois ci (voir ci-dessus).On y voit clairement un CRS tirer sur un manifestant, puis, se retourner fièrement vers ses collègues, le sourire aux lèvres.
Voici maintenant que Gilles Leclair, responsable de la sécurité en Corse, vole au secours de sa ministre. Les tirs tendus, encore inimaginable et techniquement irréalisable hier, deviennent possible aujourd’hui, mais attention, seulement en changeant la nature du projectile ! En effet les tirs tendus de grenade lacrymogène étant potentiellement mortels, les gentils CRS les remplaceraient par des balles en caoutchouc non létal. Demain apprendrons nous qu’il s’agissait en faite d’une bataille de polochon ?
Au lieu de reconnaître les faits et faire son mea culpa, les représentant de l’état s’enlisent dans des explications pour le moins scabreuses.
A travers cette polémique absurde, MAM et Leclair entendent nier les bavures policières de lundi.
Multipliant les déclarations mensongères lors de sa visite en Corse, MAM a également eut un comportement irresponsable. Que penser de l’attitude d’un ministre d’état qui visite des CRS blessés omettant volontairement de rendre visite à un enfant de 14 ans blessé par ces mêmes hommes ?(et pourtant hospitalisé dans le même service).
Cela ne va pas dans le sens d’un apaisement.
Les clanistes, en bons valets dociles se contentent de suivre le chemin montré par leur maître, ainsi les communiqués condamnant la « barbarie » des jeunes révoltés corses pleuvent.
Le silence assourdissant est total sur les tirs tendus et les violences policières de lundi.
Un piège politique ?
La répression française est habile, d’un coté elle libère un flot de désinformation de l’autre elle jette ses forces de répression dans l’arène, leur demandant de ne pas bouger, n’ignorant nullement la suite logique de ce petit jeu. Puis elle condamne le brasier qu’elle vient d’allumer tout en soufflant sur les braises encore incandescentes.
Dans les prochains jours, s’appuyant sur le lourd bilan gonflé de cette guérilla urbaine, elle déchaînera sa violence répressive.
Il y a un avantage certain dans le fait de ne point procéder à des interpellations immédiates ; désormais tout le monde est un coupable potentiel ! Sur la base de photos de jeunes encagoulés, je fais entièrement confiance à l’imagination des forces de répression pour voir quelques éléments gênants derrières les masques.
Politiquement le but me semble clair, isoler les indépendantistes après le succès populaire de ces manifestations en les faisant passer pour des faiseurs de guerre. Cette présence policière massive à la préfecture ressemble bien à un piège politique.
Casseurs contre anges gardiens de la paix ?
MAM accuse le pole indépendantiste de manipuler la jeunesse, de s’en servir à son compte.
Mais un jeune est il forcement un pantin? Je me souviens que dans les année 70, ce sont des étudiants d’une vingtaine d’année qui on crée le FLNC. Mettre en place une telle structure demandait un sérieux engagement politique, allant bien au-delà d’un quelconque enthousiasme juvénile.
Samedi, seul des cibles politiques ont été pris pour cibles, cela relève d’une certaine conscience politique. Il n’y avait pas de casseur à l’œuvre ce jour là.
Rien de choquant dans le choix des cibles, ce qui est un peu plus interloquant, c’est la vision de certains enfants, trop jeunes et qui n’avait rien a faire là. Choquant également certains tags barbouzes imbéciles qui ne font que desservir notre lutte et ne sont de toute façon pas à son image (Erignac= Salope, Les français dans les fours, Vive la violence). Choquant également l’agression d’un journaliste pourtant identifié; Enrico Porsia(pris pour un policier dans un premier temp). Ces faits, en marge de la manifestation encadrée, sont l’oeuvre de quelques individus manquant cruellement de réflexion politique.
Certes rien de bien nouveau au lendemain de cette guérilla urbaine, pourtant, ce jour restera gravé dans le marbre de l’histoire. Le vent de l’histoire balayera les polémiques stériles et les condamnations de principe, il portera de son souffle le souvenir d’un peuple qui a dit non durant plusieurs jours à l’emprisonnement injuste des siens, non à l’assassinat de ses enfants.
L’histoire se souviendra que ce jour là, notre jeunesse a poussé un cri de colère, d’indignation. Symptôme d’un cancer qui ronge notre pays depuis bien trop d’année.
Pour conclure, je vous laisse méditer sur une citation de Bertolt Brecht qui disait ceci ; On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent.
Réagir sur la manifestation de samedi ici,sur les tirs tendus ici
Source photos : U ribombu
Bastia, samedi 4 avril 2009.
A l’appel du pole indépendantiste, des milliers de corses (1.500 selon la police 15 000 selon les organisateurs, 10 000 selon les observateurs) sont descendus dans la rue pour dire « Basta à a ripressione » (Stop à la repression). Sous cette bannière, les manifestants entendent dénoncer plusieurs choses; la condamnation d' Yvan Colonna, les violences policières de lundi dernier ( deux mineurs gravement blessés,dont l’un de 14 ans, récit ici) mais également la politique du tout répressif,seule réponse actuellement offerte aux revendications corses.
Dans le calme les manifestants ont rejoints la préfecture depuis le Palais de justice. Devant la préfecture c’est environ 500 gardes mobiles et CRS qui attendaient les manifestants.
Après les discours et l'appel au calme de Jean guy Talamoni, les heurts ont débutés. Il était environ 18h.
Durant près de quatre heures, les jeunes corses en découdront avec les forces de répression.
Aux cocktails molotov, bombes agricoles et autres projectiles, les mobiles répondent par du gaz lacrymogènes.
Selon les sources officielles le bilan est lourd du cotés des forces de répression avec environ 70 mobiles blessés dont 8 hospitalisés dans un état grave. Des banques et des bâtiments publics ont été incendiés, un fourgon de police a été endommagé par une bombe agricole.
Aucun bléssé, ni aucune interpellation du coté des manifestants.
Le bilan ne cesse de s’alourdir au fils des communiqués de presse.
Gilles Leclair, coordinateur des services de sécurité en Corse, à clairement parler de « guérilla urbaine ».
Après les violences policières de lundi personne n’ignorait que des incidents allaient éclater.
Que penser alors d’un tel déploiement de force devant la préfecture ? Il est pourtant évident que la vue d’un tel dispositif serait perçue comme une provocation, il est pourtant évident que sans présence policière dans les rues une manifestation ne peut pas dégénérer, faute de cibles pour les manifestants résolus à en découdre.
De plus, il n’y a eu aucune interpellation, les charges de mobiles contre les manifestants ont été quasi inexistante, les forces de répression se contentant de disperser a coup de lacrymogènes puis d’avancer. Une question se pose alors, les forces de répression ont-elles reçut l’ordre de ne faire que du défensif ? Si la réponse est positive, dans quel but ? Celui que les affrontements durent et s’amplifient?
Quel est le degré de responsabilité de la préfecture dans ces incidents ? Quels intérêts pour l’état ?
Le débat se poursuit sur notre forum, vous y trouverez également plus de détails, des photos et vidéos et des liens pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé)
