Lundi 24 août 2009




15 ans ont passés ce mois d'aout depuis qu'on vit la plus grande mobilisation de solidarité de tout les temps avec les réfugiés politiques basques.

En 1992 plus de 30 réfugiés basques en Uruguay furent arrêtés par l'Etat dans une vaste opération.
La commission des familles commença une aide humanitaire. Une première grève de la faim eut lieu en octobre 1993.
Ils furent libérés un par un mais la procédure d'extradition vers l'Espagne se poursuivait contre certains, et à la fin Josu Goitia, Luis Mari Lizarralde et Mikel Ibañez restèrent sous la menace d'une extradition.
Ils commencèrent une grève de la faim à la fin de juillet 1994 lorsqu'ils apprirent qu'elle était acceptée.
L'ambiance commençait à chauffer en Uruguay, et l'acceptation de l'extradition ainsi que la grève de la faim des militants basques poussa le principal syndicat à appeler à la grève générale.

Ils furent hospitalisés suite à la grève de la faim, et les gens commencèrent a se rassembler nuit et jour devant l'hopital de Filtro en signe de solidarité avec les trois Basques.

Quand le 24 août arriva, la police réprima sauvagement les manifestants, et, après avoir tiré plus de 100 balles assassina le jeune Fernando Morroni.
La même nuit, le jeune Roberto Facal fut assassiné dans une action terroriste.

Les trois militants basques furent extradés, et ces évènements remuèrent durement le Pays Basque et l'Uruguay.

De nombreuses mobilisations furent réalisées dans les deux pays, et le drapeau uruguayen fut visible aux quatre coins d'Euskal Herria, en signe de remerciement envers le peuple d'Uruguay.

Le Mouvement pour l'amnistie rappelle qu'au Pays Basque les gens continuent à fuir la torture et la prison aux quatre coins du monde, et 15 ans après les évènements de Filtro, que l'on vit encore de près, veut remercier tout les pays et citoyens qui défendent et protègent les réfugiés politiques.

Les réfugiés politiques en 2009 sont des centaines à travers le monde. Sans droits, ils continuent à être la cible de la répression de l'Etat espagnol. La persécution du CNI, le renseignement espagnol, est quotidienne.

Hier s'est déroulé un hommage émouvant à Bilbo organisé par le Mouvement pour l'amnistie et Askapena, avec la mère de Fernando Morroni, Norma Morroni, et "Manueltxo" Goitia, un de ceux qui furent extradés à l'époque.
Un membre d'Askapena a aussi parlé, et a rappelé qu'aujourd'hui les exemples de solidarité continuent à nous parvenir. Comme au Venezuela où Iñaki Etxebarria a été libéré après le refus de sa demande d'extradition.

Par ailleurs, les brigades d'Askapena souffrent d'agressions régulières, comme au Chili dans leur travail avec les Mapuches où ils ont reçu des menaces, en Palestine, où l'Etat d'Israel a refusé l'entrée de deux membres, ou encore en Colombie il y a quelques mois lorsqu'un brigadiste fut menacé de mort par des paramilitaires.

Plus de 200 personnes se sont rassemblées, et plusieurs médias sont venus car l'acte avait été interdit, mais il n'y a eu aucun problème, la ertzaintza n'est même pas apparue.

En Uruguay à Montevideo, près de 2000 personnes ont manifesté à l'appel de nombreuses organisations sociales et de défense des droits humains pour réclamer la fin de l'impunité des reponsables du massacre de Filtro et du président Luis Alberto Lacalle, "responsable intellectuel". Des dizaines de photos de prisonniers politiques basques ont été aussi montré, en réponse à ce qui se passe en ce moment en Euskal Herria, et également des photos de Jon Anza, victime de la guerre sale, et Remi Ayestaran, mort d'un infarctus après des provocations violentes de la ertzaintza.

Mouvement pour l'amnistie


(traduit du basque par Ekintza)

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Dimanche 23 août 2009


SOLIDARITÉ AVEC LES SYNDICALISTES EMPRISONNÉS

Le procès en appel des syndicalistes de l'USTKE aura lieu à Nouméa le 25 août.

Pour les soutenir et réclamer leur libération, le collectif Solidarité Kanaky appelle à un

RASSEMBLEMENT À PARIS

LUNDI 24 AOÛT à 17h

DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE

Île de la Cité

Pour lecture: http://www.liberation.fr/politiques/0101585626-en-nouvelle-caledonie-nous-sommes-toujours-dans-une-colonie

Pour infos: http://solidaritekanaky.org/

http://solidaritekanaky.org/spip.php?article242

Pour signatures: http://solidaritekanaky.org/spip.php?article222

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source image: bellaciao
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Mercredi 19 août 2009
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Comité "Libérez-les !"

Communiqué n° 449

18/08/09

http://www.liberez-les.info/

QUAND LE SILENCE REND AVEUGLE !


Les samedi 7 et 15 août 2009 (mais également dimanche 16 août - NDLR), la Ertzaintza (corps spécial de police basque composée de basques et d’espagnols opposés à l’idée d’indépendance du Pays Basque) a réprimé violement des manifestations interdites organisées par Etxerat composé par les associations des familles de prisonniers, proches de la gauche abertzale (gauche indépendantiste basque). L’ertzaintza peut être comparée au Magav israélien, car se sont des personnels recrutés sur une base idéologique au service des intérêts d’une minorité bourgeoise liée à la religion.

Le 15 août, de nombreuses personnes, jeunes, femmes, âgées ont été violement agressées et frappées à la tête, un homme de 85 ans a été gravement blessé par une balle en caoutchouc, il y a eu des dizaines d’arrestations.

Pourtant, vous et nous, avez regardé ou écouté au minimum une fois les informations radio ou télévisées depuis deux jours, et pourtant ces actes barbares ont été placés sous silence… Pourquoi ?

Pourquoi les média (non présents sur place) insistent-ils depuis des mois sur la violente répression en Iran à l’issue des élections, ou sur la répression dans les provinces chinoises du Xinjiang et du Tibet, ou sur les atteintes aux droits de l’homme (et de la femme) en Russie et en Ukraine… ? Et pourquoi les média (présents sur place) ignorent-ils la répression violente contre des personnes de toutes générations et de tous sexes, qui manifestent pacifiquement au Pays Basque pour exiger que les prisonniers-es politiques basques soient rapatriés au Pays Basque (certains sont à plus de 1000 kms) ? De plus, la Ertzaintza s’en est aussi violement prise aux supporters du club de football de la Réal Sociedad qui sortaient du stade de Donostia (San Sebastian).

Certains se diront que de s’attaquer d’une telle manière aux média est suicidaire, que les journalistes sont indépendants des pouvoirs et des partis, que les rédactions traitent les priorités… mais qu’en est-il en vérité ?

La « petite culotte » de Madonna dans un concert raillé par les fascistes polonais est elle plus importante que la vie d’un homme de 85 ans atteint d’une balle tirée par un milicien aux ordres d’une idéologie qui a fait des centaines de milliers de morts pendant 40 ans, le franquisme. Cette répression au Pays Basque n’est pas un simple fait divers, pourtant elle n’est même pas traitée comme un fait divers puisqu’elle est complètement ignorée (et pourtant nous avons cherché l’info).

Depuis quelques années, la répression policière et sa violence, dans les divers pays qui composent l’Europe, deviennent des actes banalisés, à peine traités dans la rubrique des « chiens écrasés ». Ainsi, cette banalisation de faits graves qui s’abattent sur nos « démocraties occidentales moralisées et de libre expression », agit subjectivement sur les esprits et les consciences : car quoi de plus normal que d’intervenir contre une manifestation qui n’a pas été autorisée. Par contre, quel tapage médiatique quand il s’agit de pays hors d’Europe, là où « il n’y a ni démocratie ni droit d’expression, là où la presse est verrouillée par des pouvoirs religieux, nationalistes ou même des communistes »…

Que Chavez ou Correa ferment des radios, interdisent des journaux, qui pourtant nuisent à l’intérêt général d’un peuple et d’une nation souveraine est un scandale planétaire « le droit d’opposition », mais qu’un parti politique « Batasuna » soit interdit d’exister parce qu’il n’est pas en phase avec l’idéologie dominante est tout à fait normal « le Pays basque n’est il pas déjà autonome ? ».

Que l’ETA, une organisation clandestine nationale populaire, socialiste, laïque et indépendantiste soit mise dans la même catégorie qu’Al Qaïda, une organisation créée par les USA, fasciste et intégriste, est une chose normale, « ce sont des terroristes ». Que l’Ertzaintza réprime maintenant avec des balles une manifestation pacifique de milliers de personnes intimement liées à l’indépendance de leur Patrie colonisée, devient donc normal, puisque ces manifestations sont désormais interdites par le pouvoir central de Madrid, les juges de l’Audience Nationale et le gouvernement basque en place élu démocratiquement (après l’interdiction des listes indépendantistes, faut il le rappeler).

On est ainsi entré dans la normalité de la répression et de l’interdiction : une répression juste dans l’espace Schengen, une interdiction juste dans un espace fédéral, mais une répression et des interdictions injustes quand elle est hors de cette frontière inventée et dessinée il y a quelques années pour les intérêts impérialistes européens.

Depuis quelques semaines, ETA frappe les intérêts espagnols. 9 bombes déclarées, 6 qui ont fait des dégâts importants, 3 morts… et ce malgré des services secrets, de renseignements et antiterroristes dans l’indicateur rouge depuis plusieurs mois des deux côtés de la frontière. Le chef du service spécialisé dans la lutte contre l’ETA abattu, une caserne de la Garde Civile détruite, deux policiers morts, et l’ile de Majorque ciblée alors que c’est le lieu même de villégiature de la famille royale, et le tout dans le mois où le CIO (comité organisateur des jeux olympiques de 2016) venait visiter les installations sportives et examiner le projet espagnol.

Pour le gouvernement social-démocrate espagnol de Zapatero, et son Ministre de l’Intérieur Perez Rubalcaba, ces mois de juillet-août sont signes de défaites politiques qui vont laisser des traces, donc une haine renforcée contre la résistance civile et les combattants armés. Mais cette stratégie de la tension et de la fermeture, c’est le choix de l’Etat espagnol et de son gouvernement, c’est à eux de prendre leurs responsabilités pour revenir à la table de négociations, le dernier communiqué de l’ETA ne peut être plus clair.

En effet comment a-il-été possible que des commandos, d’une organisation qualifiée de mourante et d’isolée, dont les n°1 et les chefs militaires ont été arrêtés à grand renfort de médiatisation durant les derniers 18 mois, peuvent ils agir d’une manière opérationnelle à plusieurs endroits d’un pays, dans des lieux hautement protégés et sur des personnes sous haute surveillance vu le contexte actuel ? Cela ne peut être qualifié que « d’exceptionnel » pour une organisation qu’on dit « mourante et d’isolée ». Ces opérations militaires contre les intérêts espagnols et la politique de refus et d’ignorance du gouvernement espagnol, sont préparées avec une grande minutie et ce sans faire de victimes civiles innocentes.

Elles ne peuvent être mises en action que par des militants préparés à cette forme de lutte où seuls les intérêts espagnols sont visés. C'est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’actes aveugles et meurtriers sur des cibles civiles, mais d’actes militaires perpétrés par des révolutionnaires (au sens marxiste du terme) sur des cibles militaires. Dans le cas des restaurants, il y a eu appel téléphonique 20 mn avant les mises à feu, permettant l’évacuation des lieux ou le désamorçage. Ce qu’il faut donc espérer, c’est que dans sa haine, en cas de prochaine fois, la police décide d’ignorer l’appel téléphonique, ce qui créerait des victimes civiles, donc inéluctablement un renforcement d’une haine déjà bien présente à l’égard des indépendantistes basques dans un pays qui vénère encore son caudillo.

Aujourd’hui, il est évident que le gouvernement espagnol n’a d’autre choix que de renouer avec le dialogue politique, mais avec qui puisque Batasuna a été interdit. Il doit le faire, même si l’actuel président de la province autonome basque, Patxi Lopez refuse toutes discussions et met en application les directives de l’Audience Nationale qui interdit toute manifestation indépendantiste. Même toute photo des 740 militants-es basques actuellement emprisonnés-es sont désormais interdites dans les lieux militants. La haine du caniche Lopez est si forte, à cause de la défaite de son autorité, qu’il en bave au point de prendre des mesures de rétorsion contre son propre peuple, en envoyant ses chiens de garde contre tout rassemblement en lien avec les indépendantistes et les collectifs de soutien avec les prisonniers.

A cela beaucoup vont rétorquer « mais ETA a tué plus de 800 personnes, ils sont violents », oui, car la violence appelle la violence. Il faut rappeler qu’il s’agit d’une guerre d’indépendance, et les 800 morts étaient pour 98% des soldats ou des miliciens qui servaient les intérêts du colonisateur espagnol, et tous connaissaient les risques de leur engagement contre ETA.

Mais combien des 740 militants basques emprisonnés, aussi conscients de leur engagement dans le combat pour l’indépendance du Pays Basque, vont-ils mourir en cellule, car condamnés pour certains à 800 ans de prison, combien de ces militants révolutionnaires viendront s’ajouter aux 25O morts basques, déclarés « mort au combat » ou assassinés depuis 1959.

36 ans après la mort de Franco, la même agressivité contre la gauche indépendantiste basque est encore forte de la part de la bourgeoisie basque inféodée à l’Etat Espagnol, nous avons dernièrement mis en avant les services secrets espagnols qui avaient infiltrés Cuba pour surveiller des réfugiés politiques basques ou les traques contre les soutiens ici en France.

Mais le phénomène est partout, car les années n’ont pas atténué la vengeance et la haine encore marquante contre les mouvements révolutionnaires des années 70/80 qui ont frappés durement les intérêts et les miliciens des bourgeoisies européennes, mais aussi les intérêts impérialistes, colonialistes et sionistes de par le monde.

En Espagne, en France, en Italie, en Allemagne, en Israël, aux USA… comme au Chili, en Argentine, en Afrique du Sud… la répression violente n’a jamais fait reculer totalement les masses et leurs organisations révolutionnaires ou progressistes. Toutes les nations capitalistes et colonisatrices, toutes les alliances impérialistes ne pourront jamais abattre par la répression, la dictature, le silence, la haine de classe… le droit des Peuples à s’autodéterminer et à obtenir la souveraineté.

Le Peuple Basque, comme tous les peuples historiques qui l’exigent, a ce droit à l’autodétermination et à la souveraineté inaliénable dans une Etat libre qui ne subit pas le joug de la bourgeoisie et des colonisateurs… et des religieux à leur solde.

Voilà pourquoi tous les progressistes et les communistes du monde doivent accepter et comprendre qu’il ne s’agit pas de terrorisme mais de lutte armée à mort qui oppose un colonisé et un colonisateur, c'est-à-dire qu’il s’agit d’un conflit militaire pour l’indépendance, la liberté et le socialisme que le Peuple Basque obtiendra à moyen ou à long terme, mais qu’il va obtenir.

Le comité « Libérez-les ! » s’est toujours positionné du côté des prisonniers et des réfugiés politiques, du côté des peuples asservis et colonisés, du côté de la classe opprimée et bafouée… nous soutenons la Résistance basque comme nous soutenons la Résistance palestinienne, kurde, kanake ou mapuche… et leurs combattants et militants !

Il n’y a pas de pire torture pour un peuple,

que d’être colonisé et asservi !


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Mercredi 12 août 2009


ETA, organisation basque socialiste révolutionnaire de libération nationale, confirme à travers ce communiqué qu’était l’un de ses membres le combattant originaire d’Elizondo Kepa Arizmendi, « Baztan », décédé à Bayonne début juin. De même, notre Organisation reconnaît qu’était l’un de ses membres Joxe Antonio Otxoantesana, « Okana », originaire d’Ondarroa, décédé au Mexique. L’un comme l’autre, des modèles d’une militance conséquente, des militants qui ont connu sur une durée de plus d’une décennie la fuite, la clandestinité et l’exil. En même temps que la peine que nous a causée la mort de ces deux compagnons, qu’il nous soit permis de transmettre à leurs proches et à leurs amis nos condoléances, en premier lieu.

De la même façon, et alors qu’il va y avoir quatre mois que l’ennemi a fait disparaître Jon Anza, Euskadi Ta Askatasuna, au moyen du présent communiqué, renouvelle sa dénonciation. Bien que durant ces mois il n’y ait pas eu de nouvelles de la disparition de Jon, il est surprenant que les policiers de l’Etat français, menant l’enquête en interrogeant la compagne de Jon ainsi que des membres de la famille de ce dernier, se montrent enclins à privilégier l’hypothèse d’une intervention de la Police de l’Etat espagnol ou de la Garde Civile dans cette disparition. Nous ignorons si ces indications des policiers visent à blanchir la France de sa responsabilité ou à montrer du doigt l’implication unilatérale de l’Espagne. De toute façon, la France est entièrement responsable de la disparition de Jon, que celle-ci soit le fait de ses propres policiers ou des policiers de l’Etat espagnol qu’elle a fait entrer sur son territoire.

Par ailleurs, ETA revendique les actions armées suivantes qui ont été accomplies au cours des derniers mois :
duen
-Le 19 juin, à Arrigorriaga, l’exécution menée à bien au moyen d’une bombe placée dans sa voiture du chef très connu de la police de l’Etat espagnol Eduardo Puelles Garcia.
Puelles Garcia, sur l’ordre de l’Audience Nationale de l’Espagne, a été ces dix dernières années à la tête d’opérations de police effectuées en Alava, au Guipuzcoa et en Biscaye contre de nombreux militants de la gauche abertzale et contre de jeunes indépendantistes. Il a assuré également la coordination de diverses opérations menées contre ETA. Il était parfois le plus vil des experts en torture du commissariat ; d’autres fois, à l’issue d’une séance où il avait tenu le rôle du « bon policier », c’était lui qui dirigeait, dans la rue, les opérations de persécution de militants indépendantistes, en vue d’obtenir leur collaboration au moyen de la menace. Comme même un de ses proches parents l’a reconnu, Puelles Garcia n’a jamais été une victime : il était un chaînon de la Répression ainsi que de l’Oppression exercée par l’Espagne, un chef mercenaire de l’Espagne.

-Le 10 juillet, à Durango, dans le cadre de la campagne contre les partis fascistes d’Espagne, l’attentat à l’explosif contre le siège qu’y possède le PSOE, qui a causé la destruction du siège en question. ETA, dans l’attentat contre le siège du PSOE à Durango, comme dans les attentats qui présentent ces caractéristiques, a procédé à deux appels pour prévenir de l’explosion. Le premier à la Mairie et le deuxième au numéro de téléphone des secours d’urgence. Lors de la tentative d’appel au numéro des secours d’urgence, les policiers qui étaient de permanence au 112 ont coupé l’appel du militant de l’ETA qui était en train d’appeler au nom de notre Organisation, afin que le militant rappelle et qu’ils aient le temps de l’interpeller. C’est un mensonge, une nouvelle fois, ce qu’ont dit le Ministère de l’Intérieur de l’Espagne, le conseiller de l’Intérieur de Lakua ainsi que les reporters d’EiTB sur ordre du policier-journaliste Alberto Surio. Si nos concitoyens ont pendant un moment été en danger, cela a été par suite de décisions prises par les dirigeants du PSOE, de Lakua et de Madrid. Nous appelons nos concitoyens à prendre exactement les mêmes mesures de protection et de sécurité avec ces sièges que celles qu’il convient de prendre avec n’importe quelle autre installation militaire, en s’en éloignant, et en raison des risques dus aux sièges du PSOE et du PP qui se trouvent au-dessous de leurs appartements, à faire pression pour en obtenir la fermeture. Nous adressons aux responsables et aux gérants de ces sièges un avertissement clair : qu’ils ferment ces sièges, ou qu’ils vident de leurs habitants les immeubles où ils sont implantés. Seuls éviteront d’être ou de devenir des objectifs d’ETA les dirigeants, ainsi que les sièges de leurs partis, qui se manifestent contre l’illégalisation, et, s’agissant du conflit que connaît le Pays Basque, en faveur d’une solution politique, fondée sur le dialogue, et démocratique.

-Nous revendiquons également l’attentat réalisé au moyen d’un véhicule chargé d’explosif le 29 juillet à Burgos (Espagne), contre la caserne de la Garde Civile. Par suite de l’attentat, l’édifice qui abrite la caserne a subi des dommages considérables, et beaucoup de personnes y résidant ont été blessées. A propos de l’attentat réalisé contre la caserne de la Garde Civile de Burgos, Alfredo Perez Rubalcaba, le ministre de l’Intérieur de l’Espagne, s’est efforcé de développer un point de vue selon lequel il s’agissait d’une tentative d’attentat qui visait les familles de la Garde Civile et qui n’avait pas atteint son objectif : quand, alors que la caserne se trouve tout à fait démolie, Rubalcaba déclare que l’attentat « a échoué », il confond sa volonté avec celle de l’ETA. C’est lui qui guettait l’apparition de contradictions au sein d’ETA, et non pas ETA qui souhaiterait voir tués les proches et les enfants des gardes civils. C’est lui qui joue avec la vie des civils. C’est lui qui peut prendre des mesures pour que cela ne se produise pas et qui ne les prend pas.

Rubalcaba s’est mué en ministre du mensonge, de la désinformation et de la propagande : les soi-disant attentats d’anniversaire d’ETA, les prétendus débat interne et informations d’ETA, les militants drogués et ivrognes d’ETA, l’effondrement et l’affaiblissement des supposés responsables… Tout est bon pour défigurer l’oppression et le conflit politique qu’Euskal Herria est en train de vivre tant avec la France qu’avec l’Espagne. Tout est bon pour agir contre ETA, même si ce n’est que pour masquer l’échec du pari de la répression et les craintes ressenties par l’appareil policier. Sur le parking de la plus grande caserne de la Garde Civile qu’il y ait à proximité d’Euskal Herria, ETA a laissé, garé durant une demi-journée, bourré d’explosifs, un véhicule signalé depuis trois mois par la presse et que toutes les polices ont recherché. C’est là un fait qui ne peut être dissimulé que par le rabâchage de la propagande, de la désinformation et des mensonges assénés avec assurance. Comme ces dernières années, ce qui, ces dernières semaines, nous apparaît comme ayant « échoué » et réellement stérile, c’est seulement la stratégie répressive et le recours au tout-policier.

-En dernier lieu, nous revendiquons l’attentat réalisé le 30 juillet à Majorque (Pays catalans) contre la Garde Civile au moyen d’une bombe placée dans leur voiture, attentat au cours duquel ont trouvé la mort les gardes civils Carlos Saenz de Tejada et Diego Salva Lezaun.

Ce que veut ETA avec détermination, c’est ouvrir la voie à une solution démocratique qui permette de dépasser l’oppression d’Euskal Herria ; pour cela, c’est avec les armes que nous nous opposons à l’assujettissement qu’avec les armes l’Espagne impose à notre pays. ETA n’a pas la volonté d’imposer quelque projet que ce soit, contrairement à ce qu’affirment les dirigeants espagnols. Ce qu’ETA poursuit comme objectif depuis de longues décennies, c’est une solution politique négociée rendant possible la concrétisation, de manière démocratique, de tous les projets politiques. L’autodétermination, la parole au peuple. Mais les gouvernants d’Espagne et de France continuent à promouvoir l’oppression, la répression et l’issue policière. Ils se sont trompés par le passé et font fausse route actuellement encore. Il y a peu, nous avons dit que venaient les errements répressifs, auxquels allaient succéder les réajustements politiques, et avec cela à nouveau la nécessité de trouver une issue politique et démocratique, fondée sur la justice, au conflit que vit Euskal Herria avec la France et l’Espagne. Mais les dirigeants de l’Espagne et de la France ne connaissent que l’oppression et la répression. Et nous, les citoyens basques, par suite de l’impossibilité de décider de notre avenir politique, nous avons à supporter dans notre chair les conséquences de leur pari pour la répression. La semaine dernière, la police autonome à la botte de l’Espagne a tué Remi Ayestaran à Villabona. Ertzaintza : mot composé paraît-il de « herri » et « zaintza » (ce qui signifie « protection du Pays Basque »). Le nom « Espainiazaintza » (« protection de l’Espagne ») serait plus juste pour désigner ces policiers basques gonflés d’orgueil qui tuent impunément.

Le fascisme espagnol, ces derniers mois, tente de réaliser des avancées dans une offensive politique répressive contre les milliers et milliers de citoyens, parents ou non des prisonniers, qui agissent pour la défense des Prisonniers Politiques Basques. Les fascistes veulent en finir maintenant avec le soutien, l’affection et la solidarité que le peuple offre aux Prisonniers Politiques Basques. Ou, pour mieux dire, veulent donner le coup de grâce à ces diverses manifestations d’appui. Et voilà leur première victime.

Remi, c’est l’Ertzaintza d’Ares qui l’a tué. Remi, c’est l’alliance fasciste PP-PSOE du Caudillo Lopez qui l’a tué. Remi, ce sont les stratèges de l’illégalisation et de la répression qui l’ont tué. Mais Remi, l’ont également tué, en réclamant davantage de mesures policières, de prison et de répression, ceux qui ne jouent pas d’autre rôle que celui d’agitateur idéologique de la stratégie répressive, comme Txema Urkijo, Iñigo Lamarca, Maite Pagazaurtundua et Marixabel Lasa. Ces bourreaux déguisés en victimes sont aussi les responsables du décès de Remi, eux qui incitent à la chasse aux sorcières contre la gauche abertzale. C’est précisément eux qui, s’activant à longueur de journée avec un salaire confortable et au nom de la paix et des victimes, portent cette responsabilité. Tout comme les responsables politiques et les gouvernants qui, ces derniers jours, ont appuyé et ranimé l’oppression, la répression et la viabilité de la voie policière. C’est vraiment honteux et lamentable qu’au Congrès espagnol, tant le PNV qu’Aralar et Eusko Alkartasuna, ceux-ci par l’intermédiaire de NaBai, aient pu écrire, en accord avec les gouvernants espagnols, le communiqué significatif suivant :

«Nous voulons manifester à tous les membres de la Garde Civile notre reconnaissance pour leur travail et pour leur sacrifice permanent en défense de l’Etat de Droit, de notre liberté et de nos droits. De la même façon, notre appui et nos remerciements vont au travail que réalisent toutes les Forces et les Corps de Sécurité de l’Etat, qui obtiendront, comme tant d’autres fois, que les assassins soient remis à la justice et paient pour leur crime ».

NaBai et le PNV en viennent maintenant à louer les meurtres, tortures et menaces effectués au cours des dernières décennies en Euskal Herri par la Garde Civile. La fermeture d’ « Egunkaria » et de quelques autres organes de communication, tout comme l’opération contre Gaztesarea, voilà en quelque sorte un travail en faveur de notre liberté à nous, les citoyens basques. Ils en viennent maintenant à souligner le sacrifice et le travail qu’ont représenté pour la Garde Civile les cas de torture d’Igor Portu comme de milliers de nos concitoyens. NaBai et le PNV, dans le communiqué signé conjointement avec le PP-PSOE, en viennent maintenant à dire que la Garde Civile, la Police espagnole et l’Ertzaintza sont les garants de la liberté et des droits de nous autres, citoyens basques. Qu’ils expliquent cela aux proches de Remi, aux militants basques qu’ils ont violentés durant toutes ces années dans les casernes, aux citoyens qui sont retournés chez eux tout tremblants à la nuit noire après un contrôle. Qu’ils expliquent cela aux proches de Jon Anza. Que NaBai dise cela à la veuve et aux fils d’Angel Berrueta, ou à Alain Berastegi que les policiers ont séquestré, torturé et menacé à Arbizu durant de longues heures. C’est la même issue politique qu’Oreja, Acebes et Rubalcaba qu’en viennent à offrir le PNV, NaBai, ERC, BNG et ces gens qui vivent sur le filon politicard entourés de fascistes dans les couloirs de Madrid : nous laisser, nous, membres de l’ETA, pourrir en prison jusqu’à la mort, c’est là, paraît-il, la recette pour régler le conflit politique. Qu’ils expliquent cela aux citoyens basques, qu’ils insèrent dans leurs programmes électoraux ces « Viva ! » à la Garde Civile et à l’Espagne.

Toutefois, pour Remi Ayestaran, il n’y a pas au Congrès espagnol de rassemblement particulier, ni de déclaration institutionnelle. Pour Remi Ayestaran, il n’y a pas de minute de silence. Pour les proches de Remi Ayestaran, il n’y a pas d’indemnisation. Pour aller aux hommages à Remi Ayestaran, le PNV, NaBai et autres partis n’interrompent pas leurs vacances, ils ne prennent pas part à l’hommage : parce que Remi est un élu d’ANV qui devrait être en prison, un terroriste. Pour Remi, il n’y a pas d’hommage au Parlement de Vitoria, parce que c’est là un espace où l’on honore seulement les oppresseurs de notre pays, et qui leur est réservé. En cela consiste la tragédie de notre pays : devant l’oppression exercée par l’Etat, les politiques locaux font étalage de trahison. C’est honteux, lamentable. Nos condoléances les plus sincères aux proches et amis de Remi Ayestaran. Vive Remi !

Vive Baztan ! Vive Okana ! Vive le Pays Basque libre ! Vive le Pays Basque socialiste ! En avant jusqu’à l’obtention de l’indépendance et du socialisme !

En Euskal Herri, août 2009

EUSKADI TA ASKATASUNA

E. T. A.

(Traduction : Mikel Mourguiart)

 

Unità Naziunale  via Gara (Euskara)

 

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Lundi 10 août 2009


Le FLNC semble suivre la voie des mouvements politiques et annonce son unification.Pour mémoire il y avait deux FLNC, le FLNC Union des combattants et le FLNC dit du 22 octobre. il y a quelques mois un nouveaux sigle,FLNC 1976,annonçait vouloir regrouper tous les militants du "front" sous une meme banniere (voir sur ce lien FLNC 1976 fusion de l'UC et du 22/10?).

Communiqué intégral:

"Nous revendiquons la voiture , 6 heures du matin, 100 kilos explosif et appel téléphonique d'alerte, contre les logements des militaires de la gendarmerie de Vescovato. Par cette action maîtrisée, nous lançons un avertissement aux acteurs de la politique de repression : votre voie est une impasse. Vous en subirez toutes les conséquences. Il y aura d'autres ripostes. La politique actuelle de l'État français cherche à éliminer par tous les moyens la lutte de libération nationale. Elle vise à éradiquer toute aspiration identitaire. L'État français refuse au peuple corse le droit de choisir librement son destin. Selon cette logique que des élus rénégats aux ordres de la France ont tenté hier et tenteront demain d'imposer le PADDUC, schéma politico-affairiste et mafieux. Nous nous opposerons . Cette tentative, comme tant d'autres, est vouée à l'echec. Nous saluons l'oeuvre de refondation entreprise l'an passé par la lutte publique. Nous suivons avec intérêt ces évolutions sans interférer. Pour notre part, nous appelons à un renforcement et à une réunification stratégique de toutes les forces politico-militaires sur les bases organisationelles de la création du FLNC. Notre resistance se renforcera jusqu'à une résolution politique de fin de conflit. Nous apportons notre soutien fraternel à tous les fréres emprisonnés." Signé :"FLNC"

source Club Corsica

Depeche AFP:
Deux membres d'un FLNC unifié revendiquent l'attentat contre la gendarmerie de Vescovato


CORTE (Haute-Corse), 9 août 2009 (AFP) -

Deux hommes cagoulés se présentant comme membres d'un FLNC unifié ont revendiqué dimanche lors d'une conférence de presse clandestine en marge des Journées Internationales à Corte (Haute-Corse) l'attentat à la voiture piégée fin juillet contre la gendarmerie à Vescovato.
"Nous revendiquons la voiture, 6 heures du matin, 100 kg d'explosifs et appel téléphonique d'alerte contre les logements des forces militaires de la gendarmerie à Vescovato", ont dicté deux hommes au journaliste du mensuel Corsica, Gilles Millet, seul à avoir assisté à la lecture du communiqué.
Les deux hommes, au visage entièrement dissimulé et aux mains gantées, ont parlé devant le drapeau représentant "ribellu", emblème de la lutte indépendantiste corse, selon un photographe de l'AFP, emmené à l'issue de la lecture du communiqué sur le lieu, tenu secret, de cette conférence clandestine.
Le 22 juillet, un attentat à la voiture piégée a visé sans faire de blessés, la gendarmerie de Vescovato en Haute-Corse, à une vingtaine de kilomètres au sud de Bastia, dans laquelle se trouvait près de vingt personnes dont une fillette de 3 ans et un bébé.
Jusqu'à présent, le FLNC étaient divisé en plusieurs entités clandestines: le FLNC-UC, proche de Corsica nazione indipendente, et le FLNC-1976, proche du mouvement indépendantiste corse U Rinnovu.


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Lundi 10 août 2009


Ce collectif a été mis en place a l'occasion des Ghjurnate di Corti (journée de corté).En voici la teneur:

COLLECTIF INTERNATIONAL DE DEFENSE

 

 

 DECLARATION

 

 

-         Considérant la mise en place d’une législation d’exception en matière de manifestations et de procédure pénale ;

 

-         Considérant que les effets pervers de la mondialisation capitaliste ont entraîné et entraîneront encore des grèves, des mouvements sociaux et plus généralement des revendications des peuples ;

 

- Considérant également que l’uniformisation et la marchandisation des cultures est une atteinte à la liberté des peuples à témoigner d’eux-mêmes et une expression moderne de la domination étatique par l’expression du droit du plus fort ;

 

-         Considérant qu’il en résulte que la réponse de l’Etat français face à la détresse des individus et des peuples est l’instrumentalisation de la justice par la répression judiciaire ;

 

-         Il est décidé de la création d’un Collectif de Défense Internationale composé d’avocats des pays des nations sans Etats, qui a l’ambition de s’élargir à tous les défenseurs épris de justice et d’égalité sociale.

 

-         Le Collectif de Défense Internationale se donne pour mission d’assister et de défendre les militants syndicalistes et les ressortissants des peuples en lutte.

 

Corti, le 9 Août 2009

 

 

Bâtonnier STAGNARA, Corse

Me Jean-Guy TALAMONI, Corse

Me Sarah ARISTIDE, Guadeloupe

Me Georges-Emannuel GERMANY, Martinique

Me Patrice TACITA, Guadeloupe.

 

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Dimanche 9 août 2009


Contra lo nacionalisme francés

(TRADUCTION EN FRANCAIS DISPONIBLE PLUS BAS)

L'idèa de «França Estat-nacion», principi politic de la «Republica indivisibla», l'article 2 de la Constitucion, l'interdiccion de l'ensenhament immersiu dens l'ensenhament public que constituissen l'arsenau ideologic, juridic, politic e pedagogic dab quau l'imperialisma francés clava l'acces deus pòbles dependents e coloniaus aus sons drets nacionaus.
Qu'an de préner una plaça centrau dens lo nòste combat entaus drets nacionaus deu pòble occitan, a tota fòrça anti-imperialista e anti-nacionalista. Es díder contra lo poder centrau, lo poder d'Estat e las suberestructuras ideologicas, l'intelligentsia, l'esquèrra francesa (e tanben l'esquèrra revolucionària francesa), e lo quite corrent reformista / regionalista demiei lo moviment nacionau occitan.

Pr'amor nos cau plan constatar que nat d'aqueths elements constitutius de la dominacion deu poder francés n'es pas contestat per las fòrças d'esquèrra francesas. Aqueras que son alinhadas sancèiras suu nacionalisma francés, que ne pòden pas briga redúsir a la sonque extrèma-dreta. Aqueth nacionalisma qu'èra present dens lo moviment obrèir dempuish lo son inici. Pas jamei se'n podot tirar. «La Marselhesa» cantada dab «l'Internacionau», lo drapèth tricolòre a ras deu drapèth roge, la veneracion de la «Revolucion francesa» e lo desbremb qu'estot miada politicament e ideologicament per la borgesia francesa que'n son las manifestacions publicas la mei vededèiras.

Lo nacionalisma francés es tanben l'emplec de tèrmas com « minoritats culturaus », « minoritats nacionaus », « lengas minoritàrias », « lengas regionaus », « minoritats regionaus ». Tèrmas emplegats sovent per las fòrças occitanistas. Per qué ? Pr'amor l'acostuma, lo timidèir o la paur d'anar contra lo corrent, la manca d'esperit critic, l'arrefús de pensar ?
S'i junta tanben lo tornar a l'òrdi deu jorn de las tèsas d'Otto Bauer dab «l'autonòmia culturau». Se gardan plan de's brembar qu'aqueras s'opausan radicaument au dret fondamentau deus pòbles –lo de l'autodeterminacion, de la desseparacion e de la creacion deu son estat pròpi. Que defenden lo principi de l'unitat de l'estat multinacionau avant los autes drets politics deus pòbles dependents, que ne's pòden pas lavetz sonque acontentar deus drets culturaus.

Un saut qualitatiu.

Es dens aqueste contèxte ideologic e politic hostile qu'Occitània, nacion shens estat, pòble shens cap poder politic de la consciéncia nacionau encara tròp flaca, diu dar endavant.
Los concèptes d'Occitània, d'occitan, d'occitanista, que's son a espandir. Un hialat d'associacions culturaus qu'agissen per la defénsa e la promocion de la nòsta lenga e de la nòsta cultura es adara present sus l'Occitània tota. Escribans, cantaires, artistas, ensenhaires de la lenga que's multiplican, estudiants e jovens s'organizan. Lo moviment de las escòlas Calandretas qu'es vadut una institucion coneishuda peu son tribalh segur e seriós.

Mès aquera creishénça quantitativa es a l'esper d'un saut qualitatiu important. Hòrt de militants associatius qu'an daun de s'emparar sus reflexions, accions e organizacions politicas entad acarar las soas tascas. La nòsta causa ne pòt pas mei estar portada per lo sonque moviment associatiu culturau, e mensh encara s'acontentar de las sonques iniciativas individuaus, atau com ic affirma Joan-Lois Blenet, president de la Confederacion de las escòlas Calandretas, en 2002 a Besièrs davant la Convencion occitana: « Nosautes, Calandretas, que n'èm ad un moment que i a un besunh – ic disi com una contribucion, un aperet taus que hèn politica- d'una paraula politica occitana. Pas dens un sens politician, mès d'una paraula que parli de la societat e que parli a la societat, d'un biais globau (…). I a besunh que lo politic respondi ad aquera interpellacion. »

Atau que s'anoncia la fin deu pragmatisma saludat trop sovent com un progres de l'occitanisme, alavetz que n'èra pas qu'una adaptacion forçada deus militants frent au vuit politic occitanista. Dab la creishénça de las revendicacions, la confrontacion dab lo poder que's hè cada còp mei dura, e se muisha tau com es : politica. N'i a pas, atau, de question linguistica e culturau occitana, mès una question politica occitana. Uèi lo dia, a trubès deu movement que naish lo daun de reflexion, de recèrca dab l'amira d'aucupar lo terrenh politic, en tot constatar las limitas de l'accion culturau.
Aqueth saut qualitatiu ne's pòt pas situar que dens lo maine de la consciéncia nacionau e sociau occitana. Se diu manifestar alavetz dab lo formulacion d'una navèra linha politica portada per una navèra organizacion politica.

Dens lo nòste processus de luta, la consciéncia nacionau es adara prioritària. Qu'es deu domèni de la coneishénça racionau e scientifica. Es la coneishénça de la nòsta realitat, de la nòsta istòria, deu mòde de formacion de la nòsta comunitat etnica mès tanben de la necessitat de la liberacion nacionau e sociau, deus objectius d'amirar e de la via a seguir enta'us aténher. Aquera consciéncia es lo movement nacionau e sociau miat per l'organizacion patriotica e revolucionària, arresult deu tribalh intellectuau miat per l'intellectuau collectiu que l'organizacion arrepresenta.

Aquí la fòrma deu combat anti-imperialista deu pòble occitan necessari taus sons drets nacionaus. A la soa hont se tròba la luta ideologica –aquò tanben dens los nòstes quites rèngs, luta de desseparar pas deu processus de desvelopament de la consciéncia nacionau e sociau occitana, de l'occitanisma navèth, patriotic e revolucionari.

Las trencaduras necessàrias

Am de miar una politica de trencadura : trencadura teorica e politica dab l'occitanisma regionalista-reformista e nacionalista reaccionari, entà quilhar lo nòste combat suu terrenh deus drets deus pòbles, de l'autodeterminacion, mès tanben trencadura dab lo nacionalisma francés de l'esquèrra e l'extrèma-esquèrra francesas.
Lo pòble occitan privat de tot dret politic en tant que pòble, shens possibilitat de decidir de la soa vita quotidiana com deu son avenir, es liurat a la politica de desnacionalizacion deus imperialismas francés, italian e espanhòu.

Entà préner en man la soa vita, entà tornar en tant que pòble e nacion dens l'istòria, a hrèita de la libertat de decidir sol e deus mijans d'ic har.
Atau, dens lo nòste combat interven la necessitat de pausar la question de l'autodeterminacion deu pòble occitan, non pas com una sonque question teorica, mès tanben com una question practica que diu víver au quotidian.

Anaram Au Patac Gasconha nòrd, Juillet 2009

------Traduction en français------

CONTRE LE NATIONALISME FRANÇAIS

Le concept de "France Etat-nation", principe politique de la "République indivisible, l'article 2 de la Constitution, l'interdiction de l'enseignement immersif dans l'enseignement public, constituent l'arsenal idéologique, juridique, politique et pédagogique avec lequel l'impérialisme français verrouille l'accès des peuples dépendants et coloniaux à leurs droits nationaux.

Ils doivent occuper une place centrale dans notre combat pour les droits nationaux du peuple occitan, nécessairement anti-impérialiste et anti-nationaliste. C'est-à-dire contre le pouvoir central, le pouvoir d'Etat et les superstructures idéologiques, l'intelligentsia, la gauche française (y compris l'extrême-gauche) et même le courant réformiste / régionaliste au sein du mouvement national occitan.
Car, force est de constater qu'aucun de ces éléments constitutifs de la domination du pouvoir français ne fait l'objet d'une remise en cause de la part des forces de gauche françaises. Elles sont totalement alignées sur le nationalisme français qui ne peut être réduit à la seule extrême-droite.
Les "rattachements" et "acceptations" perçus à gauche ne sont pas une erreur d'analyse, ou une méconnaissance de la réalité nationale. Ce nationalisme imprégnait le mouvement ouvrier dès ses premiers pas. Il ne put jamais s'y soustraire. "La Marseillaise" chantée avec "L'Internationale", le drapeau tricolore cotoyant le drapeau rouge, la vénération de la "Révolution française" et l'"oubli" qu'elle fut dirigée politiquement et idéologiquement par la bourgeoisie française en sont les manifestations publiques les plus évidentes.

Le nationalisme français c'est encore l'emploi de termes tels que "minorités culturelles", "minorités nationales", "langues minoritaires", "langues régionales","minorités régionales". Des termes souvent repris par les forces occitanistes. La raison? L'habitude, la timidité ou la peur d'aller à contre-courant, le manque d'esprit critique, le refus de penser ?
Y participe aussi la remise au goût du jour des thèses d'Otto Bauer avec l'"autonomie culturelle". On se garde bien de rappeler que celles-ci s'opposent radicalement au droit politique fondamental des peuples, celui de l'autodétermination, de la séparation et de la création de son propre Etat. Qu'elles défendent le principe de l'unité de l'Etat multinational avant tout droit politique des peuples dépendants qui ne peuvent se contenter alors que de droits culturels.

Un saut qualitatif

C'est dans ce contexte idéologique et politique hostile que l'Occitanie, nation sans Etat, peuple sans pouvoir politique à la conscience nationale encore trop peu développée, doit aller de l'avant.
Les concepts Occitanie, occitan, occitaniste, sont maintenant répandus. Un tissu d'associations culturelles qui agissent pour la défense et la promotion de notre langue et de notre culture couvre l'Occitanie entière. Ecrivains, chanteurs, artistes, enseignants de la langue se multiplient, étudiants et jeunes s'organisent. Le mouvement des écoles Calandretas est devenu une institution reconnue par son travail sûr et sérieux.

Mais cette croissance quantitative est en attente d'un saut qualitatif important. De nombreux militants associatifs ont besoin de s'appuyer sur des réflexions, des actions et des organisations politiques pour faire face à leurs tâches. Notre cause ne peut plus être portée par le seul mouvement associatif culturel, encore moins se contenter des seules initiatives individuelles ainsi que le formule Joan-Loïs BLENET, président de la Confédération des écoles Calandretas, en 2002 à Béziers devant la Convention occitane: "Nous sommes, nous autres Calandretas, à un moment où il y a un besoin - je le dis à titre de contribution, d'appel à ceux qui font de la politique - d'une parole politique occitane. Pas dans un sens politicien, mais d'une parole qui parle de la société et qui parle à la société, d'une façon globale (...) Il y a besoin que le politique se mette à répondre à cette interpellation"(20).

Ainsi sonne la fin du pragmatisme trop souvent salué comme un progrès de l'occitanisme tandis qu'il n'était qu'une adaptation obligée des militants face au vide politique occitaniste. Avec la croissance des revendications la confrontation avec le pouvoir devient toujours plus dure et apparaît pour ce qu'elle est, politique. Il n'y a donc pas de question linguistique et culturelle occitane, mais une question politique occitane. Aujourd'hui, à travers le mouvement naît un besoin de réflexion, une recherche dans le but d'occuper le terrain politique, tout en constatant les limites de l'action culturelle.

Ce saut qualitatif ne peut être que du domaine de la conscience nationale et sociale occitane. Il doit alors se traduire par la formulation d'une nouvelle ligne politique portée par une nouvelle organisation politique.
Dans notre processus de lutte, la "conscience nationale" est désormais première. Elle est du domaine de la connaissance rationnelle et scientifique. C'est la connaissance de notre réalité, de notre histoire, de la formation de notre communauté ethnique mais aussi de la nécessité de la libération nationale et sociale, des objectifs à se fixer et de la voie à suivre pour les atteindre. Cette conscience est le mouvement national et social mené par l’organisation patriotique et révolutionnaire, résultat du travail intellectuel mené par l'intellectuel collectif que représente l’organisation.

C’est le décor du nécessaire combat anti-impérialiste du peuple occitan pour ses droits nationaux. A son fondement se trouve la lutte idéologique y compris dans nos propres rangs, inséparable du processus de dévelloppement de la conscience nationale et sociale occitane, de l’occitanisme nouveau, patriotique et révolutionnaire.

Des ruptures nécessaires

Une politique de ruptures est à mener: rupture théorique et politique avec l’occitanisme régionaliste-réformiste et nationaliste réactionnaire, afin de placer notre combat sur le terrain du droit des peuples, de l’autodétermination, rupture avec le nationalisme français de la gauche et de l’extrême-gauche françaises.
Le peuple occitan privé de tout droit politique en tant que peuple, sans possibilité de décider de sa vie quotidienne comme de son avenir, est livré à la politique de dénationalisation des impérialismes français, italien et espagnol.

Pour prendre sa vie en mains, pour revenir en tant que peuple et nation dans l'histoire, il a besoin de la liberté de décider seul et des moyens de le faire.
Ainsi, dans notre combat se pose la nécessité de poser la question de l'autodétermination du peuple occitan, non pas simplement comme une question théorique mais aussi comme une question pratique qui doit vivre au quotidien.

Anaram Au Patac Gasconha nòrd, Juillet 2009


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Samedi 8 août 2009


ETA a diffusé un communiqué en décembre dernier à l’occasion de ses 50 ans.

Elle naquit officiellement le 31 juillet 1959.

En 1952, sous la dictature fasciste de Franco, des étudiants de l’université de Bilbo créèrent le groupe clandestin d’étude et de formation Ekin (agir). Trois ans plus tard, le groupe s’unit avec EGI, les jeunesses d’EAJ-PNV, parti démocrate-chrétien, et rompit les relations avec le PNV en 1959, prenant le nom d’Euskadi Ta Askatasuna.

L’apparition d’ETA entraîna, en peu d’années, une profonde transformation idéologique au sein du nationalisme basque. Des concepts comme la race ou la confession furent totalement rejetés  tandis que d'autres comme la défense de l'environnement et la libération sociale, absents jusqu'alors d’une bonne partie du nationalisme antérieur à la Guerre Civile, apparurent pour la première fois en scène. A l’époque de la République espagnole, EAE-ANV, premier parti socialiste basque, défendait déjà la communauté de destin.

La naissance d’ETA trouve son origine dans ce que certains ont qualifié de « longues vacances » du PNV. Il est constatable que la période immédiatement postérieure à la Seconde Guerre mondiale fut celle de la baisse organisative et idéologique jelkide (du PNV). Durant plus de 5 ans le PNV avait remplis documents, télégrammes et messages pour les services secrets de tout l’Occident dans l’espoir qu’une telle prestation serait récompensée par les Alliés.

Mais tout fut en vain. Washington avait plus confiance en Franco qu’en un imprévisible consensus républicain. Une République que la France et les autres puissances avaient sciemment laissé assassiner parce qu’elle devenait un peu trop rouge. Juan Ajuriagerra s’entretint avec Dwight Eisenhower à la fin du conflit mondial mais cela ne fut certes pas un obstacle à ce que le général et président nord-américain donne son appui à Franco, en arrivant en visite officielle à Madrid la même année que celle de la naissance d’ETA. Il n’y eut évidemment pas relation de cause à effet mais bien symbologie générationnelle.

Si au début ETA fut une réaction face à la passivité du PNV, il se convertit bientôt en symbole de « renaissance » ou de « printemps », comme ont aimé l’appeler certains poètes au reflet de son intervention. ETA tentait de conjuguer toutes les formes de lutte possible, en se transformant en authentique mouvement de libération. Les ikastola (écoles en langue basque), l’euskara, le théâtre, la musique, le syndicalisme, les écoles sociales, etc. furent produit par la sensation dynamique que sut transmettre l’organisation armée à l’ensemble de la société basque.

Durant les années soixante la présence d'ETA servit à démontrer que le peuple basque était vivant et que, surtout, à la marge du franquisme, la récupération des signes d'identité nationaux dépendait en grande partie de l'initiative populaire elle-même. Indubitablement ETA était un mouvement politique, comme elle-même le signalait : « Notre problème ne consiste pas seulement à pouvoir obtenir des structures politiques plus ou moins différentes de celles des peuples qui nous entourent. Une Euskadi avec un pouvoir politique propre est un objectif indispensable à atteindre ; toutefois il ne suffirait pas de cette façon. Si ce pouvoir politique était au service d'une langue et une culture étrangères à notre pays, nous pourrions dire avec certitude que nous avons échoués dans nos efforts. Euskadi ne serait pas Euskalherria mais une région espagnole. »

Pour ETA, l’éloignement stratégique de la ligne marquée par le nationalisme traditionnel, si elle n’était pas tellement notoire à cette première époque, fut plus évidente lors de l’intensification de l'activité armée et l’approfondissement dans une théorie pour la libération d'Euskal Herria. Le pas de la Guerre Civile, le poids des dirigeants historiques et l’organisation même du PNV, unique avec un minimum de solidité durant les vingt dernières années, étaient certains des éléments dénaturants qui rendaient plus précaire l’éloignement.

Bien que les premières années d'ETA aient été caractérisées par l'élan de jeunes consacrés à préparer des groupes d'étude et à se doter d'une idéologie en accord avec les nouvelles conjonctures politiques, fin 1959 ils manifestèrent l'intention d'ouvrir un front armé d'intervention politique. Eneko Irigarai, Lopez Dorronsoro, J.L. Alvarez Enparantza Txillardegi, Benito del Valle, J. Manuel Agirre, Patxi Iturriotz et Julen Madariaga faisaient partie de la direction du groupe. En 1960, la police de Franco procéda aux premières arrestations, et début juillet, l’organisation commença à commettre des actions armées : elle tenta de faire dérailler un train rempli d’ancien combattants de Franco, mais ne réussit pas. Les premières bombes furent placées au Gouvernement Civil de Gasteiz, au journal Alerte de Santander et dans le commissariat de police d’Indautxu. Les débuts, comme tout mouvement sujet plus à la nécessité qu’à la planification, furent désastreux. Non tant par des erreurs propres mais parce que dans un bref laps de temps toute l'organisation serait démantelée. Ils eurent là l'occasion de vérifier la force d'un ennemi qui était sorti victorieux de dizaines de batailles historiques. Les arrestations furent nombreuses et Madariaga, del Valle, Irigarai et Elosegi fuirent à l’étranger. Le brûlage à Donostia de deux drapeaux espagnols le 18 juillet 1961 servit à ce que plus d’une centaine de militants et sympathisants d'ETA soient arrêtée, et ceux qui en réchappèrent durent prendre le chemin de l'exil. La structure interne était défaite.

En mai de l’année suivante, ETA réalisa sa première assemblée, où l’organisation se structura en différents fronts : politique, culturel, ouvrier et militaire. Elle fixa ses bases politiques et idéologiques : démocratie sans centralisme pour Euskal Herria, union fédérale des nations en Europe, condamnation du militarisme et Etat laïc. ETA se définit comme révolutionnaire socialiste,  même si cela n’était pas encore très concret. A la suite de l’assemblée elle décida de mener l’organisation plus avant sur une période de huit ans, avec des intervalles de deux ans, afin de faire la propagande, former les ETAkide (membre d’ETA), collecter des armes et de l’argent, et réaliser les actions. La deuxième assemblée se fit l’année même et de nombreux nouveaux membres intégrèrent l’organisation. Quand la police arrêta les dirigeants en 1963, beaucoup de membres d’EGI entrèrent dans ETA.

En 1965 se fit la quatrième assemblée et en 1967 la cinquième, alors que les fondateurs et les plus anciens membres étaient à l’étranger. Les nouveaux membres introduisirent le marxisme et les débats commencèrent avec les plus anciens.

Dans les années suivantes et durant une bonne période l'organisation basque remplit les murs d'Euskal Herria de bombages, plaça des ikurriñas dans des câbles à haute tension, menaça des informateurs de police et détruit des centaines de plaques franquistes tandis que dans ses travaux internes on donnait les raisons en faveur d’une guérilla de montagne. Mais avec le début des actions directes, ETA souffrit ses premières pertes.
Le 7 juin 1968 la guardia civil tua Txabi Etxebarrieta et captura Iñaki Sarasketa lors d’un contrôle routier à Olarrain (Tolosa). En réponse, ETA tua le commissaire Meliton Manzanas, l’un des plus grands tortionnaires de Franco. Elle devint ainsi définitivement une organisation armée. Quatre ans plus tard mourrait à Elizondo le second militant d'ETA tué par le même corps de police, Jon Goikoetxea.

Depuis lors jusqu’à aujourd’hui plus de deux cent cinquante gudari (combattant), militants ayant choisi la lutte armée révolutionnaire en Pays Basque, sont morts dans des affrontements, des assassinats par la police, des actions de groupes parapoliciers (GAL, Batallon Vasco Español, Triple A (Alianza Apostolica Anticomunista)) ou des circonstances causées par le conflit. Il s’agit de membres d’ETA,  mais aussi d’Iraultza, d’Iparretarrak en Pays Basque Nord , et des Komando Autonomo Antikapitalistak. Sans compter les « simples » militants assassinés par l’Etat.

S'appuyant sur les Basques de naissance, le mouvement se développait au-delà et, ayant gagné, en tant que principale résistance au franquisme, la sympathie de la classe ouvrière immigrée des villes, elle parvint au fur et à mesure à en intégrer une grande partie.
La cause d’Euskal Herria et sa culture incorporèrent ainsi le prolétariat immigré.

Dix ans après la mort de Txabi Etxebarrieta, Jose Miguel Beñaran Ordeñana Argala, un mythe dans ETA, définissait le conflit avec la crudité d'une nécessité : « La lutte armée est désagréable. Elle ne plaît à personne, elle est dure. À cause d'elle on va en prison, en exil, on est torturé ; à cause d'elle on peut mourir, on se voit obligé de tuer, elle endurcit la personne, elle lui fait du mal. Mais la lutte armée est indispensable pour avancer ».

 

En 1967 arriva la V. assemblée qui marqua de manière stratégique le futur d'ETA. Pour ETA, sur le plan interne, la conséquence immédiate de l'Assemblée fut la mise en place d'une structure frontiste, selon l’idée, alors popularisée par le Vietnamien Trung Chinh, que les secteurs de confrontation seraient nombreux et divers et que la lutte armée était l'axe qui les unissait et portait jusqu'au triomphe : « Les victoires dans les champs de bataille de l'économie, de la politique et de la culture donnent la victoire militaire à la Résistance Nationale ». L'organisation armée prétendait sortir du réductionnisme de quelques sigles pour se transformer en un mouvement intégral : « Une conscience de classe ne suffit pas, une conscience nationale ne suffit pas, une conscience de classe nationale est nécessaire, puisque nous souffrons tant des structures capitalistes que impérialistes ».

On passa ainsi d’une organisation activiste à une organisation militaire. Le premier départ d’armes fut acheté à la Tchécoslovaquie, précisément lorsque les tanks russes entraient dans Prague. Tandis qu’ils déballaient ces armes, le Comité Exécutif d'ETA rédigeait une dure critique à l'intervention soviétique. La réaction ne put être plus claire : ce fut la première et la dernière fois qu’ETA reçut de l’aide de l'autre côté du Mur de Berlin.



En 1970 se fit la VI. Assemblée, où il y eut scission entre ETA VI., trotskyste, et ETA V. dont la plupart des membres étaient en prison ou en exil.

Voici ce qu’en disait Argala en 1977, dans une autobiographie politique :

« Le groupe appelé VIème Assemblée défendait la vision selon laquelle l’oppression nationale dont souffrait le peuple basque était une conséquence historique de plus d’un développement social dont le moteur était la lutte de classes. Dans le processus de consolidation du mode de production capitaliste, les bourgeoisies des États espagnols et français, recherchant la domination des plus vastes marchés possibles, avaient séparé Euskadi en deux. En essayant d’homogénéiser leurs marchés respectifs, tant sur le plan juridique que linguistique, ils avaient détruit l’ancienne organisation juridique proprement basque et tenté de supprimer sa langue, en imposant les cultures françaises et espagnoles qui non seulement devenaient dominantes, mais de plus, les seules admises. Une fois que le mode de production capitaliste sera brisé et que les travailleurs français et espagnols- nouvelle classe hégémonique – n’auront plus aucun intérêt à maintenir l’oppression du Peuple Basque, celle-ci disparaîtra automatiquement. Par conséquent, l’objectif fondamental consistait en le triomphe de la révolution socialiste au niveau des Etats français et espagnol. Pour y arriver le plus rapidement possible, il était nécessaire d’unir les travailleurs au niveau de ces deux États, car c’est à ce niveau que la lutte de classes se développe de façon significative. ETA avait toujours défendu l’indépendance d’Euskadi et, d’après la VI. Assemblée, cette revendication divisait les travailleurs basques. Il fallait donc l’abandonner et adopter une politique en faveur de l’autodétermination nationale, sans adopter une option concrète à son sujet. L’option indépendantiste était non seulement contre-révolutionnaire, car elle semait la division dans la classe ouvrière et freinait le processus révolutionnaire. Mais en plus elle était petite-bourgeoise car elle représentait une tentative de la petite-bourgeoisie basque de devenir la classe dominante du nouvel Etat basque à créer. Tentative qui, par ailleurs, s’avérait bénigne étant donné le point où en était arrivé le processus de développement historique. L’option indépendantiste était alors réactionnaire. Très curieusement, coïncidant avec cette thèse, la lutte armée était considérée comme une méthode réservée aux élites, aux ambitions messianiques, qui tentait de se substituer à l’action des classes ouvrières. Elle ne représentait plus que l’expression d’une petite-bourgeoisie qui se débattait désespérément contre son inexorable marginalisation historique.

Suivant ce schéma, et bien que cela n’ait jamais été dit, ETA ne représentait rien d’autre que la version antifranquiste, et pour cela radicale, de la politique petite-bourgeoise du PNV. En définitive elle n’était rien de plus qu’une organisation appelée à être assimilée par ce parti, une fois la démocratie politique atteinte, si cela était possible. […]

Si j’étais d’accord avec leur analyse quant à l’origine de l’oppression du Peuple Basque, je rejetais par contre totalement les conclusions qu’ils en tiraient. […] L’impérialisme espagnol n’était pas la seule cause de l’existence de l’option indépendantiste. Il y avait également l’incompréhension historique dont ont fait preuve les partis ouvriers espagnols à propos de la question basque. L’option indépendantiste était l’expression politique qui ne pouvait être menée à bien que par les couches populaires, sous la direction de la classe ouvrière. Elle seule est capable d’assumer, aujourd’hui, en Euskadi, avec toutes ses conséquences, la direction d’un processus d’une telle envergure. C’est précisément parce que la classe ouvrière a assumé la question basque que la renaissance nationale d’Euskadi a été possible. Mes relations postérieures comme membre d’ETA, avec les représentants de divers partis ouvriers espagnols, n’ont servi qu’à confirmer cette vision. Ces partis ne comprenaient la question basque que comme un problème gênant qu’il fallait faire disparaître. Il me semblait toujours que l’unité de l’Espagne était pour eux quelque chose d’aussi sacré que pour la bourgeoisie. Ils n’arrivaient jamais à comprendre que le caractère national que revêtait la lutte de classes en Euskadi était un facteur révolutionnaire. Au contraire, pour eux, cela n’était qu’une note discordante dans le processus révolutionnaire espagnol qu’ils voulaient contrôler.

Quant à la lutte armée, mon interprétation ne correspondait pas non plus à celle formulée par la VIème Assemblée. Le fait qu’elle soit pratiquée de façon minoritaire ne voulait absolument pas dire qu’elle exprimait les intérêts de la petite-bourgeoisie basque. Elle représentait seulement l’expression la plus radicale du mécontentement des couches populaires basques et, en particulier, de la classe ouvrière. L’identification de cette classe avec ceux qui la pratiquaient commença à apparaître de façon évidente à l’occasion du jugement de Burgos en décembre 1970. Depuis lors, elle n’a fait qu’augmenter. La lutte armée était le résultat de la convergence de l’oppression nationale et de l’exploitation de classe que les travailleurs basques – compris dans le sens le plus large – subissaient sous la dictature franquiste. La lutte armée ne freinait pas non plus le travail des organisations de masses à d’autres niveaux. Au contraire, parce qu’elle devenait le pire ennemi du régime espagnol, les autres formes de lutte devenaient les ennemis secondaires, pouvant plus facilement être admises par le franquisme. Elle provoquait bien sûr d’intense vagues de répression dans les secteurs qui tentaient d’organiser les masses travailleuses patriotiques. Mais cela n’était pas dû à la lutte armée en elle-même, sinon à l’unité organique qui se produisait au sein d’ETA, entre ces secteurs et ceux qui étaient chargés de la lutte armée.

La VI. Assemblée se déclarait internationaliste et qualifiait ETA de “nationaliste petite-bourgeoise”. Mais qu’est l’internationalisme prolétarien? Être internationaliste exige-t-il des travailleurs d’une nation divisée et opprimée de renier leurs droits nationaux pour, ainsi, fraterniser avec ceux de la nation dominante? A mon avis, non. L’internationalisme prolétarien signifie la solidarité de classe exprimée dans le soutien mutuel entre les travailleurs des différentes nations, unies dans un respect mutuel de leurs formes particulières d’identité nationale.[…] L’évolution d’ETA, avec ses brusques sauts et déviations dans un sens et dans l’autre, ne faisait qu’exprimer la recherche de l’affirmation idéologique et politique de cette classe au sein d’une réalité occupée par des secteurs dont les intérêts lui étaient étrangers.

La scission de la VIè Assemblée fut décisive dans ce sens. Depuis lors, il ne s’agissait plus de savoir où l’on en était, mais de savoir comment il fallait se situer. Le fait qu’ETA, entendu comme phénomène politique plus que comme organisation, n’ait pas été capable jusqu’à une date très récente de commencer à organiser les travailleurs patriotes basques de façon cohérente, n’est pas dû, comme le prétendent certains, à son caractère petit-bourgeois, mais à son inexpérience politique. Ce qui est logique dans un secteur social qui, en Euskadi, venait de prendre conscience de son identité et qui avait encore tout à apprendre. Plus précisément, la prise de conscience de ce secteur social constitué par les travailleurs basques ayant une conscience nationale permettait de considérer Euskadi comme un cadre autonome pour la révolution socialiste qui devait forcément aller unie à la lutte de libération nationale, avec toutes ses conséquences face aux États espagnol, français et au monde. »



Le 28 décembre 1970 commença le Procès de Burgos. Six ETAkide furent condamnés à mort mais sous la pression internationale Franco annula la condamnation. ETA effectua sa première séquestration en la personne du consul allemand à Donostia, Eugen Beihl. Le procès fut, sans doute, l'événement collectif le plus important en Euskal Herria depuis la fin de la Guerre Civile.

Jusqu'alors, la solidarité européenne avec Pays Basque ne s'était pas montrée, en outre, avec tant d'intensité, ce qui servit à ce que la domination du Gouvernement franquiste soit mise en échec. En conséquence directe, ETA se transforma en la référence organisative contre le franquisme, non seulement en Hegoalde (Pays Basque Sud), mais aussi dans l'ensemble de l'État espagnol. En 1973, la police tua Eustakio Mendizabal Txikia, chef charismatique et poète, qui deviendrait un mythe notamment avec le texte de Telesforo Monzon.

En réponse, ETA tua à Madrid le président du gouvernement espagnol et successeur de Franco, l'amiral Luis Carrero Blanco, démontrant qu'elle était la seule organisation disposée à attaquer au cœur du système : elle avait exécuté le coup le plus audacieux des années qui suivirent la fin de la Guerre Civile.

Cette effervescence supposait, aussi, une grande activité interne. 

En 1972, ETA VI. entra dans la Liga Komunista Iraultzailea. En 1974, le Front Ouvrier donnait  naissance à un parti marxiste-léniniste, Langile Abertzale Iraultzaileen Alderdia, LAIA, le Front Militaire participait à la création du syndicat LAB (Langile Abertzaleen Batzordeak)…

Dans les années soixante-dix, ETA se configura en Mouvement de Libération Nationale, dans le style des mouvements du Tiers-Monde. Bien qu’ETA montrait solidarité et appui à différentes insurrections armées dans divers points de la planète (Kurdistan, Vietnam, Uruguay, Algérie, etc.) ce ne fut qu’en mai 1972 qu’elle se présenta publiquement avec deux autres organisations, en manifestant un accord commun avec elles : le Front de Libération Breton et l’IRA.

En 1974, dans le râle du franquisme, ETA comprenait qu'arrivait la fin de son modèle organisatif et le début d'une action plus intense. Jusqu’alors, seuls Carrero Blanco et le commissaire Manzanas étaient morts suite aux opérations d'ETA. Pendant presque quinze ans, ETA, à travers un modèle organisatif qui présentait de graves problèmes pour son développement, avait prétendu comprendre toutes les facettes de la résistance face au franquisme, en même temps qu'il marquait les règles pour la renaissance nationale. Dans l'organisation de l'activité militaire quelques importantes nouveautés se produiraient. Pour ETA une répartition stricte et immédiate était indispensable entre les appareils légaux et illégaux qui rende sa structure générale imperméable à la répression policière. Les prisons et l'exil étaient pleins de militants d'ETA qui avaient travaillé sur tous ses fronts. Ainsi naquirent les commandos spéciaux, Bereziak, un nouveau concept de cellule armée.

Suite aux débats, se scindèrent ETA militarra (m) et ETA politiko-militarra (pm) (les polimilis).  Eduardo Moreno Bergaretxe Pertur était le chef de cette dernière et les commandos Bereziak furent crées, tandis qu’Argala menait ETA (m).

ETA (pm) proposait la création d’un parti agissant dans le cadre légal de la démocratie bourgeoise (si celle-ci advenait) dont elle resterait la branche armée. Beaucoup de membres des Bereziak n’étaient pas d’accord. ETA (m) donnait la priorité à l’insurrection armée.

Pendant ce temps, la dictature avait mis en place l’état d’exception policier.

En 1975 apparut KAS, Koordinadora Abertzale Sozialista, plate-forme coordonnant les différents organisations du MLNV, le Mouvement de Libération Nationale Basque, à la création de laquelle participèrent les syndicats LAB et LAK, les partis EHAS et LAIA, et ETA (pm), puis ETA (m) .

Cette même année de nouveaux jugements se produisirent et le régime envoya ses derniers condamnés à mort, deux militants d'ETA, Txiki et Otaegi, ainsi que trois militants du FRAP (Frente Revolucionario Antifascista y Patriota, marxiste-léniniste), Xosé Humberto Baena Alonso, José Luis Sánchez Bravo et Ramón García Sanz, devant un peloton d’exécution. Ce furent d’intenses mobilisations, comme lors du Procès de Burgos, qui s’étendirent en Europe. Une preuve de plus de la vitalité des mouvements populaires de l'époque. Mais qui n’empêchèrent cependant pas leur mort.



Le 20 novembre 1975 mourut Franco, qui avait désigné Juan Carlos Ier, roi d’Espagne, comme successeur. Un an plus tard le nouveau Gouvernement de Suarez présentait le projet de Réforme Politique, qui serait approuvé par les Cortes franquistes avec la majorité absolue. Arrivèrent les élections générales, les premières depuis la deuxième République et un nouveau processus constitutionnel espagnol. La fameuse « Transition démocratique » qui permit aux fascistes de se reconvertir en démocrates.

En 1976 fut publiée l’alternative KAS, revendications démocratiques minimales résumées ainsi :

-établissement de libertés démocratiques
-libération des prisonniers politiques
-Départ des forces d’occupation d’Euskal Herria
-légalisation de tous les partis politiques, y compris indépendantistes, sans modification de leurs statuts
-Amélioration des conditions de vie des masses populaires et en particulier de la classe ouvrière.
-Reconnaissance de la souveraineté nationale d’Euskadi
-Création d’un régime d’autonomie élargie pour tout le Pays Basque Sud

En juillet de la même année disparut Pertur. Le Triple A revendiqua son assassinat. L’Etat fit tout pour essayer de mettre cela sur le compte des commandos spéciaux, sachant que sa disparition allait créer des dissensions. Sa famille le croyait aussi. ETA (pm) accusa le terrorisme d’Etat. Cette piste s’est aujourd'hui confirmée.

Alors commencèrent les rapports entre le gouvernement espagnol et ETA.

En 1977, la gauche abertzale (patriote) appela à l'abstention pour les élections, tandis qu'elle manifestait dans la rue pour l’obtention de l'amnistie.

La même année, ETA (pm) proposa le cessez-le-feu en échange de l’amnistie totale et de la légalisation politique. Les commandos Bereziak passèrent à ETA (m), et ETA (pm) abandonna KAS.

A cette époque, les polimilis menèrent des attentats contre l’industrie touristique de la côte méditerranéenne et le projet de centrale nucléaire de Lemoiz (contre l’entreprise Iberduero en particulier). ETA (m) de son côté s’était dirigée dans la lutte directe contre l’Etat espagnol.

Communiqué d’ETA juin 1977

Juin 1977, mois électoral, connut ainsi une offensive d'ETA d’une force encore inconnue, la plus grande jusqu'alors. En  onze jours se succédèrent un total de 34 actions. Cette activité militaire laissa entrevoir diverses nouvelles méthodes de l'organisation armée ainsi que sa capacité opérative. En Bizkaia, par exemple, ETA attenta contre les installations de la centrale en construction, entamant, de cette manière, une campagne qui provoquerait en cinq années, plus d’une dizaine de morts entre plusieurs centaines de sabotages et la fermeture définitive du projet de Lemoiz.

Pendant ce temps ce fut la rédaction de la Constitution. Elle faisait des forces armées les garantes officielles de l’intégrité territoriale de l’Espagne, ne reconnaissant pas l’existence des nations de l’Etat espagnol et leur droit à l’autodétermination.  Elle fut rejetée par référendum en Hegoalde en 1978.

En attendant, la réorganisation d'ETA transforma son activité. Jamais dans l'histoire de l'organisation armée ses engrenages internes n'avaient fonctionné comme jusqu’alors, malgré que l’offensive répressive du Gouvernement espagnol n’ait pas non plus de comparaison à d'autres époques. Ces réalisations dans le fonctionnement et la marche de l'ensemble se firent sous des mécanismes de démocratie interne et de participation de la militance qui ne correspondaient pas avec cette image hermétique qu’offrait l’extérieur sur l’organisation armée. La participation de la militance dans la marche de son organisation eut divers points d’inflexion dans les Biltzar Nagusi (Assemblée Principale) qui furent convoqués en plusieurs occasions dans cette période en Iparralde (Pays Basque Nord).

Le Biltzar Nagusi, entre autres fonctions, choisissait le Biltzar Ttipia (Petite Assemblée), la direction de l’organisation armée. L’Executif d’ETA était entre les mains de huit militants qui représentaient autant d’appareils, lesquels fonctionnaient avec une pleine autonomie. Les huit appareils étaient : Information, Propagande, Commandos Légaux, Commandos Illégaux, Bureau Politique, Economie, Relations Internationales et Mugak (Frontières). L’information qui arrivait à l’organisation était classée et le Biltzar Ttipia, selon les circonstances et écoutant l’ensemble des délégués des appareils, décidait lui-même d’agir dans un sens ou dans l’autre.
Les appareils, pour leur part, se structuraient internement dans la mesure de leurs nécessités. Ainsi, certains d’entre eux comptaient de nouvelles subdivisions, produits de sa propre dynamique. Cela était le cas des Relations Internationales, qui incluait un secteur strictement politico-diplomatique et un autre consacré à des tâches d'approvisionnement logistique et d’armement pour approvisionner le reste de structures. Quand l'ampleur de n’importe quel des sujets qu’abordait chaque appareil débordait de celui-ci, c'était le Biltzar Ttipia qui décidait de son futur traitement.

Après la réorganisation, ETA déplaça un commando permanent à Madrid. La première action coûta la vie à deux militaires espagnols. Ce saut qualitatif produisit aussi des changements d'espaces. ETA se transformait, dangereusement pour le Gouvernement de Madrid, en l’unique référence de l'option rupturiste, c'est-à-dire dans la dénonciation permanente du projet réformiste patronné depuis les sphères franquistes. Les réponses répressives furent, aussi, fermes. L’assassinat d'Argala en 1979 à Angelu, un mythe dans ETA, ouvrit une nouvelle étape de l'activité des groupes parapoliciers en Iparralde. Les attentats contre les réfugiés, auxquels s’ajoutèrent des actions parapolicières en Hegoalde, faisaient partie d'une stratégie répressive globale avec d'autres secteurs comme ceux des prisons, les détentions d'exilés sur le sol français ou le harcèlement de la gauche abertzale.

Lorsque Iparretarrak (IK), créé en 1973, dont les fondateurs avaient été des aidants des ETAkide en Pays Basque Nord, commença avec les actions armées en Iparralde, cela ne fut pas du gout d’ETA qui considérait comme malvenu une lutte armée qui ne manquerait pas d’attirer les forces répressives françaises en Iparralde, sa base arrière, qu’elle considérait comme son « sactuaire ». Cela provoqua la rupture avec le « grand frère » du Sud.

Cependant les militants et les prisonniers des deux organisations, malgré leur désaccord, se témoignèrent toujours solidarité et respect.

En 1978, les partis EAE-ANV, ESB, HASI, et LAIA fondèrent la coalition Herri Batasuna (HB, Unité Populaire), qui aux élections de 1979 obtint 170 000 voix.

Le MLNV était aussi renforcée par des organisations sectorielles qui allaient de la jeunesse (Jarrai) aux Gestoras pro Amnistia.

Parallèlement à l'élaboration et à l'approbation du statut d'autonomie, le Statut de Gernika, qui séparait territorialement Hegoalde (Vascongadas ou CAV et Nafarroa), ETA exécuta la plus grande offensive armée de son histoire. En 1978, ETA militaire, les polimilis et les Commandos Autonomes Anticapitalistes réalisèrent des attentats qui coûtèrent la vie à 75 personnes. En 1979, 136 actions produisirent la mort de 71 personnes, dont 21 gardes civils, 16 indics, 11 policiers et autant de membres de l'armée. La tonalité de 1980 fut la même : 81 morts.

A cette période, de 1977 à 1984, ETA tua près de 500 personnes.

En 1981, au milieu d'une nouvelle offensive d'ETA, arriva le coup d'État réalisé par divers chefs de la garde civile et de l'armée (23-Février), qui échoua. Suite à cet événement, ETA (pm) déclara le cessez-le-feu et décida sa dissolution.

En mars 1982 on considéra comme conclu le modèle autonomique qui configurait Hegoalde en deux Communautés autonomes, en finissant de cette manière, le projet commencé à la mort de Franco. L'Amejoramiento navarrais était définitivement scellé, ce qui signifiait que le Vieux Royaume disposerait d’une espèce de statut uniprovincial dans le cadre de la nouvelle Constitution espagnole.

À ce niveau et à l'occasion de ses vingt-cinq années d'existence, ETA fit une petite évaluation de sa trajectoire : « Aujourd’hui, après 25 années de vie active, de perfectionnement et de consolidation de l'organisation, ETA et le reste du MLNV, avons atteint un degré d’affrontement qui démontre que nous ne sommes pas disposés à céder dans les points minimaux de défense des droits légitimes de notre peuple. Cela fait déjà huit ans qu’ETA, avec maturité et honnêteté politique offre réitérativement et unilatéralement la possibilité d’un cessez-le-feu sur la base de la négociation des cinq points de l'alternative KAS. Si l'organisation offre cette possibilité c’est parce que nous sommes parfaitement conscients que la paix est possible ici et maintenant. Mais pas n'importe quelle paix, pas la paix des cimetières, ni la Pax Hispana, mais une paix sans vainqueurs ni vaincus »

À partir de 1982 et de la victoire électorale du PSOE aux élections des Cortes madrilènes, l'activité et l'analyse d'ETA ne varièrent pas.

Les années 80 virent le développement de la guerre sale contre l’indépendantisme basque. Le gouvernement de Felipe Gonzales mit en place en 1983 le Plan Zen (Zona Especial Norte), avec l’objectif de combattre la situation insurrectionnelle en Pays Basque. Il donnait des pouvoirs extraordinaires à la police et à l’armée espagnole et fomentait la propagande dans les médias par le biais des « Opérations Psychologiques ».

Les actions des escadrons de la mort du GAL, commencées par l’enlèvement de Lasa et Zabala, firent une trentaine de morts en Iparralde, des réfugiés comme de simples citoyens. Elles cessèrent avec la grande rafle des réfugiés du 3 octobre 1987 ordonnée par Charles Pasqua, qui mit définitivement et officiellement la France au côté de l’Espagne dans la lutte anti ETA, cela s’étant fait jusqu’à ce moment par le biais de l’aide apportée par les fonctionnaires français au GAL.

On vit l’utilisation politique de l’héroïne, introduite massivement par la guardia civil et au trafic de laquelle elle participait, contre la jeunesse basque, qui comptait alors un pourcentage de dépendants aux drogues dures supérieur à celui de New York, dans une tentative de détruire son engagement. ETA, comme l’IRA en Irlande du Nord à la même époque, combattit cela, et agit contre les dealers.

En 1986, le Pays Basque vota majoritairement contre l'OTAN, seule région de l’Etat espagnol  à le faire, à l’appel notamment d’Herri Batasuna.

Certains chefs avaient laissé l’organisation. ETA assassina en 1986 Maria Dolores Gonzales Yoyes pour avoir accepté la proposition de retour au pays du gouvernement espagnol. A partir de ce moment là s’alluma le débat au sein de la société basque sur le fait qu’il fallait qu’ETA disparaisse ou non. En 1988, tous les partis politiques de la CAV (à l’exception d’HB) signèrent un pacte contre ETA (pacte d’Ajuria-Enea).

Le 19 juin 1987 une voiture piégée explosa au centre commercial Hipercor de Barcelone : 21 morts. ETA expliqua dans un communiqué qu’elle avait averti de la présence de la bombe mais que la police n’avait pas fait évacuer le lieu.

Jusqu'en janvier 1989, date du début des conversations entre le gouvernement espagnol et ETA sur le sol algérien, l’affrontement passa de tragédie en tragédie. Les prisons espagnoles comptaient plus de cinq cents prisonniers basques, tandis que ceux emprisonnés en France étaient une demi-centaine. Les morts des deux côtés subirent aussi une ascension spectaculaire, montrant le côté le plus dramatique du conflit. ETA subit aussi des revers d’envergure, dont elle sut sortir aérée.

Ce fut précisément avec la prise en charge par le PNV de la direction de l’Exécutif de Gasteiz et la scission interne des jelkide (qui donna le parti social-démocrate Eusko Alkartasuna, EA), que l’affrontement historique entre Euskal Herria et l’Etat espagnol parut varier de données. ETA signalait, face aux attaques du PNV et les débuts de la Ertzaintza, police « basque », dans des tâches répressives, que : « actuellement le PNV, après avoir abandonné l'opportunité de défendre les droits du peuple basque et défendre sa souveraineté, essaye de disqualifier la lutte armée en utilisant des arguties métaphysiques pour condamner les morts que celle-ci produit. Toutefois personne n’oublie qu’en 36 le PNV menait les gudari au champ de bataille pour tuer l'ennemi et mourir pour une cause. Aujourd'hui, en gardant quelques différences, les morts ont le même sens. Depuis lors, la valeur de la vie n'a subit aucun changement. Alors, comme maintenant, la valeur de la vie était et est la libération et la souveraineté d'Euskadi, ainsi le comprenons-nous ceux qui nous ne nous sommes pas rendus et continuons à combattre. ETA est une réalité historique qui correspond aux nécessités du peuple basque pour se libérer de son oppresseur».

La gauche abertzale avait toujours mis en avant l'enseignement systématique de l'euskara, tandis que le PNV, après sa trahison lors de la réforme politique, et depuis sa prise de pouvoir dans la Communauté autonome basque, gérait le bilinguisme.

Après dix ans de bras de fer sur le terrain des contacts par le biais de tiers, ETA et le gouvernement espagnol s’assirent à la table de négociation d'Alger, entre janvier et mars 1989. Pour ETA, la négociation se situait dans le contexte de la stratégie de guerre prolongée d'usure. Face aux thèses insurrectionnistes de sa première époque, ils avaient compris, déjà depuis 1978, l’inviabilité de la victoire militaire, en adoptant celle qu’ils appelèrent « tactique de conquêtes irréversibles », par la création de corrélations de forces favorables pour la négociation.

Mais les Conversations d'Alger échouèrent et tout resta comme avant. En mars 1992, la direction d'ETA était arrêtée à Bidarte (Iparralde), ce qui produisit une nouvelle restructuration interne, en ligne avec d'autres de circonstances historiques similaires. Son activité diminua par rapport à d'autres époques, tandis que, depuis l'ensemble la gauche abertzale et de la société basque on annonçait l'aboutissement d'une phase politique et l'ouverture d'un nouvelle, dans laquelle ETA, comme elle l’annonça dans plusieurs communiqués, était disposé à apporter son intervention, marquée par l'appui au projet de reconstruction nationale d'Euskal Herria.
La phase suivante fut caractérisée par diverses pressions. Pour le gouvernement espagnol l'élément civil devait rester à la marge pour pouvoir maintenir à l’intérieur de ses données sa version particulière du conflit, c'est-à-dire : État de droit contre terrorisme.

Après cette constatation, la stratégie d'ETA à partir de la rupture des Conversations d'Alger fut d’essayer de briser les deux principaux moules imposés à la marge du policier : l’international et le civil,  pour réellement présenter de cette manière l'origine du conflit : L'Espagne contre Euskal Herria.

Si en principe la passivité sociale après la défaite de la Guerre Civile mena ETA à se transformer en l’étincelle embrasant la forêt, les résultats obtenus firent croire que la phase insurrectionnelle était près. Mais la dernière phase, à partir de l’installation de l'Espagne en Europe, amena à modifier la stratégie d'ETA pour qu'une négociation politique reconnaisse la force des deux adversaires et, avec ambition, mette fin dignement à la période la plus proche.

Cependant, la « modernisation » de l'État espagnol porta les facteurs les plus rétrogrades que la classe dominante capitaliste exprime : intransigeance, uniformité et réaction. La dissidence basque fut le principal problème pour la « normalisation » et la « légitimisation », en même temps que sa guerre en suspens. De cette manière, l'Administration transmettait une image externe de force sans équivoque. D'une part en appliquant les codes de guerre à l’usage (exécutions extrajudiciaires, tortures, kidnappings, chantage, lois spéciales, intoxication, etc.) et d’une autre, et puisque le système politique le permettait, en délimitant parfaitement la révolte et la répression conséquentes. C'est-à-dire : guerre oui, mais camouflée.

Les années 90 connurent aussi le fort développement de la kale borroka (combat de rue), guérilla urbaine de basse intensité pratiqué par les jeunes abertzale anticapitalistes, qui ne tarda pas à être réprimé très durement par l’Etat espagnol dans sa lutte contre-révolutionnaire.

Aux élections de 1994, Herri Batasuna, (qui deviendrait Euskal Herritarrok puis Batasuna), obtint 11 sièges.

Les modifications que marqua ETA après sa restructuration interne, à partir de 1994, furent exposées par un niveau d'activité plus sélectif, centré sur des aspects névralgiques du système même. Ce changement tactique se produisit aussi à l'occasion de la faiblesse des appareils de l'État et de la nécessité de remuer la société basque après l’installation dans l'État espagnol des codes imposés par la « Réforme Politique ». Fruit de ces changements arrivèrent certaines actions d'envergure à Madrid (spécialement en juillet 1994 contre le lieutenant général Francisco Veguillas, numéro 3 du ministère de la Défense). De même, Gregorio Ordoñez, homme fort du PP en Hegoalde, mourut dans un attentat d'ETA à Donostia en janvier 1995, et José Maria Aznar, président du PP (Partido Popular), sortit indemne d’un autre attentat à Madrid le 19 avril 1995.

Le même mois, ETA publia l’Alternative Démocratique, proposition pour la résolution du conflit basque. Le texte actualisait et remplaçait l’alternative KAS en tant que liste de conditions minimales de reconnaissance d’Euskal Herria. La proposition faite au gouvernement espagnol peut se résumer à trois conditions : reconnaissance de la territorialité basque, reconnaisse du droit à décider qui revient au Pays Basque, et droit à l’autodétermination. L’acceptation de cette alternative apporterait la fin de l’activité militaire d’ETA.

Le gouvernement espagnol de Felipe Gonzales l’ignora complètement dans sa politique de non négociation avec les organisations armées, et tenta en plus d’en limiter la diffusion. Mais la vidéo fut diffusé sur tout le Pays Basque, et des milliers de personnes la virent dans des projections privées ou publiques.

Lors de la campagne des élections générales en 1996, Herri Batasuna tenta de diffuser la proposition d’ETA en utilisant ses espaces de publicité électoral, en ajoutant des images issues de la vidéo. Les télévisions refusèrent, et HB diffusa le mot « censuré » sur un écran noir.
Même si tous les membres de la Mahai Nazionala (Bureau national) n’avaient pas participé à la décision de diffuser cette vidéo, tous furent emprisonnés, sous prétexte d’intégration d’organisation armée.

Le PP fut vainqueur de ces élections, et l’organisation poursuivit avec les attentats et les kidnappings, certains d’entre eux très célèbres (la longue séquestration de l’entrepreneur Aldaya et l’assassinat du conseiller municipal PP Miguel Angel Blanco).

En 1998, de nombreux partis (PNV, Eusko Alkartasuna, Euskal Herritarrok, Zutik, Abertzaleen Batasuna (parti de la gauche abertzale d’Iparralde), Izquierda Unida, ANV…) et mouvement sociaux signèrent l’accord de Lizarra, qu’ils réitéreraient bientôt à Donibane-Garazi, prenant le nom de Lizarra-Garazi. Très vite, ETA déclara le cessez-le-feu après être parvenu à un accord avec le PNV et EA. Aux élections de 1999, EH obtint 14 sièges.

A cette période, le gouvernement d’Aznar transféra dans la péninsule ibérique les prisonniers basques emprisonnés dans les Canaries et les Baléares et dialogua avec ETA. Une entrevue se fit en Suisse, mais échoua. De plus, le militant Joselu Geresta Ttotto apparut mort à Errenteria sans explication. Le médecin affirma qu’il n’y avait aucun indice de suicide. Son cas fut archivé.
En 1997, le militant d’ETA Josu Zabala Basajaun avait été retrouvé tué d’une balle dans la tête, victime d’un interrogatoire extrajudiciaire et exécuté, et là aussi on avait essayé de faire croire à un suicide.

L’organisation, accusant le PNV et EA de ne pas respecter les accords signés, et le manque total de volonté de résoudre le conflit de la part des Etats, décréta la fin du cessez-le-feu à la fin de l’année 1999. Les actions armées reprirent en janvier 2000, avec une campagne dure : en 14 mois elle fit 45 morts.

Dans une optique de construction nationale, la gauche abertzale se refonda en Batasuna, parti présent dans les sept provinces.

Le groupe Aralar mené par Patxi Zabaleta la quitta alors, pour devenir un parti, disant représenter la gauche abertzale non-violente, opposée à violence d’ETA comme à celle de l’Etat espagnol.

A cette époque, la justice espagnole ferma le journal Egin (qui donnerait naissance à Gara) et la radio Egin Irratia. Puis vint le tour du journal Ardi Beltza.

En février 2003, elle ferma Euskaldunon Egunkaria, seul journal entièrement rédigé en basque, et incarcéra dix travailleurs, pour une soi-disante liaison avec ETA. La société basque en majorité vit d’un très mauvais œil cela : protestations, collectes d’argent, manifestations…furent organisées et Berria fut vite créé.

Batasuna et plusieurs organisations de la gauche abertzale (Segi, Askatasuna…) furent illégalisées, sous différents prétextes, dont une liaison organique avec ETA qui ne fut prouvée dans aucun tribunal.
En 2003, Batasuna ne put participer aux élections municipales, ce qui mena à des situations paradoxales, d’innombrables votes nuls dans beaucoup de communes, avec l’obtention de la majorité parfois (Oiartzun, Hernani, etc.)

En 2004, après quelques conversations qu’eut Josep Lluis Carod-Rovira, président de l’ERC avec ETA, celle-ci décida de cesser sa campagne armée en Catalogne. En tout cas, Rovira dit qu’il n’avait pas demandé cela lors de la conversation, ou du moins, une trêve pour toute l’Espagne. En 2005, l’organisation annonça qu’elle ne commettrait pas d’attentat contre les personnalités politiques. Cependant que la police arrêtait plus d’ETAkide que jamais.

Après 3 années sans mort, même si les actions armées étaient nombreuses (contre l’administration espagnole et les intérêts touristiques, les patrons ne s’exonérant pas de l’impôt révolutionnaire, etc.), ETA, annonça à partir du 24 mars 2006 une trêve illimitée, « avec la volonté d’encourager le processus démocratique qu’il faut mener en Euskal Herria. »

Le premier ministre Jose Zapatero annonça que les négociations avec le Gouvernement espagnol se feraient durant l’été 2006. Neuf mois plus tard, alors que la négociation n’avançait pas, la kale borroka se posa comme moyen de pression considérable durant les derniers jours, et enfin, le 30 décembre 2006, la bombe placée par ETA à l’aéroport Barajas de Madrid fit deux morts et d’énormes dégâts matériels. Le 9 janvier 2007, dans un communiqué au journal Gara, ETA annonça qu’elle avait l’intention de maintenir la trêve, en dénonçant, n’ayant pas eu l’intention de faire de mort, l’incapacité de la police, après l’avoir avertie de trois appels une heure auparavant, à évacuer le parking de l’aéroport.
La sombre intention que pouvait cacher cette « incapacité » est facilement imaginable.

Les négociations se poursuivirent.

Finalement, après une année et 3 mois, ETA déclara la fin du cessez-le-feu le 6 juin 2007, « car il n’y a pas de conditions minimales pour mener un processus de négociation».

La gauche abertzale a toujours été dans une logique de non-condamnation de l’action de militants ayant choisi une autre forme de lutte. Différents courants ont toujours coexistés dans l’unité populaire, ceux critiques ou opposés à la stratégie d’ETA existent en son sein, et cela était et est tout à fait accepté.  

Aralar, en la quittant dans une grande mesure sur la frustration d’un homme, Patxi Zabaleta, choisit de l’affaiblir et de jouer le jeu du système, qui consiste à se parer d’un masque démocratique. « Vous voyez, les partis condamnant le terrorisme sont acceptés.» Le parti à bénéficié d’emblée de la bienveillance de l’Etat.

Aralar, parti social-démocrate qui se borne surtout à une critique de Batasuna, ne manquant pas de ne condamner la répression que du bout des lèvres et de s’en réjouir à l’occasion.

En mars 2009, la gauche abertzale «traditionnelle» n’a pu se présenter pour la première fois aux élections du Parlement de la CAV, une institution dont elle ne se fait guère d’illusion, mais où sa présence est importante d’un point de vue tactique. Par une alliance certainement pas «contre-nature», et grâce à l’absence de la gauche abertzale, le PP et le PSOE, les deux faces de la même pièce fasciste, ont pris le pouvoir.
Aralar, profitant de l’illégalisation, a gagné un nombre de voix conséquent.

La gauche abertzale avait appelé à voter nul, et obtenu 100 000 bulletins.

Elle continue toujours à montrer sa force et sa vivacité.


Trois membres d'ETA au Gudari Eguna 2006 à Aritxulegi

Le long de son histoire, ETA a exercé toute sorte d'actions militaires, en suppléant dans beaucoup d'occasions avec imagination  au manque de ressources. Si l'action la plus transcendantale a été la mort du président du Gouvernement espagnol, Luis Carrero Blanco (juste un mois après le kidnapping de l'ambassadeur espagnol dans la CEE, Alberto Ullastres) d’autres types d'opération furent aussi spectaculaires. La mise en place d'artefacts au moyen de plongeurs, l'attaque du siège central du Ministère de la Défense, l'incursion au centre de coordination téléphonique de l'État espagnol ou l'utilisation de boutes-feu pour harceler tant des membres des forces de sécurité espagnoles que des hauts fonctionnaires de l'armée ont été certaines des activités les plus significatives de l'organisation armée basque.

L'activité d'ETA fut, avec la réponse populaire intense et permanente, la cause de la paralysie des chantiers de la centrale nucléaire de Lemoiz, ainsi que dans les années soixante-dix, de la solution aux conflits de travail enkystés par l'intransigeance patronale. Comme des transferts octroyés par le Gouvernement espagnol aux autonomies de Gasteiz et d'Iruñea, malgré la difficulté qui résulte pour ses protagonistes d’admettre cette thèse.

Durant les années de son existence l'organisation armée basque a agi préférentiellement et en accord avec ses objectifs politiques dans le sud d'Euskal Herria. Mais elle l'a aussi fait dans toutes les régions et nationalités péninsulaires de l'État espagnol. De même, ETA a agi à certaines époques contre des intérêts espagnols en Allemagne, en Italie et Hollande, et dans d'autres plus éloignées, en Argentine, où elle attaqua la maison de l’attaché militaire d’alors de l'ambassade hispanique, Jaime Milans du Bosch.

Entre dix et quinze mille basques ont milité de manière plus ou moins intense dans ETA. Les vingt généraux de l'Armée espagnole ont quasiment tous été tués par l'organisation armée durant les vingt dernières années, c’est le plus grand nombre de pertes de ce niveau produites dans toute l'histoire de l'État espagnol, y compris les guerres de libération américaines.

Le gouvernement espagnol a maintes fois répétés sa volonté de ne pas négocier avec les «terroristes», et à vaincre ETA, « plus affaiblie que jamais » par la voie policière, comme il l’affirme depuis des décennies, tandis que la répression se fait toujours plus étendue, violente, et que la guerre sale contre les peuples a toujours son pendant en Euskal Herria.

Mais le fait est qu’ETA n’est que le «bataillon de choc» d’une lutte de libération pour l’indépendance et le socialisme appuyée sur des milliers d’hommes et de femmes.



Documents d'ETA à la section Euskal herria
Publié dans : Euskal Herria - Par Ekintza
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Vendredi 7 août 2009

Un an de plus d’une question sans réponse

 

Un an ! Un an déjà, depuis cette soirée du 7 août 2008 à Heleta, si digne et empreinte d’émotion, qui rappela aux mémoires défaillantes qu’une blessure impossible à cicatriser perdurait alors depuis 25 ans : la disparition de Jean-Louis ‘Popo’ Larre à la suite de l’affrontement du camping de Léon (7 août 1983).

 

L’optimiste invétéré que je suis doit malheureusement en convenir : les mémoires un temps ravivées sont retombées dans la léthargie… Ainsi, sur le blog - http://nun-da-popo.hautetfort.com/ - créé spécialement pour lutter contre l’oubli, pour mobiliser les consciences, pour briser la chape de silence, et à la fin des fins pour concourir à retrouver la trace de Popo… rien ne bouge depuis un an ! Et pourtant ce n’est pas faute que l’admi- nistrateur ait essayé, à bien des reprises, de bousculer les immobilismes, d’en appeler au simple geste de faire écho de site en site, de blog en blog, de forum en forum au rappel de cette volonté de savoir enfin où est Popo, « Non da Popo ? ». La dernière contribution date du 8 août 2008 qui relate en texte et reportages photos, vidéos et sons l’hommage qui s’était déroulé à Heleta et qui avait réchauffé bien des cœurs, soulevé bien des émotions. Oui, mais voilà, tout est là justement : l’émotion ne fait pas l’action…

 

De l’ambiguïté… aux remugles du passé


Il y a bien un commentaire signé ‘Monik’, en date du 3 décembre 2008, qui – on me pardonnera d’être une peu « raide » dans mon propos –, ne fait certainement pas « avancer le schmilblick » et, tout au contraire, donne dans l’ambiguïté lorsqu’il y est écrit: «Je ne crois pas (ce n’est que mon avis !) que des réponses seront données [concernant la disparition de Popo] par le biais de l’organisation IK qui est impliquée dans cette affaire. Il me semble que ce dossier devrait être relayé par sa famille, pour laisser l’humanité prendre le pas, loin de toute connotation politique (…) ».

 

Je préfère penser que la tournure « [IK] est impliquée dans cette affaire » veut seulement dire que si Popo a disparu, il y a maintenant 26 ans, cela avait à voir avec son engagement politique mûrement réfléchi – car on ne rejoint certainement pas la lutte clandestine sur un coup de tête… – et que cette formule ne porte pas en elle le remugle d’insinuations insupportables qui furent colportées en leur temps. Quand à « laisser l’humanité prendre le pas, loin de toute connotation politique », je mettrais cela sur le compte d’un angélisme éloigné des réalités et peu au fait des situations vécues hier comme aujourd’hui en Pays Basque. Car si Popo a disparu, c’est bien dans un contexte politique et si on apprend demain la vérité ce sera qu’un autre contexte politique aura permis que cela survienne enfin.

 

Il y eut aussi un autre commentaire auquel on se saurait accorder par contre aucun caractère d'innocence celui écrit sous le pseudonyme de ‘Isnomis’ et publié le 10 octobre 2008. Le dit (la dite) ‘Isnosis’ souhaite lui (elle) que Popo soit retrouvé un jour « pour qu’il soit jugé » et conclut : « Je ne souhaite pas sa mort, bien au contraire. Il attend [Popo] très patiemment le délai de trente ans, délai de prescription en matière de crimes » (sic !). Et il ne s’est trouvé personne – pas même moi, je dois bien l’avouer… – pour apporter la contradiction à de telles inepties !… Car Popo, s’il avait été arrêté ce dramatique 7 août 1983, n’aurait certainement pas été jugé pour « crime », mais au pire pour « complicité de crime »… vu qu’il n’avait pas été impliqué dans la fusillade ! Ce fait aurait été avéré par de nombreux témoins de l’affrontement… du moins peut-on l’espérer.

 

Donc ‘Isnosis’ donne, au mieux, dans la sottise frappée au coin de l’ignorance ou, au pire, tente de semer le trouble dans les esprits, comme dans les semaines et les mois qui suivirent les ‘événements de Léon’ ou une ambiance délétère régna, abondamment alimentée par moult rumeurs, accusations ignominieuses, supputations abjectes, fausses informations et vaines pistes. Un marigot nauséabond où se vautrèrent acteurs policiers, officines politiques de l’ombre, journalistes consciemment ou inconsciemment manipulés, personnes crédules et « anti IK » de tout bord.

 

Je ne voudrai pas croire que la relance en feu de paille – en tout cas pour le volet médiatique – de la quête de vérité sur la disparition de Popo ait pu inquiéter certains milieux, au point de vouloir aussi faire repartir la machine infernale du mensonge insidieux, distillé tel un poison dans le corps social.


Faire prévaloir la simple humanité


Je ne me résoudrai jamais à admettre que la question simplement humaine « Non da Popo ? » posée à nouveau il y a un an puisse rester sans réponse. Il faut dire et redire, inlassablement, que derrière cette interrogation il n’y a ni recherche de coupables, ni demande de comptes, encore moins quelque velléité de vengeance que ce soit. Il n’y a que la volonté, comme je l’écrivais il y a un an, de faire en sorte que «la famille de Popo puisse trouver enfin la paix et, aussi, que ceux qui furent ses camarades d’une lutte ô combien dure puissent tourner cette page-là ». Un an plus tard, j’emprunterai les mêmes mots, pour émettre le même espoir, celui que « quelqu’un, en son âme et conscience, brisera un jour le silence et fournira des informations, réelles celles-là, pour retrouver la trace de Jean-Louis Larre ». Car, pour me répéter encore, Popo est bien quelque part et il se trouve forcément quelqu’un qui sait quelque chose.


Je me doute bien que les motifs qui ont conduit à l’instauration de la chape de silence il y a 26 ans restent d’actualité pour ceux qui ont pu être les acteurs directs ou indirects de cette douloureuse affaire. Mais je voudrai penser que des considérations de simple humanité vont finir par prévaloir et qu’une information – peut importe la route qu’elle empruntera pour parvenir à bonne destination – viendra apporter un éclairage décisif, pour – enfin – dissiper les ténèbres.

 

Il est bien entendu que je suis disposé à être un de ces destinataires. Ce n’est pas faire de l’humour mal placé que de préciser que mon existence n’étant en rien clandestine, on sait où me trouver et comment me joindre. Je conclurai en souhaitant ô combien ne pas avoir à revenir dans un an poser encore cette question : « Non da Popo ? ».


Allande Socarros


NB : Je ne saurai parler de la disparition de Popo, il y a un quart de siècle, sans m’inquiéter de celle, récente, de Jon Anza. Ici encore, il ne faudrait pas que les sinistres ombres du passé, peuplées de terroristes d’État, de barbouzes policières, de nervis de tout acabit et de mercenaires sans foi ni loi, viennent à nouveau hanter la mémoire douloureuse d’un peuple en quête de ses simples droits. « Non da Popo ? » et « Non da Jon ? » sont un seul et même cri.

Publié dans : Euskal Herria - Par FPL
Recommander - Communauté : Peuples en lutte
Mercredi 5 août 2009

Askatasuna Baiona
http:///www.askatu.org

Le jeune Alain Berastegi d'Arbizu (Navarre) a été enlevé et torturé pendant 7 heures par des personnes qu'il croit être des policiers. Le 17 juillet dernier, des personnes armées l'ont enlevé aux environs d'Irunberri (Navarre) et l'ont emmené dans un bois.

Au moins quinze personnes ont pris part à cette opération, toutes armées et cagoulées. L'enlèvement a duré 7 heures, durant lesquelles ce jeune a été frappé, torturé et menacé. Ils lui ont mis un sac sur la tête pour qu'il étouffe. Ils lui ont fait des offres de collaboration et lui ont aussi proposé de l'argent. Alain est un ancien prisonnier politique basque et un militant de la gauche abertzale.

Une personne qui s'est présentée comme le responsable de l'opération a interrogé Alain à visage découvert. Il lui a dit que la police avait des éléments contre lui et lui a montré un dossier, lui disant qu'ils y donneraient suite s'il ne collaborait pas.

Après environ 7 heures, Alain a été remis en liberté, après qu'ils lui aient donné un rendez-vous. Il a porté plainte et a donné une conférence de presse quelque jours plus tard demain.

CONTEXTE REPRESSIF EN EUSKAL HERRIA

Les Etats français et espagnol ont fait le pari de la répression et du harcèlement, et continuent de plus belle dans cette voie, changeant sans cesse les lois dans leur intérêt politique et n'hésitant pas à les violer quand cela leur convient.

Dans ce cas, qui concerne l'Etat espagnol, voici un rappel de la situation
actuelle:

La torture est utilisée systématiquement dans les commissariats et casernes espagnols. 62 citoyens basques ont été torturés l'année dernière et 9 plaintes ont été déposées cette année.
7 prisonniers politiques basques sont en train de mourir de maladies incurables derrière les barreaux.
Un proche de prisonnier est tué tous les quinze mois sur les routes des visites en raison de la dispersion.
Le harcèlement policier ne cesse de s'amplifier. Des personnes ont été arrêtées et frappées simplement pour avoir demandé « Où est Jon? » ou emmenées au commissariat, déshabillées et humilées pour avoir porté sur elles un autocollant avec des photos de prisonniers.
Des personnes sont raflées, incarcérées et parfois lourdement condamnées en raison de leur militance politique.
Des personnes sont suivies et harcelées pour avoir montré leur soutien aux prisonniers politiques basques.
Des partis politiques et des organisations sociales sont interdits, des médias sont fermés.
Des centaines de personnes ont du fuir leur pays par peur de la torture et de la prison. Ces dernières semaines, deux réfugiés politiques basques sont morts loins de chez eux.

De plus, la plupart des médias français et espagnols travaillent dans la même logique répressive, passant sous silence de graves agressions et atteintes aux droits essentiels et plaçant toute nouvelle qu'ils diffusent sous le prisme déformant du « terrorisme ». De même, la plupart des partis politiques regardent ailleurs, renforçant l'impunité des Etats par leur absence de réaction.

Le cas d'Alain n'est pas isolé. D'autres personnes ont témoigné ces derniers mois d'histoires similaires.

CHRONOLOGIE DES ENLÈVEMENTS


Alberto Lopez:

Il a été arrêté le 27 août 2008 à Iruña (Pampelune – Navarre) par des gardes civils. Ces derniers ont provoqué un accident pour l'arrêter et Alberto a été blessé. Il a été retenu et torturé sauvagement pendant 5 jours. Ils n'ont pas diffusé la nouvelle de son arrestation et personne n'a su où il était pendant ces cinq jours jusqu'à son transfert à l'Audience Nationale de Madrid.

Une partie de son témoignage:

« Ils me mettaient un sac sur la tête jusqu'à ce que j'étouffe, ils ne me laissaient pas respirer. Tout d'un coup, ils m'ont jeté deux seaux d'eau glacée, je suis resté trempé. Ils m'ont laissé comme ça. Ils m'ont serré les testicules me provoquant une douleur abominable ».

Juan Mari Mujika:

Il a été enlevé le 11 décembre 2008 à Donapaleu (St Palais – Basse-Navarre). Alors qu'il venait de faire ses courses, trois hommes se sont approchés de lui en se présentant comme des policiers français et en lui disant qu'ils devaient l'interroger. Après être entré dans la voiture, il s'est aperçu que ces hommes étaient espagnols. Ils l'ont emmené au bord d'un lac isolé, l'ont fait entrer dans une cabane et l'y ont retenu deux heures. Ils l'ont menacé et ont exercé des pressions sur lui pour qu'il collabore avec eux.

Une partie de son témoignage:

« Ils m'ont dit qu'il y a vingt ans ils m'auraient tiré une balle dans la tête, mais qu'aujourd'hui ils préféraient me faire souffrir plus longtemps ».

Lander Fernandez:

Le 19 mai 2009, quatre policiers en civil qui se sont présentés comme des ertzainak (police autonomique basque) l'ont enlevé à Bilbo. Ils l'ont mis de force dans une voiture et l'ont emmené dans un endroit isolé où ils l'ont menacé et soumis à des pressions pour qu'il collabore avec eux. Il a porté plainte. Il a été arrêté peu de temps après, puis remis en liberté contre une caution de 40.000 euros.

Une partie de son témoignage:

« Ceux qui m'ont enlevé et frappé m'ont demandé de collaborer avec la Ertzaintza ».

Tous ces enlèvements présentent de nombreux points similaires. Il y a toujours l'offre de collaboration avec les forces répressives, les pressions et les menaces. Ils veulent des informations sur le mouvement indépendantiste et sont prêts pour cela à user de toutes les méthodes barbares au mépris de leurs propres lois.

Ces évènements se sont déroulés dans l'année qui vient de passer et ont fait l'objet de plaintes officilelles et de dénonciations publiques. Mais ils font forcèment penser à un autre cas, celui de l'ancien prisonnier politique basque Jon Anza dont nous sommes maintenant sans nouvelle depuis plus de trois mois. Il a disparu le 18 avril dernier après être monté dans le train de Bayonne pour Toulouse.

OÙ EST JON? QU'AVEZ-VOUS FAIT DE JON?

Cela fait trois mois que cette question apparaît partout en Euskal Herria.
Plus le temps passe et plus l'ombre politique qu'il y a dérrière cette disparition est évidente. Plus le temps passe et plus les craintes de terrorisme d'Etat et de guerre sale se précisent. Les enlèvements qui ont été ainsi dénoncés donnent eux aussi une nouvelle lumière à cet événement.
Jon a disparu en conséquence de la guerre sale (à nouveau) mise en place par le PSOE et partagée et protégée par les autorités françaises. Plus le temps passe et plus l'espoir de le retrouver vivant s'amenuise et disparaît. Aujourd'hui, au XXIème siècle, la disparition de Jon est le visage le plus cruel de la guerre sale et du terrorisme d'Etat.

DENONCIATION, SOUTIEN, MOBILSATIONS:

Askatasuna et le Mouvement pour l'Amnistie expriment leur entier soutien à Alain Berastegi et soulignent l'importance de ces dénonciations. Nous appelons tous ceux qui se sont trouvés dans de telles situations ou qui ont été victimes d'autres sortes de pressions ou de violences policières à entrer en contact avec nous.

De plus, nous appelons tous les citoyens basques à montrer leur soutien et leur solidarité à ceux qui se retrouvent dans de telles situations.

Cette répression est extrêmement dure et entraîne de lourdes souffrances, mais elle a ses limites. Limites qui ont toujours empêché ce peuple et ses revendications de disparaître et qui sont la solidarité et la lutte. Nous appelons chacun et tous les acteurs politiques et sociaux à se mobiliser et à faire leur travail d'interpellation jusqu'à mettre fin à la situation d'exception que vit Euskal Herria.


Réagir sur le Forum



Le 27 juillet, des inconnus ont coupé la route nationale reliant Arbizu à Etxarri en Nafarroa avec une barricade au niveau d'Arbizu, et ont attaqué une patrouille de police avec des cocktails molotov. Pour dénoncer selon le communiqué, la guerre sale que mènent le PSOE et l'UMP et leurs txakur contre les citoyens basques, entre autres Alain Berastegi et Jon Anza. Ils veulent leur dire clairement qu'aucune attaque ne nous arrêtera et qu'ils y répondront durement.

Publié dans : Euskal Herria - Par FPL
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