ASKI DA ! MESPREXUTIK ONARPENERAT !
ÇA SUFFIT! DU MÉPRIS À LA RECONNAISSANCE!
Manifestation à Bayonne le 14 juin à 16h30
ASKATASUNA
14 Bourgneuf Karrika 64100 Baiona/
14 Rue Bourgneuf 64100 Bayonne
Tel / Fax : 00 33 5 59 59 01 84
Mob: 06 21 92 57 48
askatasuna.eh@free.fr
ÇA SUFFIT! DU MÉPRIS À LA RECONNAISSANCE!
Manifestation à Bayonne, Place des Basques, le 14 juin à 16h30
Askatasuna, en plus de soutenir toutes les personnes frappées par la répression tente, jour après jour, de dénoncer toutes les attaques, policières, judiciaires ou politiques perpétrées dans notre
pays. Tous les communiqués, pris séparément, même si chacun d'entre eux aborde une situation dramatique pour un ou plusieurs citoyens basques, peuvent sembler à qui n'est pas directement concerné
sans grand intérêt en soi et même devenir très routiniers.
Tous ces faits pris dans leur ensemble, en revanche, montrent un panorama répressif effrayant et mettent en lumière le chemin pris ces dernières années par le gouvernement français. Le prétexte de
la lutte anti-terroriste, bien pratique pour ceux qui rêvent de se débarrasser des droits et des libertés qui sont une sérieuse entrave à la mise en application d'un modèle imposé et d'une
politique du “profit maximum”, permet d'aller de plus en plus loin sur le chemin de tous les abus.
-Le nombre record d'arrestations et de prisonniers: 740 prisonniers politiques basques à ce jour dont 170 dans l'État français.
-Le traitement appliqué à ces prisonniers, tant judiciaire (préventives qui durent des années, condamnations énormes, grosses entraves aux remises de peine et libérations conditionnelles, etc) que
carcéral (surveillance spéciale, dispersion, éloignement, isolement politique, etc).
-Le harcèlement envers les réfugiés politiques basques, arrêtés sur la base de dénonciations faites sous la torture et remis aux autorités espagnoles par la magie du mandat d'arrêt européen,
procédure ultra-rapide qui prive les personnes visées de leur droit à une défense correcte.
-Les illégalisations et la judiciarisation de la répression: comme pendant aux illégalisations qui frappent en Hegoalde de nombreux partis, mouvements sociaux, médias, etc… on assiste ici à une
application de cette politique à la française. Des montages policiers visant des militants permettent d'arriver à un résultat similaire (blocage des dynamiques, criminalisation de personnes, de
lieux et de mouvements, ouverture de procédures calquées sur la fameuse théorie de Garzón “tout est ETA”…) tout en maintenant cette si précieuse apparence de démocratie (ainsi la procédure contre
Askatasuna, le dossier Kalaka, le gel des comptes de certains militants de Batasuna et de leurs proches…).
-Le harcèlement envers les militants et la criminalisation de la solidarité: plusieurs membres des comités font l'objet de procédures (pour avoir posé des affiches ou fait des bombages de soutien
aux prisonniers et/ou pour avoir refusé de donner leur ADN à l'occasion de ces interpellations), un grand nombre d'entre eux fait l'objet de convocations, d'interrogatoires, de contrôles
particuliers (surveillances, filatures), etc. De même pour les proches des prisonniers.
-Le harcèlement de toute une part de la société: car cette pression ne se limite pas aux militants mais à toute personne ayant exprimé son soutien d'une façon ou d'une autre, par exemple en
participant à une manifestation. Ainsi, en Baxe-Nafarroa, les gendarmes sont en train de convoquer des mineurs, qu'ils interrogent hors de la présence de leurs parents où d'un avocat, et sur
lesquels ils exercent de fortes pressions (telles que “tu sais que maintenant on peut aller en prison à partir de 13 ans?”) dans le but de leur faire dénoncer d'autres personnes.
-Les obstacles incessants à toutes les revendications abertzale: la liste serait trop longue à faire ici mais pourquoi chaque domaine de l'action abertzale (la langue, l'agriculture, la culture, le
syndicalisme, etc) donne-t-il lieu à une bataille incessante et épuisante dont le seul objet est de faire enfin respecter nos droits?
-La négation du conflit politique et de notre existence même: tout en pratiquant cette répression brutale et systématique, tout en nous imposant un état d'exception régi par des lois spéciales, les
autorités françaises, dans leur hypocrisie légendaire, continuent de nier l'existence du conflit politique et l'existence du peuple basque lui-même.
Nous considérons cette attitude comme du mépris absolu, et nous déplorons que le gouvernement français, à l'instar de son homologue espagnol, s'enferre dans cette stratégie qui ne peut qu'entraîner
plus de souffrance encore de part et d'autre. Nous accusons ces politiques de chercher à détruire les militants abertzale et à faire disparaître ainsi toutes les revendications de cette partie de
la société. Nous les accusons de saboter toutes les opportunités de résolution démocratique et nous les tenons pour responsables directs de toutes les conséquences de cette politique. Nous exigeons
qu'ils abandonnent cette voie stérile et qu'ils garantissent des conditions démocratiques en Euskal Herria, à commencer par le respect des droits de chacun.
Nous refusons cette stratégie de destruction et nous la refuserons toujours. Et nous croyons qu'il n'existe pour cela qu'une seule voie: celle de la lutte, de la solidarité et de la mobilisation.
Nous invitons donc tout le monde, individus, partis, syndicats, associations et toute personne se sentant concernée par l'importance des droits essentiels et collectifs à se joindre à cet appel et
à venir participer à la manifestation du 14 juin (16h30, Place des Basques à Bayonne) sous le slogan: ÇA SUFFIT! DU MÉPRIS À LA RECONNAISSANCE!
Euskal Herria, le 8 mai 2008
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