Torture blanche a Fleury Mérogis,témoignage et réaction du CAR

Publié le par FPL

322459-398130.jpgPas de commentaire de notre part,la lettre de  Michelle.L parle d'elle meme:

Depuis juin 2004 mon concubin est incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury Mérogis. Malgré l'éloignement j'arrive à avoir de ces nouvelles grâce aux personnes résidant sur Paris et qui vont le voir, lorsque sa famille ou moi ne montons pas. Au moi de Mai c'est sa mère qui va passer une semaine à Paris.

Le 14 mai à la sortie de son parloir elle me contacte, heureuse de m'annoncer que le 6 juin, pour célébrer la fête des pères, Eric, comme d'autre détenu pourra avoir avec lui sa fille pendant deux heures. Cela doit se dérouler en dehors du cadre des parloirs, dans un espace "libre" dans une pièce de la maison d'arrêt ou sous chapiteau, un goûter et un spectacle de marionnettes sont prévus pour les enfants.


Carla doit impérativement être à paris le 6 juin. Eric me fait savoir qu'il a rempli le formulaire et qu'il a donné mes deux numéros de téléphone. En effet Fleury Mérogis doit me contacter les modalités à suivre pour le bon déroulement de cette journée spéciale. Car seuls les enfants sont autorisés à participer à cette journée. Je ne pourrais pas être présente, mais peu importe cela fait 3 ans qu'un père et sa fille n'ont pas joué ensemble, ma fille n'a pas le souvenir de son père à la maison, pas une photo d'eux ensembles depuis qu'elle a deux ans et demi. Alors je suis heureuse pour elle, tout le monde se félicite de cette initiative.


Je me dis "ils" ne sont pas si inhumains.


Je cours à l'agence de voyage, je fais changer mes billets d'avion. Heureusement que je travaille en famille et que je peux m'absenter. Je prépare aussi Carla, car je ne sais toujours pas comment cette journée va se dérouler et la voir partir seule avec un matin ne me rassure pas.

Mais cela ne l'inquiète pas elle est tellement heureuse d'avoir son père pour elle seule pendant deux heures. Et puis elle est habituée a la présence de ces hommes et femmes en uniforme qui réglementent ses visites et qui font parti du quotidien de son père. Moi j'attends l'appel de Fleury, mais je réserve quand même un parloir pour le 6 juin au cas ou la journée serait repoussée.

Mais c'est bien pire.


Le 23 mai, ma mère m'appelle à la sortie de son parloir et m'annonce que cette journée spéciale est annulée pour les 3 corses inscrits. Mais aucun motif n'est donné. Je pense que le fait d’être corse a suffit. J'appelle immédiatement le conseiller d'insertion, il comprend ma colère, essaye en vain de se renseigner. J'appelle alors le chef de détention du bâtiment D4, mais je suis rapidement stoppée dans ma démarche, cette personne ne reçoit pas et ne parle pas avec les familles des détenus, voilà la réponse qui m'est faite.

Nous sommes dans l'arbitraire le plus total, une décision est prise, aucun motif n'est donné et je ne peux pas rencontrer la personne responsable pour obtenir des explications.

Cette manœuvre psychologique s'apparente à de la torture blanche pour les détenus Corses mais aussi contre les enfants.

Ma fille de 5 ans n'a pas les mêmes droits que les autres enfants, parce qu'elle est corse.

On va certainement nous parler du statut juridique spécial des prisonniers corses.

Mais s'il existe suffit il à lui seul à privé un détenu corse de la présence de ces enfants ?

Je pense qu'une fois de plus on a exercer une pression psychologique sur les corses, on leur a laissé entrevoir ce a quoi ils avaient droit pour mieux leur retirer, et le réveil est dur pour tout le monde.

Ma démarche n'est pas personnelle, je ne demande pas que cette décision soit révisée car je ne pense pas qu'il puisse se remettre en question, mais je tenais à dénoncer cette discrimination.

Comme si l'éloignement, l'isolement, les rares visites dues au coût financier ne suffisait plus, aujourd'hui la torture blanche est dirigée contre les enfants des détenus corses

Michelle L.


Voici la réaction du CAR

Depuis plusieurs semaines la répression qui s’abat sur la Corse s’est intensifiée et toutes les régions de notre île, ont été touchées par des vagues d’interpellations musclées.

De puis Cotichjavari, Aiacciu, Bastelicaccia, en passant par Tallone et Bastia les descentes de la police politique se sont multipliées utilisant des méthodes d’interpellation indigne et dangereuse contre des militants nationaliste et leurs familles.

Certaines de ces méthodes de rétorsion et d’intimidations confinent et s’apparente à celles utilisées pendant la sombre période du fascine qu’a connu la Corse pendant la seconde guerre mondiale ou à celle employée en Algérie contre les militant de la lutte de libération nationale.

Le Car condamne et s’insurge contre les nouvelles déportations de jeunes corses vers les prisons françaises, il stigmatise les intolérables et sauvages traitement dont ont été victimes des patriotes et leur proches au cours de garde à vue humiliantes ou l’on souvent porté atteinte à leur intégrité physique et morale.

Le CAR condamne également l’attitude de l’administration pénitentiaire notamment celle de Fleury Mérogis , qui à refusé aux enfants des détenus politiques corses de participer a la fête des pères organisé dans cette prison, au prétexte de leur statut de prisonnier politique.

Le CAR assure de sa totale et fraternelle solidarité à toutes les personnes victimes


Source : http://forucorsu.unita-naziunale.org/viewtopic.php?t=541 .

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Publié dans Corsica

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