Getari : 17e attentat en moins de quatre mois

Publié le par FPL


Une nouvelle génération semble avoir repris le relais d’Iparretarrak pour dénoncer la spéculation immobilière

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Des attentats à l’explosif ont partiellement détruit deux maisons le 3 juillet  matin à Getari, sans faire de victime. Les deux maisons, des résidences secondaires qui se trouvaient inoccupées, ont été "à moitié détruites" par des explosions qui ont été déclenchées peu avant 7h00 du matin. Les attentats avaient été annoncés "peu avant" par un appel téléphonique anonyme au service des pompiers et du SAMU. Environ une heure auparavant, vers 6h00 mardi matin (3 juillet), deux véhicules immatriculés en région parisienne avaient été incendiés dans cette même ville de bord de mer qui abrite des quartiers résidentiels particulièrement luxueux. Les adresses des maisons visées à Guéthary avaient été signalées par un correspondant téléphonique anonyme. Un périmètre de sécurité a alors été rapidement établi sur les sites mais les explosions se sont produites avant l’intervention des démineurs.

Ces attentats ont confirmé la recrudescence des actions violentes contre la spéculation immobilière et foncière en Pays Basque.

Le dernier en date s’était produit vendredi dernier, lorsqu’un un engin explosif artisanal, placé devant une agence du réseau immobilier du Crédit Agricole, Square Habitat, a été désamorcé à Saint-Palais.

Un responsable de la préfecture de Pau s’est inquiété du nombre croissant des attentats enregistrés dernièrement au Pays Basque nord mais sans vouloir dans l’immédiat "faire de lien" entre les divers incidents, encore moins avec les activités de l’organisation indépendantiste basque ETA, dont trois membres présumés ont été arrêtés, lundi soir à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Les dernières semaines ont été marquées par une forte recrudescence des attentats ou tentatives d’attentats perpétrés dans tout le Pays Basque, prenant notamment pour cible des résidences secondaires ou des agences immobilières. Ces agences sont très fortement implantées dans la région, avec plus de 500 points de vente dans la seule conurbation Biarritz-Anglet-Bayonne, témoignant d’un marché immobilier particulièrement florissant, alimenté par des acheteurs à la recherche de résidences de vacances ou de retraite.

Le choix du Pays Basque pour l’acquisition de résidences secondaires se traduit, dans le même temps, par le grand nombre de maisons et d’appartements qui restent inoccupés en dehors des périodes de vacances. Une inoccupation dénoncée par les organisations abertzale qui y voient l’une des causes des difficultés des résidents locaux à trouver des logements.

"Le Pays Basque n’est pas à vendre"

Ce qui caractérise cette vague d’attentats est le fait que les auteurs ne signent pas d’un nom leurs actions. Néanmoins, dans la plupart des cas la mention "le Pays Basque n’est pas à vendre" apparaît, soit dans les communiqués de revendication adressés aux médias, soit en laissant sur les lieux du délit des tracts portant ce message. Hier l’appel anonyme adressé aux pompiers contenait également ce même message.

La spéculation foncière et immobilière était l’un des axes des campagnes d’attentats d’Iparretarrak dans les années 90 et un des axes de travail historiques du mouvement abertzale en Pays Basque nord. Plus de dix ans après, le marché est marqué par une très forte hausse des prix, bien au-delà des moyennes hexagonales. Biarritz et Saint-Jean-de-Luz sont devenus les destinations les plus chères derrière Paris, prenant les devants sur la côte d’Azur. Face à cette situation, une nouvelle génération semble avoir pris le relais des actions violentes.

Les autorités françaises se refusent de faire le lien pour l’instant, mais cette recrudescence des attentats coïncide également avec le message lancé par l’ETA au début du mois d’avril appelant à renforcer la lutte pour l’autonomie du Pays Basque nord.

"Nous estimons que nous devons ouvrir une phase de lutte, une phase de lutte pour proclamer haut et fort devant l’Etat français les revendications des citoyens basques", annonçait l’ETA dans un entretien publié dans le quotidien Gara le 8 avril 2007.

S’agit-il d’un seul groupe ou de plusieurs groupes coordonnés? S’agit-il d’actions ponctuelles ou de l’amorce de la création d’une organisation pratiquant la lutte armée en Pays Basque nord ? L’utilisation d’explosifs de plus en plus puissants et la recrudescence du nombre d’attentats semblent aller dans ce sens. Cette série d’attentats avait débuté en novembre 2003 par une tentative d’attentat contre le complexe hôtelier du chef multi-étoilé Alain Ducasse à Bidarray. En 2004 six attentats ont été enregistrés dont deux autres attentats contre les établissements Ducasse à Bidarray. En 2005, quatre actions avaient été perpétrées, neuf en 2006, dont une contre les établissements du chef Ducasse, qui a fini par quitter le Pays Basque. Cette année, en revanche ce sont 17 attentats ou tentatives d’attentats qui ont été commis dont trois attribués au groupe Irrintzi. 

Irrintzi

Un autre groupe semble également agir en Pays Basque nord, en s’attaquant à des cibles "plus politiques", et qui signe ses attentats sous le nom d’Irrintzi. Le premier attentat signé Irrintzi date d’avril 2006 avec des explosifs qui n’avaient pas fonctionné placés dans des poubelles face à la sous-préfecture de Bayonne, l’aéroport de Biarritz et l’Office de Tourisme de Bayonne. Depuis Irrintzi s’est attaqué au domicile de la ministre Michèle Alliot-Marie à Ciboure en août 2006, et trois tentatives d’attentats ont été perpétrées le 11 avril dernier en plaçant des explosifs dans les poubelles près du local du Parti Socialiste à Bayonne, l’Office du Tourisme de Biarritz ainsi que le tir de balles réelles contre l’horloge de la gare de Boucau, portant à 7 le nombre d’actions imputables à Irrintzi.

Source : Le journal du pays Basque .


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