Festival Interboutique et Breizh Bazar

Publié le par FPL

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Festival interboutique et Breizh Bazar

 

 

Deux événements «culturels» forts se sont déroulés ces derniers mois, le traditionnel Festival Interceltique de Lorient et la Breizh Parade à Paris. Deux manifestations dont on pouvait espérer qu'elles viendraient porter et défendre les couleurs de la Bretagne, notamment la défense de la langue et la réunification. Au final, le FIL ressemble de plus en plus à une énorme kermess-moule-frites et la Breizh Parade à un défilé folklorique pour commerçants.

Symbole on ne peut plus symptomatique du manque total de crédibilité du FIL : la délégation écossaise, pays invité d'honneur cette année au FIL, a construit ses premiers discours en vantant les liens ancestraux unissant la France et l'Ecosse, fiére que les deux pays continuent d'être amis après tous ces siécles. Malaise. Pour un festival censé promouvoir, entre autre, l'identité et la culture bretonne, le moins que l'on puisse dire, c'est que le message semble avoir quelque petit problème pour passer... Quand au festival lui même, entre les stands de kebabs, de frites et de gadgets «celtiques» en tout genre, le spectateur venu chercher un contenu culturel avait un peu du mal à s'y retrouver ; «Alors, plutôt hot-dogs ou moules frites ?». Heureusement, la naissance d'un «village bio», défendant l'écologie, le recyclage ou la lutte en Palestine peut nous laisser espérer une certaine reprise en main du festival dans les annèes à venir. Avec un regard un peu plus tourné vers les questions politiques et culturelles qui déchirent notre pays, et un peu moins vers les biéres et les gâteaux bretons dégoulinant de beurre.

La Breizh Parade, quant à elle, a été perçue (et vendu) comme la revanche de notre jolie province qui, après des années de mise en boite, avait enfin le droit de défiler sur la plus belle avenue du monde. Mais défiler pour quoi ? Si nombre de Bretons avaient fait le déplacement pour venir participer à cet événement, la Breizh Parade n'a pourtant guère réussi à se démarquer de la Techno Parade. Une sortie festive vide. Et ce n'est pas le fait de paraître à Paris en costume traditionnel qui peut réussir à donner à ce défilé une quelconque légitimité culturelle. A quoi rimait en effet un tel défilé ? A dire que l'on existe ? Dans ce cas, pourquoi ne pas parler des problèmes culturels que la Bretagne connait, en particulier la lente disparition de ses langues (Breton et Gallo) ? Porter le costume traditionnel à Paris, même si l'on y reste tous très attaché, ne signifie qu'une chose : notre culture est morte et nous portons son deuil sur nous.

Nous sommes peut-être sortis de l'ère de la honte, mais si cela signifie rentrer de plein pied dans l'ère du folklo, alors peut-être vaut-il mieux rebrousser chemin. Car ce n'est pas en affrétant des bus pour monter sur Paris (bonjour la pollution inutile soit dit en passant) que les Bretons vont réussir à exister et perdurer. La Breizh Touch et la Breizh Parade n'ont qu'une finalité : donner une image vendeuse de la Bretagne. Et à trop vouloir jouer les terres d'accueil pour touristes, notre pays ne sera bientôt plus qu'un énorme Disneyland celtique. Pour une terre qui se vante d'avoir comme principe «Plutôt la mort que la souillure», ça va nous faire tout drôle...

 

Troc'h

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