13 février : JOURNEE DE DENONCIATION DE LA TORTURE CONTRE EUSKAL HERRIA

Publié le par FPL

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Le 9 février 2010 [17h58] : (Unità Naziunale, www.unita-naziunale.org – Corse – Lutte Internationale)


Il y a 29 ans, le 13 février 1981, Joseba ARREGI, habitant de Zirzukil, mourrait à Carabanchel des suites de la torture que ses tortionnaires espagnols lui avaient fait subir. Depuis lors cette journée marquée au fer rouge est consacrée à dénoncer la persistance de la torture contre Euskal Herria. L’un des cinq tortionnaires de Joseba ARREGI est l’actuel Commissaire général de la police judiciaire espagnole : José Antonio GONZALEZ GARCIA (condamné, il avait ensuite été gracié… comme tous les tortionnaires reconnus).

Il y a peu, le responsable espagnol de la collaboration franco-espagnole dans la « lutte anti-terroriste », en poste à Pau, était un trois gardes civils, tortionnaires en 1992, condamnés et absouts, de Kepa URRA. Il s’agit du commandant de la guardia civil Manuel SANCHEZ CORBI. Ce tortionnaire est-il toujours en poste à Pau ?

Le mouvement pour l’amnistie d’Euskal Herria signale qu’au cours de ces trente-cinq dernières années, plus de 7000 (sept mille) citoyens basques ont été torturés dans les dépendances policières. En janvier 2008, Igor Portu avait dû être hospitalisé suite aux tortures subies (4 gardes civils viennent d’être inculpés pour cela en février 2010). En 2009 ce sont 45 basques qui ont dénoncé avoir été torturés dont le jeune navarrais Alain Berastegi enlevé, torturé puis relâché dans la montagne d’Irunberri, en juillet.

En ce début 2010, plusieurs cas de tortures (avec hospitalisations) viennent d’être connus (Pello Olano de Lizartza, Asier Badiola le 26 janvier,…).

Cette année à Iruñea/Pampelune, un des intervenants pour cette journée du 13 février contre la torture sera Martxelo OTAMENDl, directeur du quotidien en langue basque, interdit, EGUNKARIA, torturé lui-même en février 2003.

En 2009 l’ONU a demandé à l’Espagne d’abolir le régime d’incommunication (au secret) lors des gardes à vue, régime qui permet la pratique de la torture par la police et la guardia civile espagnoles.

Le Journal du Pays Basque
L'Etat espagnol continue à utiliser la torture "comme instrument politique"

11/02/2010

La date du 13 février est marquée au fer rouge dans la lutte contre la torture au Pays Basque. Samedi, cela fera 29 ans que le militant basque Joseba Arregi a succombé à de graves blessures suites à de mauvais traitement infligés durant près de neuf jours alors qu'il se trouvait dans un commissariat sous le régime de la mise au secret. Une manière de montrer que presque trente ans après, l'utilisation de la torture persiste.

Et l'actualité ces derniers jours en fait encore état. Interpellés le 26 janvier dernier, Ibon Iparragirre, Asier Badiola, Xeber Uribe, Jabi Esnaola, Jon Zubizarreta puis quelques jours plus tard Urtza Alkorta Zunbeltz Bedialauneta, Olaitz Lema et Igor Martin, tous ont déclaré avoir été menacés, battus et avoir subi des pressions de l'Ertzaintza. Trois d'entre eux ont fait l'objet d'hospitalisation. A. Badiola a, en plus, déclaré avoir été drogué par des agents. C'est le cas également de Pello Olano, interpellé et incarcéré le 12 janvier dernier, qui a dénoncé avoir été «sauvagement» torturé alors qu'il se trouvait sous le régime de la mise au secret et entre les mains de la Guardia civil.

Selon le Mouvement pour l'amnistie, en 2009 au Pays Basque, 45 personnes ont déclaré avoir subi de mauvais traitements d'agents de la Ertzaintza, de la Guardia civil mais surtout de la police nationale espagnole (40 cas au total), ce qui porte à 7 000 les citoyens basques victimes de tortures infligés par des forces de police ces quarante dernières années.

Dans la majeure partie des cas, les personnes arrêtées ont été soumises à «un interrogatoire illégal continu, sans la présence d'avocat», ils ont «reçu des coups et des menaces», ils ont été contraints à rester «dans des positions inconfortables» conduisant à un épuisement physique et ont «été sous pression et en particulier par une torture psychologique en menaçant leurs familles, les jeunes enfants et les compagnons». Cependant, ces derniers temps, une technique de torture consistant à intoxiquer, droguer les militants basques est réapparue, comme dans le cas d'Asier Badiola.

«Ils ont l'intention de continuer à utiliser la torture» ont déclaré des membres du Mouvement pour l'amnistie, après avoir constaté que «tous les gouvernements ont eu recours à la torture dans sa folie répressive contre Euskal Herria». «Le gouvernement espagnol utilise la torture comme un instrument politique pour mettre fin à la lutte pour l'indépendance, l'information politique, l'auto-incriminant des déclarations de détenus et dans le but de répandre la peur parmi le peuple basque», ont-ils insisté. En 2009, dans un rapport, l'Organisation des Nations Unies avait demandé à l'Etat espagnol de supprimer le régime de la mise au secret, période durant laquelle les mauvais traitements sont infligés. Amnesty International s'est, quant à elle, inquiétée que «ces allégations ne donnaient pas lieu de manière systématique à des enquêtes indépendantes et exhaustives, menées dans les meilleurs délais».

Enfin, dans le cadre de la journée de samedi, plusieurs mobilisations sont prévues. A Iruñea, une conférence-débat est organisée en présence de représentants de Torturaren aurkako Taldea, Amnesty International et le Comité pour la prévention de la torture, avec Martxelo Otamendi, qui avait dénoncé des mauvais traitements suite à son arrestation dans l'affaire du quotidien basque Egunkaria, et des représentants de secteurs tels qu'avocats, médecins, psychiatres.

Quatre gardes civils inculpés

Peu de dénonciations de tortures font l'objet de procès et la majorité des condamnés sont souvent graciés. Mais dans le cas d'Igor Portu et Mattin Sarasola, le procureur de Gipuzkoa a, ces derniers jours, décidé de poursuivre quatre des quinze gardes civils accusés de tortures par les deux militants. I. Portu et M. Sarasola avait tous deux été arrêtés le 6 janvier 2008 à Arrasate puis transférés non pas vers une unité de la guardia civil mais sur un terrain vague dans une zone montagneuse et à proximité d'une rivière selon les témoignages. Dans son rapport, la Procureur mentionne que I. Portu aurait été victime de coups, conduisant à une hospitalisation où il a passé trois jours à l'unité de soins intensifs suite à de graves blessures. M. Sarasola avait, lui aussi, dénoncé des traitements similaires.

Le magistrat donostiar a requis trois ans de prison pour deux des gardes, deux ans pour les deux autres, ainsi que des indemnisations. Il a donc décidé de démonter la version officielle du ministre de l'Intérieur espagnol, Alfredo Pérez Rubalcaba, qui avait nié l'existence de tortures.

Publié dans Euskal Herria

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