EDF ne tolère pas la langue corse:Réponse

Publié le par FPL

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Dans beaucoup de grandes entreprises et administrations,les dirigeants sont français.EDF n'échappe pas a ce phénomène et celà donne des remarques déplacées,voir racistes.
Les corses, eux ,sont maintenus loin de ces postes et mutés si ils ont la prétention d'y acceder.

Voici la réponse de quelques personalité et associations corses:


Monsieur le Directeur Régional d'EDF,



À l'occasion d'une commission secondaire de votre entreprise en date du 26 novembre 2007, la déléguée du Syndicat des Travailleurs Corses, Madame Josée Grimaldi d'Estra, a répondu à l'appel de son nom dans sa langue maternelle.



Ceci lui a valu immédiatement d'être prise à partie de manière insistante, par votre adjoint qui, apparemment, ne tolère pas qu'une indigène s'exprime dans sa langue vernaculaire.



Nous avons appris d'autre part, de diverses sources prêtes à en témoigner, que certains de vos cadres n'admettent pas que des agents de l'entreprise discutent entre eux dans la langue de leurs ancêtres, qu'à plusieurs reprises, il leur en a été fait le reproche, et qu'ils ont été sommés de cesser cette pratique.



Il faut que vous sachiez que nous ne sommes plus à la grande époque de la colonisation française du dix-neuvième siècle, et que vous n'êtes plus les missionnaires lumineux et éclairés, chargés de civiliser le bon sauvage en lui imposant les pseudo-valeurs de votre bienveillante civilisation.



Nous sommes chez nous ! Sur notre terre, avec toute la légitimité historique que cela nous confère !



Nous n'aurons pas la cruauté d'évoquer les graves pannes à répétition, tant pour l'électricité que pour le gaz, qui, à plusieurs reprises, ont frappé notre pays, y compris très récemment dans le nord de la Corse. Votre incompétence notoire qui, n'importe où ailleurs vous aurait valu une mise à pied immédiate, a été et demeure ici totalement couverte par votre autorité de tutelle, situation coloniale oblige !



Vous disposez, ainsi que vos cadres, de la même origine que vous, sur notre terre, de somptueuses villas de fonction, aux frais du client bien entendu, avec piscine de préférence, de salaires qui vous mettent largement à l'abri de la baisse du pouvoir d'achat, et il semblerait que ce type d'avantage ne vous suffise pas. En prime, il faut mater l'indigène !



Vous n'ignorez pas que la langue corse est depuis longtemps objet de débats passionnés et qu'il s'agit là d'un sujet extrêmement sensible.



Vous n'ignorez pas que depuis les accords dits de Matignon, elle est enseignée de la maternelle à l'université.



Vous n'ignorez pas que nos radios et notre télévision ainsi que de nombreuses écoles sont bilingues.



Vous n'ignorez pas qu'il en va de même de la signalétique routière, ainsi que celle de nombre d'établissements publics, tels que l'Assemblée de Corse et l'Université, ou privés.



Vous n'ignorez pas que tous les actes administratifs et tous les débats de l'Assemblée de Corse sont rapportés dans cette langue.



Vous ne pouvez pas ignorer que la même Assemblée a récemment voté à l'unanimité un plan de développement, d'enseignement et de généralisation de la dite langue, etc. etc. etc.



Il paraît donc totalement incongru, et évidemment inacceptable, que vous estimiez bénéficier d'une quelconque extra-territorialité et d'une supériorité qui vous permettent de nier un peuple, sa culture et sa langue et que vous et votre état-major, totalement coupés des réalités locales, et fonctionnant en circuit fermé, vous vous permettiez d'essayer de dicter votre loi, y compris dans notre mode d'expression collective.



Il faut que vous sachiez que nous ne sommes pas disposés à accepter vos diktats !



En conséquence de quoi :



Dans un premier temps, nous exigeons, dès réception de la présente, des excuses publiques.



Si tel n'était pas le cas, nous déposerons immédiatement une plainte avec constitution de partie civile, pour harcèlement moral à l'égard d'un représentant syndical à l'occasion de l'exercice de son mandat, et à l'égard de salariés victimes de vos comportements.



Nous ferons, de plus, déposer une motion de condamnation de votre attitude à l'Assemblée de Corse.



Il s'agit là, en effet, d'un problème qui excède largement le cadre du fonctionnement interne d'une entreprise.



Dans un deuxième temps nous exigeons votre départ, et celui de votre staff : votre irrespect, votre arrogance, et votre mépris à notre égard font que vous n'avez plus rien à faire chez nous !



Pour ce qui concerne vos successeurs nous exigerons que la langue corse occupe toute sa place dans l'entreprise ! À charge pour eux d'en maîtriser la pratique !



Ont signé :



Rinatu Coti, Misincu U Taravu, Cismonte & Pumonti, Paroli Sciolti, Cultura Viva.

Source ADECEC


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