Yvan Colonna condamné a perpetuité: une injustice évidente

Publié le par Ghjuvà

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Le 12 décembre dernier, Yvan Colonna a été condamné à une peine de réclusion a perpétuité.

Le procès a pourtant mis en lumière son innocence.

Ce verdict était cependant prévisible, Yvan Colonna est le coupable désigné par le Président Sarkozy et l’appareil antiterroriste français, un acquittement remettrait en cause l’intégrité de ces deux entités.Comment admettre qu’en 10 ans d’enquête, après des centaines et des centaines de personnes interpellées, des vies, des familles brisés, des enfants traumatisés, comment admettre que la section antiterroriste française n’a pas su mener l’enquête a bien ? Il s’agit quand même du fleuron de la police française !

 Dans un article précèdent nous listions les nombreux éléments qui prouvaient l’innocence de Colonna.Nous allons cette fois ci nous attarder sur les éléments dit a charge.

 

La fuite

La fuite d’Yvan Colonna a été vécue par beaucoup de gens comme un aveux. Pourtant, pendant sa cavale il a écrit une lettre dans laquelle il clame son innocence et affirme vouloir prendre du recul. Mettez vous a sa place, vous savez que l’on vous soupçonne, vous savez que si on vous arrête vous allez croupir en prison pendant 4 à 7 ans, comme c’est très régulièrement le cas pour les détenus politiques corses.A cela ajouter le faite de voir votre photo à la une d’un célèbre magazine avec pour titre « Wanted tueur de prefet ». Que faites vous ? Vous risquez  4 ans de détention préventive ? Que vous soyez innocent ou coupable la logique de la fuite s’impose rapidement.

La suite de l’affaire nous prouve qu’il a eu raison de fuir, durant sa cavale et sa détention préventive,des preuves de son innocence on été révélées et les dérives de la DNAT ont été dénoncées.

 

L’accusation du commando

Une partie du commando aurait avoué qu’Yvan Colonna est le tireur. Puis ces mêmes personnes sont revenues sur leurs déclarations.Pourquoi ?

Nul n’ignore les techniques d’interrogatoire de la DNAT, violences, intimidations, arrestations de proches pour faire pression.

Durant le procès on a entendu parler de PV « copier-coller » c'est-à-dire que les auditions se composent de copie d’autres auditions ! Ainsi les membres ont commandons ont signés des PV sans être dont ils ne pouvaient être sur de leur contenu.

Les aveux auraient été également soufflés, avec un scénario déjà fait d’avance.La personne gardée à vue n’avait alors plus qu’a signer pour mettre un terme à 90 heures de torture blanche.

Extrait du procès : Me Lemaire : «  Et vous Madame quelle était votre conviction à ce moment-là, M. Colonna est-il coupable selon vous ou pas ?  » Réponse : « Ma foi, la police le disait... moi je voulais juste rentrer chez moi et retrouver mes enfants (...). Ils me disaient qu’ils allaient les mettre à la DDASS ».

L’épouse de Pierre Alessandri s’est exprimée en ces termes : « J’entendais des coups, des gens pleuraient et le juge a menacé d’envoyer mes enfants à la DDASS » « J’étais perdue, j’ai signé sans regarder »

 Voici des propos de Pierre Maranelli : « Je sais que c’est pas très honorable…J’ai vu  son nom dans une déposition, puis je l’ais inclus dans tout ce qui se rapporte à moi…Je n’assumais pas ce que j’ais fait .Je cite Yvan Colonna comme une porte de sortie temporaire pour que ma femme sorte de garde à vue. »

 Marcel Istria,(condamné a 20 ans de réclusion lors du premier procès) :  « J’ai pris des coups.De fortes claques derrière l’oreille.On m’a montré des PV et on m’a dit que c’est du tel ou du tel.Quand tu sors,on va dire que tu es une balance.Comme je n’avais pas de femme et d’enfants,on m’a mis la pression autrement.Quand je disais çà c’est faux,on me frappait.Après on m’a dit : on va en faire nous un faux et tu passeras pour une balance.Comme quoi on peut faire des faux ! On m’a emmené ensuite à l’Hotel Dieu et j’ai toujours un problème de tympan aujourd’hui »

 

Rappelons que la condamnation de Castela et Andriuzzi à 30 ans de réclusion reposait sur de faux PV dont la nature a été révélée lors du procès en appel. Ce procès en appel a démontré les dérives de la DNAT et ces personnes présentées comme les intellectuels du commando ont été acquittées.

 A propos de fausses preuves, n’oubliez pas que Mathieu Filidori a passé 2 ans en prison.Interpellé dans le cadre de la « piste agricole », des explosifs avaient été retrouvés chez lui.On appris plus tard que ces explosifs avaient été placés là par la DNAT !

 Une pensée également pour Marcel Lorenzoni, interpellé également dans le cadre de la piste agricole sous de prétexte fallacieux et qui a passer 18 mois en prison avant d’être innocenté.

 Quel crédit accorder a des aveux fait dans un tel contexte ?

 Les membres du commando, cherchaient ils a protégés d’autres personnes en laissant l’accusation planer sur un homme en fuite ? C’est du moins ce qu’ils ont laissé entendre.

 

Pourquoi Colonna ?

 Si les aveux ont été suggérés, pourquoi s’en prendre a Yvan Colonna ?

D’abord Yvan Colonna est un ami d’Alessandri et Ferrandi.Et on le sait bien les proches de nationalistes sont souvent surveillés et interpellés (conf affaire Carlotti).Colonna est également connu pour être un militant droit et honnête.

Et puis, pourquoi Colonna, mais pourquoi les centaines de personnes interpellées et suspectées durant l’enquête.La police a quand même interpellée tous les éleveurs d’une région de corse! Yvan Colonna n’est qu’un parmi d’autres.Ca aurait pu être Filidori si les fausses preuves de la DNAT n’avaient pas été découvertes !

Une fois de plus, rien de permet de dire que Colonna est coupable.

 

Une disculpation du bout des lèvres ?

Tous les membres du commando ont affirmé qu’Yvan Colonna était étranger a l’affaire de Pitrusedda et a l’affaire Erignac.On a lu et relu dans la presse les propos d’Alain Ferrandi présentés comme ambiguë : «  Tu es un homme d’honneur. Si tu avais participé, tu aurais revendiqué. Par conséquent, je peux affirmer que tu n’y étais pas  ». Notons que bien souvent la dernière phrase n’était pas citer...

Peut on vraiment y voir de l’ambiguïté ? Quoi qu’il en soit c’est le seul fait du procès qui est discutable, c’est le seul élément qui est sujet a appréciation.Le reste n’est que preuves et faits  irréfutables.N’est ce pas mince pour gâcher la vie d’un homme et de sa famille ?

 

 Le troisième homme

Un témoin affirme avoir vu trois hommes.La délocalisation du procès n’a absolument rien prouvé. Par contre une reconstitution aurait été sans doute beaucoup plus parlante.Au sujet de ce troisième homme, il s’agissait sans doute de Martin Ottaviani,le chauffeur du commando,qui affirme avoir fait le guet dans la ruelle.

 

La lettre du père d’Yvan Colonna à l’épouse de Claude Erignac.

 Voici un extrait de cette lettre "Le soir du 6 février nous avons imaginé et partagé votre détresse. Aujourd'hui, pour lui, pour nous... nous vous demandons pardon ainsi qu'à vos enfants et à tous ceux à qui nous avons fait du mal" On peut comprendre la détresse et le doute d’un père face a un assassinat dont le principal accusé (et condamné d’avance) est son fils.Voici ses réponses lorsque l’accusation l’a questionné sur le sujet : « Le doute est humain » « Si vous voulez me faire admettre que j'ai eu des doutes de A à Z à ce moment là, je les ai eus » « Mais je ne les ai plus » « mon fils est i-nno-cent ».

 Vous venez de lire les points « sensible » du dossier Colonna, y voyez vous des raisons de sa culpabilité ? Y voyez vous des raisons d’une condamnation a perpétuité ?

 

Un verdict révélateur

 Le verdict lui-même prouve que les magistrats ont un sérieux doute. En effet Yvan Colonna n’a pas eu de période de sûreté (22 ans) comme Alessandri et Ferrandi.La réclusion à perpétuité assorti de 22 ans de sûreté est la plus lourde peine française.En ne l’appliquant pas  Yvan Colonna, la cours admet qu’il n’est pas le tireur.Mais alors ou le place t on dans cette histoire ? Les magistrats disent l’avoir condamné sur intime conviction, en droit français l’intime conviction n’est utilisée que pour des acquittements, jamais pour des condamnations !

Nous voyons bien ici que la condamnation d’Yvan Colonna est éminemment politique,car son innocence désavouerait Nicolas Sarkozy qui a, à deux reprises bafoué, la présomption d’innocence de Colonna. De plus cela remettrait de nouveau en cause les méthodes de l’appareil anti terroriste français. Il fallait un coupable, ils en ont trouvé un.

 

La personnalité Commandant Lebbos et de Roger Marion (DNAT).

 C’est l’homme du faux PV contre Vincent Andriuzzi, celui du PV antidaté également.Cette homme qui a été accusé de vol de matériel et de coups et blessures sur sa femme était un pilier de la DNAT.C’est lui qui a interrogé Didier Maranelli,le premier  à avoir signé des accusations contre Colonna.C’est cette personne qui a été dans la cellule de Colonna pour lui dire « On va s’occuper de toi,tu va en prendre pour 30 ans »

Lors du tapissage face a un témoin occulaire il a demandé a Colonna de porter des vêtements clair,tandis que les autres personnes « tapissés » était vêtu de manière sombre.Que faut il en conclure ?

Le commandant Lebbos a également constitué un faux en rédigeant une réquisition au nom d’un de ses collègues affirmant que le frère d’Yvan Colonna le suivait…Toujours ce même homme qui détourne la procédure pour retrouvé l’adresse de son ex femme.Ou encore qui enquête sur une femme juste parcequ’il la trouve fortement a son goût. Tout ceci a été dit pendant le procès et retranscrit dans l’hebdomadaire corse Arritti !

.Rajoutez a cela Roger Marion pris en flagrant délit de mensonge face à la cour,tant il dit avoir entendu directement les aveux de Maranelli,tantôt il était sorti prendre une bière(!),tantôt on l’a informé par téléphone…no comment. Roger Marion était quand même le chef de la DNAT. Il est également accusé d’avoir créer des faux, torture dans d’autres affaires .

 Est-ce là la crème de la police française ?

 

Des méthodes d’interrogations douteuses, une guerre des polices, une enquête qui part dans tout les sens, bafouant les droits de l’homme.Des enquêteurs prêt a tout pour trouver les coupables,la nécessité politique de designer un tireur,puis le lynchage médiatique.Voilà comment un berger corse se retrouve ennemi publique numéro 1,puis condamné à perpétuité.

Cette condamnation est une insulte faite aux corses, mais également aux français. Cette décision prise en leur nom, et dont tout le monde sait qu’elle est injuste envoi un message fort.

 Espérons que, comme Castela et Andriuzzi, le procès en appel soit celui de l’acquittement.

 

 Retrouvez les éléments qui innocente Colonna ici

 A propos de Castela et Andriuzzi

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Dessin :Benoît Peyrucq / AFP

 

 

Publié dans Corsica

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