Comment exclure les indépendantistes basques de la société? La chasse aux abertzale: Témoignage

Publié le par FPL


Au début de ce mois, 9 militants de Batasuna ont vu leurs comptes bancaires fermés sur ordre du juge Garzon. Le but de cette manœuvre est de marginaliser les abertzale, de les mettre hors du système,car comme chacun sait il est impossible de mener une vie normal sans compte bancaire. De tel faits n’étonnent plus du coté Espagnol, mais ce qui est troublant c’est que 7 de ces basques vivent en Ipar Euskal herria (pays basque occupé par la France). La France suit de plus en plus l’Espagne dans son délire anti abertzale,rappelons que la police espagnole use très fréquemment de torture,que toute personne se réclamant indépendantiste est automatiquement assimiler à ETA,que les partis politiques indépendantistes sont de ce fait interdit.

Ces derniers jours, 10 jeunes ont été interpellés pour kale borroka ,évidement ils sont eux aussi soupçonnés d’appartenir à ETA.

Hier matin a commencé le procès de 27 membres du mouvement pour l’amnistie. Ce collectif d’associations humanitaires de défense des prisonniers politiques est aussi assimilé à ETA. Son tort ? Dénoncer les tortures dont sont victime les prisonniers, demander leur rapprochement, voir leur amnistie dans le cadre d’un règlement politique de la question basque. Ils risquent quand meme 10 ans de prison!

L’Espagne sombre dans la paranoïa la plus totale, l’expression indépendantiste basque est interdite,toute une frange de la population n’a donc plus de visibilité sur l’échiquier politique.

Ne faut il pas craindre que les interdictions d’associations et de partis politiques poussent les jeunes basques vers la lutte armée ?

La France prend le chemin de l’Espagne, déjà, le président Sarkozy avait sous entendu une interdiction des partis politiques indépendantistes corses.

[EDIT DE DERNIERE MINUTE:

-Ce sont 14 comptes qui ont été fermés,ceux des militants de leurs conjoint et enfants.

-2 jeunes de plus ont été interpellés et accusés de Kale borroka, 11 perquisitions ont eu lieu et 5 jeunes sont recherchés]  

Ci-dessous vous trouverez le témoignage d’une mère de famille touchée par l’interdiction bancaire :

Je veux que ça se sache

Je suis maman de deux enfants en bas âge, enceinte d'un troisième. Enseignante de profession. En congé parental en ce moment pour pouvoir m'occuper de mes enfants. Je n’ai jamais eu de découvert bancaire. Bref, une vie relativement ordinaire, humble et simple. Sauf que je suis militante et compagne d’un militant dont les comptes bancaires ont été bloqués mardi 8avril, on ne sait ni par qui, ni pour quel motif. Aucun courrier ou information ne lui a été transmis à ce sujet. Bon, certains sont libres de penser: Oh, il fallait s'y attendre ou... si la justice cherche, il doit bien y avoir quelque chose de louche Nous avons tous deux des comptes séparés, les miens sont au crédit agricole et mon compagnon n'a aucune procuration sur mes comptes.

Le lendemain, le mercredi 9avril, tous mes comptes ont aussi été bloqués par le crédit agricole sur ordre de je ne sais qui, et au nom de je ne sais quoi. J'ai cherché à savoir. Rien. Je ne peux donc pas porter plainte puisqu'on ne m'identifie pas mon agresseur et encore moins le motif de son agression à mon égard. Je n'ai non plus aucune manière de subvenir aux besoins de ma famille: l'EDF, la cantine, l'essence, les frais médicaux (et ils sont nombreux lors d'une grossesse), les courses, la caf, la sortie scolaireŠ devront attendre. Attendre 3 mois, un an, 5 ans, 6, 7 peut-être. Il paraît qu'il n’est pas possible de couper les vivres à une famille, et pourtant c’est ce qu’ils font et croyez-moi, c’est d’une violence inouïe.

Le pire dans tout cela, c’est que je n’ai reçu aucun, je dis bien aucun témoignage de solidarité: ni sms, ni parole, ni courrier, ni visite, rien. Je suis seule. Cela sera difficile à croire pour certains, notamment les militants ou même les comités de soutien habituels, et pourtant c’est la stricte vérité.

Du jour au lendemain, nous sommes condamnés moi et mes enfants, à vivre au "black". Cela porte un nom: illégalement. Alors, pas besoin de «loi des partis» comme à Madrid. Ici en France, la Police Judiciaire, secondée par les banques, feront leur travail bien consciencieusement, et vous décrétera illégal dans le plus grand silence créant une indifférence populaire sans précédent.

Mais ma conscience est tranquille. Mon arme a toujours été l’expression, et elle le restera. Je n’ai fait aucun acte illicite. Il ne me reste plus que ma force intérieure pour élever mes enfants et accueillir le bébé à naître le plus sereinement possible. Je ne cherche pas la pitié, ni la compassion. Je veux juste que ça se sache.

Mirentxu LAKO

 

 

-Réagir et plus d'infos sur les interdictions de comptes ici

-Le procès des 27 d'AAM

-L'interpellations des 10 jeunes

-Source témoignage JPB

-Source photo CSPB (11/07)

Publié dans Euskal Herria

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