Les nationalistes corses contre le PADDUC

Publié le par FPL



Voici l'analyse du Rinnovu sur le padduc,vous trouverez a la fin de l'article un lien vers l'interview de François Alfonsi (PNC) sur le meme sujet.

Texte de la conférence : LE PADDUC.

"Il y a 4 ans, le Rinnovu avait lancé le débat sur le PADDUC avec une analyse critique du document « diagnostic -enjeux» livré par le cabinet Tetra. Ce document misait sur l'immigration de seniors, il faisait peser des menaces sur le littoral et sur les terres agricoles.
Aujourd'hui avec le document « Projet » validé récemment par l'excéutif de Corse, toutes ces craintes sont amplifiées.
Ce document est un document idéologique, il couple systématiquement la notion de capital environnement et celle de capital culturel de la Corse (PAGE 10). Le fait de lier toujours ces deux points, c'est bien la logique de la « réserve d'indiens »: la Corse c'est beau, il reste une culture, voilà qui est « floklorique » pour les visiteurs.
Le document nous livre un catalogue de généralités sur les domaines où la Corse doit progresser en matière de développement (PAGE 13): eau, déchets, énergie, transport, logement. Pour le tourisme, on parle de faire de la Corse une destination éco-touristique mais aucune proposition concrète n'est faite. Pour les espaces de l'intèrieur, on évoque surtout la pluriactivité et l'agri-tourisme : c'est un espace qui doit servir aussi aux « activités récréatives » (dixit PAGE 80) pour les visiteurs.

Ce document nous parle sans cesse de « changer d'époque » (PAGE 6 ) et d'aller vers « l'épanouissement, le bien-être , la prospérité, la solidarité, la paix ». Tous ces jolis mots sont là pour faire apparaître ceux qui résistent et qui souhaitent un véritable développement durable comme des fauteurs de troubles. Page 137, on explique que le littoral corse est resté à l'état naturel à 70% grâce aux conditions naturelles et au mode d'habitat, en oubliant qu'on le doit surtout à la lutte du peuple corse ! On n'échappe pas non plus à la rengaine sur le « repli sur soi » qu'il faudrait éviter (PAGE 8) !

Un des principaux problèmes de la Corse est passé sous silence : le retard des infrastructures routières. Le texte va même nous faire rire quand il affirme à propos des réseaux de communication : « les infrastructures d'accès qui maillent tout le territoire sont de bon niveau et encore loin d'être surexploitées » (PAGE 10) !!!

Ce projet PADDUC persiste dans des choix désastreux qui sont le contraire du développement durable pour la Corse et les Corses :

> L'appel aux « investisseurs extérieurs » (PAGE 34)
En plus de cet appel, on nous dit, que la « Corse doit s'inscrire dans les courants de marchés internationnaux et affronter la concurrence »PAGE 10. Soit. Mais comment peut-elle le faire sans règles et protection qui nous soient propres par rapport à l'Europe et à son marché ? Sachant que la Corse n'a aucune disposition de ce type notamment pour son agriculture, sa fiscalité, c'est une stratégie de liquidation d'une économie corse productive.


> Le choix de « l'économie résidentielle » (PAGE 32) et de la « séniorisation ». (PAGE 15)
Page 15, on nous explique qu'il faut fonder l'avenir de la Corse sur les migrations et la « séniorisation » (Installation de riches retraités de toute l'Europe).
L'objectif de 320 000 habitants à l'horizon 2030 est fixé ! On part du postulat qu'une population de 280 000 habitants comme actuellement est un handicap.
C'est une colonisation de peuplement sans équivalent dans le monde en terme de proportions sauf peut-être au Tibet. Bien-sùr, le texte tente de nous rassurer en vantant les mérites de la langue Corse et du bilinguisme. Les exemples des pays Baltes, du Québec ou de la communauté autonome de Catalogne sont évoqués pour leur politique linguistique intégrative sans préciser que ce sont des entités souveraines où leurs langues sont officielles (PAGE 34) !
« L'économie résidentielle » est définie par le document comme « une forme d'économie où les résidents viennent s'installer pour dépenser ce qu'ils ont gagné ailleurs pendant leur vie active. » L'installation peut être plus ou moins intermitente et elle peut aussi concerner des actifs, et c'est le développement sans limites des résidences secondaires ! Ces résidences poussent comme des champignons, il y en a plus de 60 000 en Corse contre 100 000 principales, elles représentent près de 45 % des résidences sur le littoral. De nombreux PLUs actuellement mis en place favorisent ces résidences, ce sont de véritables plans de mise en vente de la terre corse. La généralisation des résidences secondaires est une hérésie de développement , elle crée un phénomène de concurrence avec le tourisme locatif, elle entraine des surcoûts pour les réseaux, ainsi que des dégats environnementaux.
L'immobilier résidentiel est l'ennemi du tourisme intégré, et dans ce cadre la place des Corses est de pus en plus restreinte démographiquement, économiquement. Quelques franges seulement s'enrichisssent : dans l'immobilier et quelques services, les transports, la grande distribution...

> Le sacrifice des terres à potentialités agricoles.
Page 128 le texte précise que le PADDUC n'interfère pas sur les PLUs en vertu du principe de subsidiarité. La cartographie a choisi l'échelle 1/150 000 ème qui rend inopérente toute définition fine des espaces agricoles par rapport aux espaces voués à l'urbanisation, contrairement au voeu de la profession agricole d'avoir une échelle plus précise. Ce Plan n'a donc aucune vertu régulatrice contre la pression foncière. C'est une supercherie !

Concernant les préconisations de la Collectivité Territoriale de Corse pour l'application de la loi littoral, le document vise encore et toujours à favoriser la continuité de l'existant (ce qui à terme est très dangereux sans une planification spatiale fine) et les fameux « hameaux nouveaux » qui seront des zones de spoliation foncière pour populations permanentes ou « temporaires » (PAGE 138). Parmis eux, on le comprend bien, il y aura surtout des nantis voulant privatiser la beauté des paysages.

Ce document n'est donc pas un plan de développement durable pour la Corse, c'est un texte idéologique, un document alibi pour habiller des PLUs de mise en vente de la terre au profit des résidences secondaires et de la pseudo économie résidentielle. RINNOVU s'est toujours prononcé pour un gel des constructions de résidences secondaires jusqu'à la mise en place de QUOTAS par communes et pour la sanctuarisation des terres agricoles.
Ce PADDUC aurait du être justement un document régulateur, il n'en est rien .

RINNOVU demande donc le retrait du PADDUC et l'élaboration d'un document complètement refondé. "

Strada diritta è resistenza

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Source : Rinnovu

Interview de François Alfonsi (PNC)

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Publié dans Corsica

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