Euskal Herria: pas de vacances pour la répression

Publié le par FPL

 


Arrestation de douze citoyens basques la semaine dernière

 

La répression ne cesse jamais en Pays Basque. Dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 juillet, dans l’opération de la Guardia Civil qui constituait quasiment la 200ème arrestation de l’année 2008, neuf personnes ont été arrêtés en Bizkaia,  à Málaga et en Galice. Il s’agit de Gaizka Jareño Ugarriza (arrêté à Elorrio), Adur Aristegi Aragon (Elorrio), Iñigo Gutierrez (Algorta), Mikel Saratxo (Algorta), Aitor Kotano Sinde (Nigrán, Pontevedra), Libe Agirre Mazaga (Fuengirola, Málaga), Maialen Zuazu (Bilbao) et Ana Belen Prieto Furundarena (Bilbao). La neuvième personne est Arkaitz Goikoetxea, fiché par la police et vivant dans la clandestinité. Elles sont membres présumées du commando Bizkaia d’ETA. L’Etat espagnol le considère comme démantelé.

 

Le 24 juillet à Getxo, près de Bilbo, une dixième personne a été arrêtée par la Garde Civile, Inge Urrutia de la Vega, et deux caches ont été découvertes à La Rioja.

 

Enfin le vendredi 25 juillet, deux autres personnes membres présumées d’ETA ont été arrêtées à Arceau près de Dijon par la gendarmerie française, Asier Ezeiza Ayerra et Olga Comez Arambilez, à la suite d’un accident de la route, où ils ont fuit.

Le même jour une troisième cache aurait été découverte à Getxo, et un domicile a également été perquisitionné, logement qui appartiendrait à une personne que la garde civile a voulu interpeller le mardi dernier et qui est toujours recherchée.

 

Les dix personnes ont comparu samedi devant le juge de l'Audience Nationale espagnole Garzon. Celui-ci a incarcéré à la prison de Soto del Real sept membres présumés ou collaborateurs du commando Bizkaia. Adur Aristegi a été libéré contre une caution de 12 000 euros, et Inge Urrutia et Libe Agirre ont été remis en liberté.

Arkaitz Goikoetxea a reconnu être membre du commando Bizkaia, et recevoir ses ordres de Garikoitz Aspiazu « Txeroki », mais a refusé de répondre aux questions précises du juge. Plusieurs attentats ou préparations d’attentats lui sont reprochés, parmi lesquels l’attentat contre la caserne de Legutiano où un garde civil était mort, la préparation de l’enlèvement de l’élu d’Eibar Benjamin Atutxa, et l’assassinat du juge Fernando Grande Marlaska.

 

Plusieurs rassemblements condamnant ces arrestations ont eu lieu, 300 personnes ont manifesté à Algorta et 450 à Elorrio dans la soirée du jeudi. Un rassemblement avait déjà eu lieu à Algorta mardi, où, à la fin de celui-ci, un homme avait été tabassé par la Ertzaintza, après quoi il avait été embarqué puis libéré le lendemain, après être allé à l’hôpital pendant la nuit. Il comparaîtra pour « attentat à l’autorité », accusé d’avoir lancé une pierre, en réalité victime d’un montage policier de la ertzaintza, pour justifier l’injustifiable comportement de celle-ci.

 

Askatasuna et TAT, le Groupe contre la torture, avaient averti des risques important de subir des tortures qu’avaient les neuf personnes en garde à vue à Madrid, et dont le juge Garzon avait décidé de prolonger la mise au secret jusqu'à cinq jours, délai maximum de l’« incommunication ». Le juge avait mis en place le protocole permettant soi-disant d’empêcher les tortures. Mais il ne les empêche nullement, Garzon souhaitant simplement se débarrasser de toute responsabilité. Les personnes ont dénoncé devant le juge les tortures qu’elle ont subi. Toutes ont dénoncé des mauvais traitements. Elles ont dénoncé les coups qu’elles ont reçu à la tête et aux testicules, et les menaces de viol. Dans certains cas, la garde civile leur appliqué la « boltsa » à plusieurs reprises, et les a menacés de leur faire des électrodes. Elle les a obligé à rester dans des postures forcées pendant longtemps et à faire des flexions.

 

Askatasuna a dénoncé que ces arrestations et incarcérations montrent clairement que le gouvernement espagnol PSOE a uniquement fait le pari aveugle de la répression brutale en refusant toute solution démocratique et pacifique au conflit politique en court, et qu’il a bien l’intention de poursuivre dans cette voie, au vue des pactes qu’il est en train d’établir avec le PP.

Pour l’organisme anti-répressif, le seul moyen pour que les droits des personnes arrêtées soient respectés est de supprimer la loi de l’incommunication.

 

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Le Mouvement Pro-Amnistie (Amnistiaren Aldeko Mugimendua, AAM) a manifesté dans différentes plages basques, comme celle de Zarautz (Gipuzkoa), pour demander le transfert des prisonniers basques au Pays Basque, la libération des prisonniers malades et de tous ceux qui ont déjà accompli leurs peines, demandant ainsi seulement à ce que la loi soit appliquée. Le Collectif est déterminé à mettre la pression sur les institutions basque, et leur demande de laisser de côté les déclarations de bonnes paroles, et appliquer la loi pour en finir avec la politique pénitentiaire de dispersion.

Dimanche prochain sortira de prison Iñaki de Juana, et AAM a déclaré qu’ « il n'espère rien de bon après ce que lui a fait l'organisation pénitentiaire ».


L’acharnement contre Iñaki de Juana Chaos

 

Après avoir augmenté sa peine de prison de 3 ans pour deux articles d’opinion et qui l’avait amené à deux grèves de la faim, l’Etat espagnol persiste dans l’acharnement contre Iñaki de Juana. Alors que sa remise en liberté est prévue pour le deux août, l'Audience Nationale de Madrid a demandé la saisie de l'appartement de sa compagne actuelle, Irati Aranzabal, « afin de compenser les victimes de De Juana à titre de responsabilité civile ». Il a recommencé une grève de la faim illimité à la prison d’Aranjuez avec comme objectif de répondre à cette opération et à la politique pénitentiaire d'exception qui s'applique au Collectif de Prisonniers Politiques Basques (EPPK).

Dans le même temps, le gouvernement espagnol vient de mettre en place un service administratif chargé de surveiller le patrimoine des prisonniers politiques basques afin qu’ils soient obligés de payer les indemnités réclamées par « les victimes d’ETA ».

 

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28 URTE ASKI DA ! GATZA ASKATU !

28 ans ça suffit ! Libérez Gatza !

 



Depuis le lundi 7 juillet, Jose Mari Sagardui « Gatza » est le plus ancien des prisonniers politiques d’Europe, incarcéré depuis 28 ANNEES dans les différentes prisons de l’Etat espagnol. Gatza aurait dû être libéré en 1995 et malgré cela, 13 ans après, il est toujours en prison, situation qui peut durer jusqu’en 2010. Ses concitoyens de Zornotza, en Bizkaia, ont maintes fois et à différentes occasions sollicité sa libération ainsi que celle de ceux et celles qui ayant purgé leur peine se trouvent toujours en prison. En vain.
Askatasuna a dénoncé cette situation inacceptable : « Comment saisir qu’il soit éloigné à plus de 800 kilomètres ? Comment peut-on admettre que les 28 années passées en prison, l’ont été dans la phase 1, avec les conditions les plus difficiles? Comment peut-on concevoir qu’il soit enfermé dans sa cellule entre 20 et 22 heures par jour? Et comment peut-on comprendre qu’on lui interdise de pratiquer du sport, d’étudier ou bien d’autres activités ? » « Les Etats espagnol et français au vu de l’échec de la politique de dispersion, recherchaient uniquement la vengeance » et « pour les Basques, la démocratie espagnole s’est convertie en un grand Guantanamo ».

Le samedi 12 juillet a eu lieu à Zornotza le rassemblement en hommage à Gatza, qui a rassemblé mille personnes. Mais vers 18 heures, quand elles ont démarré  pour aller dans les rues, la Ertzaintza, la police autonomique qui n’a de basque que le nom, est arrivée. Plus tard, alors que les organisateurs mettaient fin à l’événement, après être restés face à face une dizaine de minutes, elle a chargé contre les manifestants pacifiques. Suite à ces violentes charges, plusieurs personnes ont été blessées au visage, et ont du être hospitalisées, dont l’une avec la mâchoire fracturée.

Dès lors, les manifestants ont incendié des containers, fait des barrières au centre-ville de Zornotza. Les pompiers sont intervenus pour éteindre le feu et la circulation a été perturbée. La pagaille a duré plus de deux heures, conséquence directe des violences de la Ertzaintza.

Images de la manifestation :

http://picasaweb.google.com/askartelak/Gatza28UrteEspetxean

 

Vidéo : http://fr.youtube.com/watch?v=nPkg67UzqnU

 

 

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Madrid veut accélerer les illégalisations de EAE-ANV et d’EHAK

 




L’illégalisation de l’ANV se poursuit en Hego Euskal Herria

Le groupe municipal d’ANV a été dissous à Irun, où le PSOE a retiré le budget de fonctionnement de l’ANV. Le élus du PSOE et du PP ont voté pour, et le PNV et IU ont eu l’immense courage de s’abstenir. Les trois élus ekintzale n’auront plus que la possibilité d’agir comme conseillers municipaux à titre individuel.
Le groupe municipal de la gauche abertzale ne pourra plus bénéficier non plus d’un service de secrétariat et les trois élus ne pourront plus voter lors de commissions municipales. En résumé, on permet aux trois conseillers municipaux ekintzale d’assister et d’avoir une opinion, mais sans pouvoir voter.

A Iruña, la maire à supprimé le bureau de l’ANV à la mairie, et retiré aux élus les représentations municipales, l’accès à la salle de presse, le groupe parlementaire et le courrier électronique municipal.

Le PNV poursuit de son côté sa campagne de motions « éthiques » qui consistaient à faire rallier dans les mairies l’ANV à leur position sur la violence. Elle n’a pas eu grand succès jusqu’à présent.
Les 16 magistrats de la chambre 61 du Tribunal Suprême espagnol veulent accélérer les illégalisations des partis EAE-ANV et EHAK. Les magistrats ont habilités tous les samedis, dimanches et les jours fériés des mois de juillet et août dans le but d'activer cette illégalisation.
La chambre va se prononcer sur cette question au plus tard le 16 septembre.

Plus de 30 indépendantistes ont été convoqués par le juge Garzon pour le mois de septembre prochain en tant qu'accusés dans l'affaire en cours contre EHAK.

 

 

 

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Ecoutes du journal GARA

 


Une nouvelle affaire d’espionnage a été découverte. Il s’agit du siège navarrais du quotidien basque Gara, à Iruña (Pampelune), qui avait été mis sur écoutes téléphoniques, écoutes qui conduisent directement à la Direction supérieure de la police nationale. Le journal a porté plainte contre l'entreprise de télécommunication Telefonica et la Police nationale espagnole. Le gouvernement Zapatero affirme n’avoir aucune responsabilité dans le système d’écoute découvert.


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Consultation d’Ibarretxe

La consultation du lehendakari de la CAB Juan Jose Ibarretxe, qui porte sur l’avenir d’Euskadi, n’aura donc pas lieu dans la Communauté autonome basque le 25 octobre prochain. Le gouvernement espagnol avait en effet saisi le tribunal constitutionnel contre la consultation, et celui-ci la jugeant anticonstitutionnelle, l’a suspendu pour cinq mois, jusqu’à la fin de la procédure. Le président du PNV, toujours prêt à revendiquer sa soumission à l’Etat espagnol, Iñigo Urkullu, a assuré que sa formation allait respecter cette décision. «Même si cela nous déplaît, nous allons obéir car nous faisons parti du système»

Le gouvernement basque va cependant présenter sa défense auprès du Tribunal Constitutionnel.

Pour EHAK, qui avait donné une voie en faveur de la consultation au parlement basque, l’Etat espagnol a laissé là en évidence son visage le plus fasciste. Pour le groupe parlementaire abertzale, il faut dépasser les limites de la Constitution espagnole, pour que la parole du peuple basque soit respectée.

 

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Bientôt commencent les Jeux Olympiques en Chine. Nombreux sont ce qui dénoncent, et à juste titre, les violations permanentes des droits de l’homme dans ce pays. Bon nombre de pays occidentaux dit « démocratiques », se permettent de faire à Pékin la leçon en matière de respect des droits de l’homme. Or, tout ce qui est écrit dans cet article se passe aussi dans un Etat occidental considéré comme « démocratique ». Mais dans quel genre de démocratie voit-on de tels choses ?

Pensez-y, et dites vous que ça se passe près de chez vous, au cœur de l’Occident démocratique et civilisé…

 

DEMOKRAZIA EUSKAL HERRIARENTZAT 

 

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