Criminalisation des indépendantistes basques : suite

Publié le par Ekintza


Condamnation des membres d'Amnistiaren Aldeko Mugimendua (Mouvement pour l'Amnistie) : Sentence illéGALe

Mercredi, l'Audiencia Nacional a prononcé la sentence dans le procès contre les 27 membres d'Askatasuna et d'Amnistiaren Aldeko Batzordeak (Gestoras pro Amnistia).
21 membres ont été comdamnés. Ixone Urzelai, Juan Antonio Madariaga, Julen Arzuaga, Jorge Luis Arredondo, Maite Mendez et Mitxel Sarasketa ont eux été acquittés.
Juan Mari Olano , Julen Zelarainet Aitor Jugo ont été condamné à 10 ans de prison, accusés d'être à la direction des deux mouvements, donc d'organisations terroristes. Les autres ont été condamnés à des peines de
8 ans de prison. 13 ont été incarcéré sans conditions. 8 autres ont été laissés en liberté provisoire, et devront signer deux fois par semaine

Les deux organisations, suspendues depuis 2001, ont été complètement illégalisés.

La juge Palacios a affirmé que "ETA n'est pas uniquement une fraction armée, mais il représente un front politique", qui fixe "les objectifs stratégiques". D'après elle, Askatasuna et Gestoras pro amnistia pointent du doigt publiquement les cibles du groupe armé. Ainsi, "ils font partie du projet politique de l'ETA. »

Les jugés avaient reconnu en début de procès être membres d'Amnistiaren Aldeko Mugimendua, et ont ensuite gardé le silence, refusant de se défendre, considérant que la sentence était écrite à l'avance.

Aussitôt la sentence connue, le Mouvement pour l'amnistie, a assuré qu'il poursuivra son travail de dénonciation de la répression et en faveur de la solidarité avec les prisonniers basques.

Les rassemblements de soutien et de protestation ont été extrêmement nombreux et on rassemblés des centaines de citoyens.

Le conseiller de Justice du Gouvernement autonome de Gasteiz, Joseba Azkarraga, a considéré que "si l'on appliquait correctement la loi des partis (sur laquelle repose la sentence), le PSOE devrait aussi être interdit, car elle avait créé et n'a jamais condamné le GAL". Dimanche 14 septembre, la Ertzaintza, la police du Gouvernement de Gasteiz, réprimait violemment la manifestation en faveur des prisonniers.

 


Illégalisations des partis Eusko Abertzale Ekintza-ANV et Euskal Herrialdeetako Alderdi Komunista (EHAK)

La décision d'illégalisation d'EAE-ANV a été prise à l'unanimité mardi 16 septembre dans la chambre spéciale n°61 du Tribunal suprême espagnol, au bout d'un jour à peine de « délibérations ». Le parti indépendantiste historique, qui approche des 80 ans, et qui a survécu à la guerre civile et au franquisme, n'aura finalement pas survécu à la démocratie espagnole.
L'illégalisation implique la liquidation et la mise à disposition de tous les biens et effets du parti politique. Les groupes municipaux seront dissous, et les conseillers municipaux d'EAE, qui en compte des centaines, ne pourront plus qu'agir individuellement,
La décision du tribunal s'appuie sur la loi des partis politiques de l'État espagnol, approuvée en 2002, qui permet d'interdire les formations politiques qui ne condamnent pas explicitement une certaine forme de violence. L'activité du parti politique EAE-ANV avait déjà été suspendue le huit février pour trois ans par le juge de l'Audience Nationale espagnole, Baltasar Garzon, qui de ce fait avait empêché ce parti de se présenter aux élections législatives de mars.

L'élue indépendantiste Arantza Urkaregi, a dénoncé que la mise hors-la-loi d'EAE-ANV était «une décision politique qui était prise d'avance». Elle a voulu rappeler que la gauche abertzale a déjà indiqué qu' «au-dessus des illégalisations et de tout autre difficultés», elle poursuivrait «son travail politique» en soutien de «la construction politique et sociale du Pays Basque». Selon l'élue, cette décision «constitue un autre signe de l'état d'exception» et a insisté que «c'était une preuve claire que la démocratie n'existait pas dans l'État espagnol». Les autres partis abertzale ont tous condamné cette décision.

Et le jeudi 18 septembre, c'est EHAK qui a été déclaré hors la loi-fasciste -espagnole, ce qui était tenu pour sûr, par la Cour suprême, à l'unanimité. EHAK avait obtenu neuf des 75 sièges, soit 12 %, au parlement du gouvernement de Gasteiz en 2005.

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Trois militants abertzale du Pays Basque Nord refusent de se rendre à la convocation de Baltasar Garzon

Deux militants de Batasuna, Zigor Goiaskoetxea et Jon Goio, ont été convoqués à l'Audience Nationale de Madrid par le juge de ce tribunal d'exception, Balatasar Garzon dans le cadre de l'affaire lié à EHAK. La convocation de Xarlo Etxezaharreta est liée à l'affaire d'Udalbiltza (l'assemblée des élus du Pays Basque) et sera également traitée par ce même juge. Il leur est reproché de percevoir de l'argent du parti EHAK, et leurs comptes ont été bloqués, comme d'autres membres de Batasuna. Depuis le 17 septembre, il rompt avec l'obligation de signer toutes les semaines au commissariat d'Irun. Ils font l'objet d'un mandat d'arrêt européen depuis leur désobéissance. Depuis le 17 septembre, Xarlo Etxezaharreta rompt avec l'obligation de signer toutes les semaines au commissariat d'Irun. Les organismes auxquels ils appartiennent sont interdits, mais individuellement, on ne leur reproche aucun délit. Le seul délit qu'il ait commis est celui d'appartenir à Udalbiltza.

Zigor Goiaskoetxea, a déclaré qu'ils refusaient « de collaborer avec ce tribunal d'exception car celui-ci ne peut en aucune façon juger notre activité politique» et il a rajouté que «ce même tribunal permettait la pratique de la torture en protégeant ceux qui l'appliquaient». Il a insisté sur le fait que l'ensemble du Pays Basque vivait dans un état d'exception et a mentionné qu'avec ce procès, c'était l'activité politique de la gauche abertzale dans son ensemble qui était mis en jeu. «Leur objectif est de neutraliser les militants de la gauche abertzale».
Rappelons que depuis le mois d'avril dernier, plusieurs comptes bancaires ont été bloqués sur ordre de la juge Le Vert à la demande de son homologue espagnol Garzon, et qu'aucune explication officielle n'est encore apparue.

 


Le procès contre Euskal Herriko Laborantza Ganbara reporté à janvier

Le président d'Euskal Herriko Laborantza Ganbara, Mixel Berhokoirigoin, s'est rendu au Tribunal correctionnel de Baiona jeudi. Toutes les parties se sont mises d'accord pour reporter le procès. Le procès qui met en cause le nom et la mission de cette association se poursuivra le 29 janvier, à la même heure. La Chambre d'agriculture de Pau va se constituer en partie civile, alors que jusqu'à présent elle se rangeait derrière l'Etat. Ce délai permettra à Laborantza Ganbara de bien préparer sa défense. Elle va utiliser le temps qui lui reste pour élargir son soutien.

Selon Mixel Berhokoirigoin, les enquêteurs s'attardent sur le nom et l'objet de l'association, argumentant qu'ils portent à confusion avec la Chambre d'agriculture de Pau. «C'est l'objection qu'on nous présente lors qu'on demande des subventions, ou que l'on dépose des dossiers de financement», «Mais ce qui leur gène c'est la place que nous sommes en train de prendre».

Le président de Laborantza ganbara a relevé que l'association touche des personnes de différente sensibilité politique, de secteur et d'horizons différents. Près de 300 personnes étaient venues le soutenir à l'extérieur.
Parmi les personnes présentes des habitants de l'intérieur comme de la côte, des représentants politiques ou syndicaux , de même que de simples citoyens. Sylviane Alaux et Kotte Ecenarro ont représenté le parti socialiste, Jean Lissar Les Verts, Michel Larralde la CFDT, de nombreux représentants également des partis abertzale tels que Eusko Alkartasuna, Batasuna et Abertzaleen Batasuna, des syndicats abertzale EHNE et LAB, et enfin, les représentants de la fondation Robles Arangiz.

 

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