Polémique sur les tirs tendus de Bastia ; casseurs contre gardiens de la paix ?

Publié le par Ghjuvà

 

 

 

En affirmant qu’il n’y a pas eu de tirs tendus lors des dernières manifestations, Michelle Alliot Marie se couvre une fois de plus de ridicule. L’ère informatique offre ceci d’intéressant, c’est que les images circulent à une vitesse considérable si bien qu’il est très difficile pour les tenants du système de désinformer en toute impunité. Dès le lendemain du drame qui a failli coûté la vie au jeune Xavier Orsini, une vidéo montrant des tirs tendus circulait  sur internet (elle illustrait notre article « Manifestation de soutien à Yvan Colonna, un jeune de 14 ans dans le coma » ).

Une nouvelle vidéo circule, sur les tirs tendus de samedi cette fois ci (voir ci-dessus).On y voit clairement un CRS tirer sur un manifestant, puis, se retourner fièrement vers ses collègues, le sourire aux lèvres.

 

Voici maintenant que Gilles Leclair, responsable de la sécurité en Corse, vole au secours de sa ministre. Les tirs tendus, encore inimaginable et techniquement irréalisable hier, deviennent possible aujourd’hui, mais attention, seulement en changeant la nature du projectile ! En effet les tirs tendus de grenade lacrymogène étant potentiellement mortels, les gentils CRS les remplaceraient par des balles en caoutchouc non létal. Demain apprendrons nous qu’il s’agissait en faite d’une bataille de polochon ?

Au lieu de reconnaître les faits et faire son mea culpa, les représentant de l’état s’enlisent dans des explications pour le moins scabreuses.

 

A travers cette polémique absurde, MAM et Leclair entendent nier les bavures policières de lundi.

Multipliant les déclarations mensongères lors de sa visite en Corse, MAM a également eut un comportement irresponsable. Que penser de l’attitude d’un ministre d’état qui visite des CRS blessés omettant volontairement de rendre visite à un enfant de 14 ans blessé par ces mêmes hommes ?(et pourtant hospitalisé dans le même service).

Cela ne va pas dans le sens d’un apaisement.

 

Les clanistes, en bons valets dociles se contentent de suivre le chemin montré par leur maître, ainsi les communiqués condamnant la « barbarie » des jeunes révoltés corses pleuvent.

Le silence assourdissant est total sur les tirs tendus et les violences policières de lundi.

 

 

Un piège politique ?

 

La répression française est habile, d’un coté elle libère un flot de désinformation de l’autre elle jette ses forces de répression dans l’arène, leur demandant de ne pas bouger, n’ignorant nullement la suite logique de ce petit jeu. Puis elle condamne le brasier qu’elle vient d’allumer tout en soufflant sur les braises encore incandescentes.

Dans les prochains jours, s’appuyant sur le lourd bilan gonflé de cette guérilla urbaine, elle déchaînera sa violence répressive.

 

Il y a un avantage certain dans le fait de ne point procéder à des interpellations immédiates ; désormais tout le monde est un coupable potentiel ! Sur la base de photos de jeunes encagoulés, je fais entièrement confiance à l’imagination des forces de répression pour voir quelques éléments gênants derrières les masques.

 

Politiquement le but me semble clair, isoler les indépendantistes après le succès populaire de ces manifestations en les faisant passer pour des faiseurs de guerre. Cette présence policière massive à la préfecture  ressemble bien à un piège politique.

 

Casseurs contre anges gardiens de la paix ?

 

MAM accuse le pole indépendantiste de manipuler la jeunesse, de s’en servir à son compte.

Mais un jeune est il forcement un pantin? Je me souviens que dans les année 70, ce sont des étudiants d’une vingtaine d’année qui on crée le FLNC. Mettre en place une telle structure demandait un sérieux engagement politique, allant bien au-delà d’un quelconque enthousiasme juvénile.

Samedi, seul des cibles politiques ont été pris pour cibles, cela relève d’une certaine conscience politique. Il n’y avait pas de casseur à l’œuvre ce jour là.

 

 

Rien de choquant dans le choix des cibles, ce qui est un peu plus interloquant, c’est la vision de certains enfants, trop jeunes et qui n’avait rien a faire là. Choquant également certains tags barbouzes imbéciles qui ne font que desservir notre lutte et ne sont de toute façon pas à son image (Erignac= Salope, Les français dans les fours, Vive la violence). Choquant également l’agression d’un journaliste pourtant identifié; Enrico Porsia(pris pour un policier dans un premier temp). Ces faits, en marge de la manifestation encadrée, sont l’oeuvre de quelques individus manquant cruellement de réflexion politique.

 

Certes rien de bien nouveau au lendemain de cette guérilla urbaine, pourtant, ce jour restera gravé dans le marbre de l’histoire. Le vent de l’histoire balayera les polémiques stériles et les condamnations de principe, il portera de son souffle le souvenir d’un peuple qui a dit non durant plusieurs jours à l’emprisonnement injuste des siens, non à l’assassinat de ses enfants.

 

L’histoire se souviendra que ce jour là, notre jeunesse a poussé un cri de colère, d’indignation. Symptôme d’un cancer qui ronge notre pays depuis bien trop d’année.

 

Pour conclure, je vous laisse méditer sur une citation de Bertolt Brecht qui disait ceci ; On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent.

 

Réagir sur la manifestation de samedi ici,sur les tirs tendus ici

 

Source photos : U ribombu

 



Publié dans Corsica

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