Alain Berastegi enlevé et torturé pendant sept heures, la guerre sale se poursuit en Pays Basque

Publié le par FPL

Askatasuna Baiona
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Le jeune Alain Berastegi d'Arbizu (Navarre) a été enlevé et torturé pendant 7 heures par des personnes qu'il croit être des policiers. Le 17 juillet dernier, des personnes armées l'ont enlevé aux environs d'Irunberri (Navarre) et l'ont emmené dans un bois.

Au moins quinze personnes ont pris part à cette opération, toutes armées et cagoulées. L'enlèvement a duré 7 heures, durant lesquelles ce jeune a été frappé, torturé et menacé. Ils lui ont mis un sac sur la tête pour qu'il étouffe. Ils lui ont fait des offres de collaboration et lui ont aussi proposé de l'argent. Alain est un ancien prisonnier politique basque et un militant de la gauche abertzale.

Une personne qui s'est présentée comme le responsable de l'opération a interrogé Alain à visage découvert. Il lui a dit que la police avait des éléments contre lui et lui a montré un dossier, lui disant qu'ils y donneraient suite s'il ne collaborait pas.

Après environ 7 heures, Alain a été remis en liberté, après qu'ils lui aient donné un rendez-vous. Il a porté plainte et a donné une conférence de presse quelque jours plus tard demain.

CONTEXTE REPRESSIF EN EUSKAL HERRIA

Les Etats français et espagnol ont fait le pari de la répression et du harcèlement, et continuent de plus belle dans cette voie, changeant sans cesse les lois dans leur intérêt politique et n'hésitant pas à les violer quand cela leur convient.

Dans ce cas, qui concerne l'Etat espagnol, voici un rappel de la situation
actuelle:

La torture est utilisée systématiquement dans les commissariats et casernes espagnols. 62 citoyens basques ont été torturés l'année dernière et 9 plaintes ont été déposées cette année.
7 prisonniers politiques basques sont en train de mourir de maladies incurables derrière les barreaux.
Un proche de prisonnier est tué tous les quinze mois sur les routes des visites en raison de la dispersion.
Le harcèlement policier ne cesse de s'amplifier. Des personnes ont été arrêtées et frappées simplement pour avoir demandé « Où est Jon? » ou emmenées au commissariat, déshabillées et humilées pour avoir porté sur elles un autocollant avec des photos de prisonniers.
Des personnes sont raflées, incarcérées et parfois lourdement condamnées en raison de leur militance politique.
Des personnes sont suivies et harcelées pour avoir montré leur soutien aux prisonniers politiques basques.
Des partis politiques et des organisations sociales sont interdits, des médias sont fermés.
Des centaines de personnes ont du fuir leur pays par peur de la torture et de la prison. Ces dernières semaines, deux réfugiés politiques basques sont morts loins de chez eux.

De plus, la plupart des médias français et espagnols travaillent dans la même logique répressive, passant sous silence de graves agressions et atteintes aux droits essentiels et plaçant toute nouvelle qu'ils diffusent sous le prisme déformant du « terrorisme ». De même, la plupart des partis politiques regardent ailleurs, renforçant l'impunité des Etats par leur absence de réaction.

Le cas d'Alain n'est pas isolé. D'autres personnes ont témoigné ces derniers mois d'histoires similaires.

CHRONOLOGIE DES ENLÈVEMENTS


Alberto Lopez:

Il a été arrêté le 27 août 2008 à Iruña (Pampelune – Navarre) par des gardes civils. Ces derniers ont provoqué un accident pour l'arrêter et Alberto a été blessé. Il a été retenu et torturé sauvagement pendant 5 jours. Ils n'ont pas diffusé la nouvelle de son arrestation et personne n'a su où il était pendant ces cinq jours jusqu'à son transfert à l'Audience Nationale de Madrid.

Une partie de son témoignage:

« Ils me mettaient un sac sur la tête jusqu'à ce que j'étouffe, ils ne me laissaient pas respirer. Tout d'un coup, ils m'ont jeté deux seaux d'eau glacée, je suis resté trempé. Ils m'ont laissé comme ça. Ils m'ont serré les testicules me provoquant une douleur abominable ».

Juan Mari Mujika:

Il a été enlevé le 11 décembre 2008 à Donapaleu (St Palais – Basse-Navarre). Alors qu'il venait de faire ses courses, trois hommes se sont approchés de lui en se présentant comme des policiers français et en lui disant qu'ils devaient l'interroger. Après être entré dans la voiture, il s'est aperçu que ces hommes étaient espagnols. Ils l'ont emmené au bord d'un lac isolé, l'ont fait entrer dans une cabane et l'y ont retenu deux heures. Ils l'ont menacé et ont exercé des pressions sur lui pour qu'il collabore avec eux.

Une partie de son témoignage:

« Ils m'ont dit qu'il y a vingt ans ils m'auraient tiré une balle dans la tête, mais qu'aujourd'hui ils préféraient me faire souffrir plus longtemps ».

Lander Fernandez:

Le 19 mai 2009, quatre policiers en civil qui se sont présentés comme des ertzainak (police autonomique basque) l'ont enlevé à Bilbo. Ils l'ont mis de force dans une voiture et l'ont emmené dans un endroit isolé où ils l'ont menacé et soumis à des pressions pour qu'il collabore avec eux. Il a porté plainte. Il a été arrêté peu de temps après, puis remis en liberté contre une caution de 40.000 euros.

Une partie de son témoignage:

« Ceux qui m'ont enlevé et frappé m'ont demandé de collaborer avec la Ertzaintza ».

Tous ces enlèvements présentent de nombreux points similaires. Il y a toujours l'offre de collaboration avec les forces répressives, les pressions et les menaces. Ils veulent des informations sur le mouvement indépendantiste et sont prêts pour cela à user de toutes les méthodes barbares au mépris de leurs propres lois.

Ces évènements se sont déroulés dans l'année qui vient de passer et ont fait l'objet de plaintes officilelles et de dénonciations publiques. Mais ils font forcèment penser à un autre cas, celui de l'ancien prisonnier politique basque Jon Anza dont nous sommes maintenant sans nouvelle depuis plus de trois mois. Il a disparu le 18 avril dernier après être monté dans le train de Bayonne pour Toulouse.

OÙ EST JON? QU'AVEZ-VOUS FAIT DE JON?

Cela fait trois mois que cette question apparaît partout en Euskal Herria.
Plus le temps passe et plus l'ombre politique qu'il y a dérrière cette disparition est évidente. Plus le temps passe et plus les craintes de terrorisme d'Etat et de guerre sale se précisent. Les enlèvements qui ont été ainsi dénoncés donnent eux aussi une nouvelle lumière à cet événement.
Jon a disparu en conséquence de la guerre sale (à nouveau) mise en place par le PSOE et partagée et protégée par les autorités françaises. Plus le temps passe et plus l'espoir de le retrouver vivant s'amenuise et disparaît. Aujourd'hui, au XXIème siècle, la disparition de Jon est le visage le plus cruel de la guerre sale et du terrorisme d'Etat.

DENONCIATION, SOUTIEN, MOBILSATIONS:

Askatasuna et le Mouvement pour l'Amnistie expriment leur entier soutien à Alain Berastegi et soulignent l'importance de ces dénonciations. Nous appelons tous ceux qui se sont trouvés dans de telles situations ou qui ont été victimes d'autres sortes de pressions ou de violences policières à entrer en contact avec nous.

De plus, nous appelons tous les citoyens basques à montrer leur soutien et leur solidarité à ceux qui se retrouvent dans de telles situations.

Cette répression est extrêmement dure et entraîne de lourdes souffrances, mais elle a ses limites. Limites qui ont toujours empêché ce peuple et ses revendications de disparaître et qui sont la solidarité et la lutte. Nous appelons chacun et tous les acteurs politiques et sociaux à se mobiliser et à faire leur travail d'interpellation jusqu'à mettre fin à la situation d'exception que vit Euskal Herria.


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Le 27 juillet, des inconnus ont coupé la route nationale reliant Arbizu à Etxarri en Nafarroa avec une barricade au niveau d'Arbizu, et ont attaqué une patrouille de police avec des cocktails molotov. Pour dénoncer selon le communiqué, la guerre sale que mènent le PSOE et l'UMP et leurs txakur contre les citoyens basques, entre autres Alain Berastegi et Jon Anza. Ils veulent leur dire clairement qu'aucune attaque ne nous arrêtera et qu'ils y répondront durement.

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