La police espagnole aurait enterré Jon Anza

Publié le par FPL




Dans son édition de vendredi, le quotidien Gara informe que selon des sources fiables, Jon Anza aurait été intercepté dans le train qu'il prit à Bayonne le 18 avril pour se rendre à Toulouse. Il aurait été intercepté par des agents d'un service policier espagnol. Jon Anza avait rendez-vous ce jour-là avec des membres de l'ETA. Après l'avoir fait descendre du train, le militant basque, quasi aveugle et en très mauvais état de santé, aurait été séquestré et soumis à un interrogatoires illégal, au cours duquel il serait mort. Ces mêmes sources assurent que le corps de Jon Anza a été enterré sur le territoire français. Elles ignorent si les policiers espagnols ont pu compter sur la connivence ou la collaboration des autorités ou de la police française. Et Gara de rappeler les déclarations du dirigeant du PNB Joseba Egibar qui au mois d'août apostrophait le ministre de l'Intérieur espagnol en ces termes : «Il serait bon que Rubalcaba explique si la police espagnole a arrêté Jon Anza sur le territoire français.» Interrogé par notre journal le 20 septembre dernier, Joseba Egibar réitérait sa question : «Je pose donc directement la question aux forces de sécurité espagnoles : Avez-vous arrêté ou retenu Jon Anza en territoire français?». Lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur espagnol Alfredo Rubalcaba avait déclaré qu'il était évident que les forces de sécurité espagnoles «n'étaient pour rien dans cette disparition. C'est plus un problème d'ETA et c'est ce que nous a fait savoir la propre ETA. Finalement il y a des hypothèses faciles à imaginer. Mais rien à voir avec les forces de sécurité espagnoles.» Hier, suite à cet article paru dans Gara, nous avons joint par téléphone la procureur du Tribunal de Bayonne Anne Kayanakis, en lui demandant s'il était possible que les services policiers ou secrets français ne soient pas au courant, si un tel événement intervenait sur le territoire français.

Anne Kayanakis nous a déclaré «avoir toute confiance aux services de police judiciaire et en leur loyauté. Je n'accorde aucun crédit à ce type d'allégations, tel que le principe de la caution silencieuse. A plus forte raison, une collaboration. Ce que je peux dire, c'est que nous sommes à la disposition de cette source. Le Parquet et le procureur adjoint sont totalement disponibles pour recueillir tout élément et pistes permettant d'élucider cette affaire que nous traitons sans complexes. Concrètement, le service d'enquête va essayer de se rapprocher du journal. Par ailleurs, je vais faire communiquer nos lignes téléphoniques à l'avocate de la famille de Jon Anza. Si la source en question souhaite ne pas s'exposer, il y a plusieurs moyens de faire parvenir l'information.»

Quant à la résurgence de la guerre sale, la procureur répond «que cela est du périphérique. Nous cherchons la vérité, elle n'a pas d'odeur et je n'ai pas de cible en particulier. En conclusion, nous ne prenons pas pour argent comptant cette information, mais nous la traitons.»

Quelques heures plus tard, le procureur adjoint Mr Marc Mariée donnait une conférence de presse au Parquet de Bayonne (voir encadré). A l'heure du bouclage de notre édition, une manifestation prévue avant la publication de l'article de Gara devait avoir lieu à la Gare du Midi de Biarritz. Par ailleurs, la famille et les amis de Jon Anza ainsi que son avocate devaient organiser une conférence de presse aujourd'hui devant la maison de la culture d'Hernani, afin d'apporter leur analyse suite à l'article du quotidien Gara. Ces derniers mois, plusieurs militants basques ont dénoncé des enlèvements temporaires perpétrés, selon leurs déclarations, par des services policiers.

"Etablir la vérité"

C'est dans son bureau au Tribunal de Bayonne, bondé par la présence de nombreux journalistes, que le procureur adjoint Marc Mariée a réalisé une déclaration vendredi, suite à la parution de l'article dans le quotidien Gara : «Depuis le 18 mai, le Parquet de Bayonne est saisi d'une plainte. Tous les moyens d'investigation ont été mis en oeuvre pour tenter de retrouver Jon Anza. A ce jour,les recherches sont restées infructueuses.

Ce matin, Gara a donné une explication qui mettrait en cause des policiers espagnols. Rien ne nous permet de confirmer ou d'infirmer cette thèse. Nous sommes preneurs de toute information qui ferait avancer l'enquête. Si certaines personnes disposent d'informations, nous exploiterons les éléments reçus et nous les vérifierons. Il faut être prudent, il s'agit d'un article de presse et nous devons avancer avec des éléments stables. Notre unique priorité est d'établir la vérité et nous sommes, Anne Kayanakis et moi, à la disposition de ceux qui détiennent des informations.

Notre objectif est d'élucider cette disparition inquiétante, selon le terme juridique approprié».

Béatrice MOLLE
Le Journal du Pays Basque 03/10/2009
EZ AHANZTERIK EZ BARKAMENIK

NI OUBLI NI PARDON

Publié dans Euskal Herria

Commenter cet article