A Pau, la maire rechigne à employer l'occitan dans la ville

Publié le par FPL

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La signalisation bilingue : la revendication est vieille en Occitanie et malgré une vague de renouveau de l'occitanisme ces dernières années, rares sont les communes qui osent s'y frotter. En Provence, Languedoc ou Gascogne, de plus en plus de maires choisissent de faire apparaître le nom de leur ville en occitan aux entrées de la communes, mais rares sont ceux qui utilisent la langue dans les panneaux de signalisation. Et ce même quand la demande et l'opportunité sont au rendez-vous. La ville de Pau dans les Pyrénées-Atlantiques est un bon exemple pour illustrer cette situation. La capitale du Béarn et ses environs foisonnent d'associations et d'événements en tout genre en occitan, ou dédiés à la culture occitane. Au mois de mai 2010, la mairie a annoncé que la signalétique du centre ville allait être réorganisée en profondeur.

L'occasion rêvée pour tout ceux qui demandent depuis plus de 30 ans la présence de l'occitan dans les rues de la ville. Ainsi des associations, quelques élus, un mouvement politique occitan (Libertat), ont contacté la maire de Pau pour lui demander de tenir ses engagements pris pendant la campagne électorale de 2008, c'est à dire participer à développer la langue dans tous les domaines de la vie quotidienne. En guise de réponse, un mépris et une ignorance qui pourrait en choquer plus d'un si l'on ne constatait pas régulièrement chez les élus des attitudes jacobines de ce type.

Contre cette position qui vise à dénigrer l'occitan et à faire du français la seule langue visible, la mobilisation se construit petit à petit. La députée-maire Martine Lignière Cassou sera interpellé le 10 juin prochain à l'occasion du conseil municipal. Un argumentaire est déjà développé pour mettre à mal les préjugés qui demeurent autour de ce projet de bilinguisme : il n'augmente le budget que de 5% quand il est mis en place en même temps qu'on change les panneaux et il n'est absolument pas dangereux pour la circulation (on ne constate pas un taux d'accident plus important au Pays Basque ni même à Bayonne ou la signalétique est trilingue - français, basque, occitan).

Si l'occitan a du mal à se faire une place sur les panneaux de signalisation, c'est parce que cela suppose une prise de conscience un peu plus profonde. Il ne s'agit plus de financer des actions symboliques pour la langue mais de faire de l'occitan une langue d'utilisation pratique et concrète, une réadaptation pédagogique qui puisse déboucher sur une véritable re-socialisation. C'est là tout l'enjeu de la politique linguistique en Occitanie.

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