A propos du "processus démocratique"

Publié le par FPL

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ETA dépose les armes


2010 février 20

(source : http://www.kimetz.org/albistea/euskalherria/eta-entrega-las-armas 18/02/2010 par Eneko Serain, traduction Futur Rouge)


Le Mouvement de Libération Nationale Basque en conclusion d’un débat interne. Le changement de stratégie tend vers un nouvel horizon qui prétend atteindre : «l’objectif de cette phase politique est de parvenir à un cadre démocratique qui offre des bases suffisantes pour réaliser le chemin vers la constitution d’un Etat basque. » De l’Etat socialiste que nous lisions par le passé il n’en reste que le souvenir. Il est évident que cette orientation idéologique à d’autres objectifs politiques qui ne sont pas le pouvoir populaire. Il est appelé a agir par des moyens exclusivement politiques. Est-ce que cette politique se fait en marge et contre les institutions ou en les intégrant ? Ce mouvement semble brimbaler de droite à gauche. Parfois avec des tons militaristes et d’autres fois avec des positions boiteuses et pactistes. Avec les lois réactionnaires spécifiques pour Euskal Herria, la torture, les disparus, la crise qui détruit nos pays et les prisons pleines, ils [la gauche abertzale ndlr] ont récemment décidé de faire une politique de réconciliation nationale. Ce document me fait penser aux paroles du Partido Comunista de España après la dictature.

La nécessité d’unir les forces progressistes et démocrates et l’une des maximes de ce document. Je n’ai jamais su ce que cela signifiait exactement que d’être un démocrate, sous ce drapeau on a tué par centaine dans le monde entier. Aujourd’hui même les démocrates travaillent en Afghanistan et en Irak pour imposer ce type d’idées. Celles-ci ils les appellent démocratie mais il s’agit réellement d’autre chose. C’est la forme politique des exploiteurs. Un théâtre dans lequel ils se répartissent les bénéfices qu’ils volent au peuple. La démocratie populaire se construit avec les masses, non avec les parlements. Le parlement est un autre front de lutte, ce n’est pas le seul chemin contrairement à ce qui est dit aujourd’hui.

C’est pour cela que ça ne m’étonne pas de voir un appel à la « communauté internationale » pour qu’elle accompagne ce processus. Il paraît que l’œil du maître fait grossir le bétail. Sur ces terres, sur celle du maître, ils veulent construire leur maisonnette. “En Europe se sont constitués des Etats et dans différents lieux se débat est pleinement ouvert. L’option de créer de nouveaux Etats est une option réelle s’il existe la capacité d’articuler des majorités démocratiques solides ”. Un des courants politiques ayant le plus de poids et de traditions au Pays Basque, avec une histoire de combat, avance vers l’unité avec l’Europe, en se basant su les principes réactionnaires d’un sénateur yankee, le sénateur Mitchell. Il est décevant de lire ces paroles. Avec la misère dont le monde souffre, il n’existe pas d’autre alternative que la lutte. Ils suivent l’exemple irlandais. La fatigue d’années de militantisme exige dans certains moments une réflexion profonde sur la raison de l’absence de victoires. Il peut être nécessaire de réactiver des fronts ou d’abandonner des pratiques qui n’offrent pas de résultats, mais sans jamais céder ou passer dans le camp ennemi.

Si la lutte pour l’indépendance du Peuple Basque n’a pas de contenu socialiste, elle restera à la merci des Etats Européens. Ils en marqueront le rythme et le contenu. Et pour le peuple il ne restera que des mirages, comme confondre le vote avec la victoire.


Le JPB
Pays Basque

La gauche abertzale explique le texte

23/02/2010

Giuliano CAVATERRA

Une semaine après qu'ait été rendu public un document de synthèse issu du débat interne de la gauche abertzale, des militants de celle-ci ont donné des interviews pour d'une part donner des «explications de texte» et d'autre part évaluer les réactions à celui-ci.

L'entrevue ayant eu le plus grand retentissement est celle accordée par Rufi Etxeberria à nos confrères de Berria.

Dans celle-ci le dirigeant indépendantiste affirme «nous disons que sans aucune violence, cela veut dire, sans activité armée d'ETA, mais de la même façon sans violences ni ingérence de l'Etat» répondant ainsi à ceux qui avaient critiqué le texte zutik Euskal Herria pour ne pas faire mention expresse de l'organisationarmée basque. Des extraits de cette interview relayés par les agences de presse ont donc fait le tour du monde puisque repris par une partie de la presse internationale (du New York Times à l'agence de presse russe Tass en passant par le quotidien turc Hürryet et le Vénézuélien El Universal).

Le dirigeant indépendantiste, a également rappelé qu'ETA avait dans son ultime communiqué affirmé qu'elle faisait «siennes les paroles et décisions de la gauche abertzale». Fait rappelé aussi par Txelui Moreno dans Noticias de Navarra et Tasio Erkizia dans Deia.

Les dirigeants indépendantistes se sont montrés satisfaits des réactions du parti abertzale EA et du syndicat ELA aux principes énoncés dans zutik Euskal Herria et ont attribué les réactions négatives du Psoe et du PP à la «peur de la confrontation politique».

Lopez et Ibarretxe réagissent

Le Lehendakari en fonction, Patxi Lopez, a réagi pour la première fois dimanche au texte rendu public par la gauche indépendantiste. Participant à un hommage à Fernando Buesa, dirigeant socialiste tué par ETA il y a dix ans, le président de la Communauté Autonome Basque (CAB) a déclaré que les membres de la gaucheindépendantiste «étaient incapables de faire le pas définitif de rejeter la violence».

Le président de son parti (Psoe) dans la CAB a quant à lui affirmé que «d'ici deux ans» la gauche indépendantiste pourrait faire ce pas.

Le prédécesseur de Patxi Lopez, J.J Ibarretxe, est lui aussi sorti de son silence par le biais d'une tribune publiée hier. Dans celle-ci il regrette que la gauche abertzale ait «perdu dix ans» en référence aux accords de Lizarra Garazi et au pacte alors conclu entre son gouvernement et le groupe parlementaire d'Euskal Herritarrok. Il a toutefois affirmé ne pas voir d'un mauvais oeil le texte en question. Dans son parti, le PNV, les voix sont aussi discordantes puisque le président du parti I. Urkullu s'est montré sceptique alors que le leader du parti en Gipuzkoa et porte-parole a quant à lui déclaré que la gauche abertzale «a fait un pari définitivement politique et démocratique».

Enfin, Oskar Matute porte parole d'Alternatiba, scission de Ezker Batua, a affirmé que sa formation voyait «d'un bon oeil la proposition de la gauche abertzale».


Pays Basque Info
Semaine du 22/02/2010 - Politique

Gerry Adams appelle le gouvernement espagnol à répondre de bonne foi à l'offre de Batasuna

Écrit par Rédaction

Le président du Sinn Féin, Gerry Adams, a lancé un appel au gouvernement espagnol pour qu'il réponde "de bonne foi" au dernier document de Batasuna (Zutik Euskal Herria) afin de "mettre un terme au conflit au Pays Basque". Dans des déclarations reproduites par l'hebdomadaire politique de son parti, An Phoblacht, Gerry Adams fait l'éloge de la résolution approuvée par les assemblées locales de la gauche indépendantiste basque.

C'est au terme d'un long débat interne, que les militants de la gauche abertzale ont confirmé leur pari pour "un processus démocratique" ayant pour base "la négociation, l'accord politique et la participation populaire". Les militants de Batasuna, formation politique interdite depuis 2003 en Espagne, ont souligné que cette "phase politique" devait se tenir "en l'absence totale de violence", et devrait être atteinte par "des voies et des moyens exclusivement politiques et démocratiques".

Selon Gerry Adams, cette déclaration crée l'occasion "de mettre un terme au conflit au Pays Basque et d'obtenir des progrès politiques réelles".

"Je comprends qu'au cours du débat interne entre les militants basques qui s'est produit dans les derniers mois, ont participé jusqu'à 7.000 activistes. C'est une réalisation remarquable", affirme le chef des républicains nord-irlandais, selon lequel "d'autres événements récents ont montré la détermination de la part de la gauche abertzale de résoudre le conflit et d'atteindre ses droits nationaux et démocratiques par des voies pacifiques et démocratiques".

Pour l'artisan républicain des accords de paix du Vendredi Saint, les prochaines étapes -la stratégie à développer par la gauche abertzale ainsi que la réponse de l'État espagnol- "seront d'une importante cruciale". C'est pour cette raison que Gerry Adams a souhaité lancer un appel tout spécialement à l'exécutif socialiste pour qu'il ne laisse pas passer cette occasion.

"J'exhorte tout le monde, mais particulièrement le gouvernement espagnol, à examiner de près le langage, la stratégie et les orientations prises actuellement par la gauche abertzale. Il ya une réelle opportunité pour que la paix émerge et pour un changement fondamental dans la relation entre le Pays Basque et l'État espagnol. Il incombe à tous de saisir de bonne foi cette occasion et de faire tout l'effort pour mettre un terme au conflit dans cette région".

La voie irlandaise

Les déclarations de Gerry Adams ne sont pas du tout surprenantes. Depuis les Accords de Vendredi Saint, la gauche abertzale a tenté d'importer la recette irlandaise au Pays Basque. Mais le plat, pour des raisons diverses, n'a pas été du goût de tout le monde. Après la rupture des Accords de Lizarra-Garazi la question n'était plus de reproduire une recette irlandaise à la sauce basque mais de trouver une assiette locale, inspirée pourquoi pas de la cuisine irlandaise mais avec des ingrédients propres dont la combinaison devait toujours rester made in Basque Country.

Le processus de paix de 2006 s'est approché de cette recette, mais finalement les négociations ont été un échec. La gauche abertzale -dont la vitrine politique est interdite par les autorités espagnoles pour son refus à condamner l'activité de l'organisation armée ETA- vient d'approuver une nouvelle stratégie d'action afin d'ouvrir un nouvel espace de débat sur la question de fond : les Basques ont-ils oui ou non le droit en tant que peuple de décider de leur avenir ? Et si oui, les gouvernements de Paris et Madrid accepteraient-ils le résultat d'un éventuel référendum sur cette question ?

Alors que les indépendantistes basques ne sont pas majoritaires sur l'ensemble des sept provinces basques, ils se disent prêts à se soumettre à la décision librement exprimée de la population. Si l'on regarde de près le problème basque, on peut voir qu'il ne s'agit pas d'une question de séparatisme, mais de démocratie.


Le JPB
Pays Basque
Responsabilité demandée au gouvernement espagnol

26/02/2010

Béatrice MOLLE

Un friendship a été créé en 2006 regroupant des eurodéputés qui soutiennent un processus de résolution du conflit en Pays Basque. Silencieux depuis deux ans, le groupe demande solennellement au gouvernement espagnol de prendre en compte «le pas effectué par la gauche abertzale» à travers le document Zutik Euskal Herria, fruit d'un débat en son sein. Comme l'a fait il y a quelques jours, lors d'une conférence à Madrid, le médiateur en conflits sud-africain, Brian Currin.

"La gauche abertzale prend un tournant qui ouvre de nouvelles opportunités et le gouvernement espagnol devrait répondre en s'engageant vers un processus démocratique" ont indiqué les eurodéputés, Tatjana Zdanoka, Bairbre de Brun, François Alfonsi, Oriol Junqueras et Csaba Sogor qui comparaissaient au siège du Parlement Européen à Bruxelles. Le groupe a rappelé que la gauche abertzale s'est engagée vers des voies exclusivement politiques et démocratiques, souhaitant développer un processus de paix en l'absence complète de violence et sans ingérences. Le friendship a également souligné qu'il faudra mener des conversations multipartites, selon les principes édictés par le sénateur Mitchell et utilisés pour la résolution du conflit irlandais. Avec l'objectif d'obtenir «une paix stable et durable en Euskal Herria.» Ils ont lancé un appel à tous les secteurs engagés dans ce conflit : «il faut réagir avec responsabilité et s'engager vers un processus qui aboutira à des conversations, avec au final la possibilité donnée aux Basques de décider de leur futur, sans aucune pression ni intimidation.»

Le groupe estime que le gouvernement espagnol qui assure ce semestre la présidence de l'U.E devrait s'appuyer sur les institutions européennes, «afin d'impulser une résolution pacifique du dernier conflit armé, qui persiste au sein de l'Union Européenne.»

Ce friendship est composé d'eurodéputés appartenant aux groupe Verts-Alliance Libre Europe, Gauche unitaire-Gauche Verte Nordique et Parti Populaire Européen (démocrates-chrétiens).

Un pas en avant


Avance importante en Euskal Herria

Santi Ramirez (traduction FPL)

Après un long débat, la gauche abertzale s’est prononcé (1). Ses bases, majoritairement, ont décidé de parier par les voies exclusivement politiques et démocratiques pour conquérir le Droit d'autodétermination pour Euskal Herria. Avec cette claire prononciation, ils ont surmonté les inconvénients qui, depuis longtemps, compliquaient l'accumulation de forces populaires et de la création d'un bloc démocratique national. Le chemin pour avancer vers lui et pour le construire, a été dégagé.

Bien entendu, cette tâche n'est pas sans danger. Mais, comme le dit le proverbe “qui ne risque rien n’a rien”. La peur de commettre des erreurs ne peut pas avoir un effet paralysant. Le mouvement populaire basque prend déjà trop de temps à la défensive. Mais, résister n'est pas vaincre. Maintenant, il lui revient de donner un pas en avant et la gauche abertzale vient de le donner.

Cela ne signifie pas ignorer les erreurs dans lesquelles on peut tomber. Par exemple, tout pourrait rester réduit à une simple coalition électorale, à une alliance de partis "en haut". Pour cela, il sera nécessaire d'être vigilants pour l'éviter, et il faudra promouvoir l'organisation et l'unité populaire par la base.

Il pourrait aussi arriver qu’on en vienne à compter excessivement sur les voies parlementaires et institutionnelles, ou dans les vertus d'une possible négociation. D’où la nécessité de s'appuyer, en permanence, sur la lutte de masses et donc d’impulser une mobilisation populaire forte et prolongée.

Enfin, on court aussi le danger de la séparation de la lutte démocratique nationale de la lutte pour le socialisme. C'est pourquoi, il faut voir bien clairement que la pleine libération d'Euskal Herria ne sera pas une réalité jusqu'à ce que le peuple travailleur, avec la classe ouvrière à la tête, conquière le pouvoir politique et se dote d’un État Socialiste Basque.

Jusque là, nous ne pourrons pas considérer le processus politique comme terminé, sauf s'il ne nous importe pas de tomber sous une nouvelle domination, qui pourrait être celle de n’importe quelle puissance européenne. Je dois éclaircir que ce que je dis ici est basé sur la considération que, durant une période déterminée du processus révolutionnaire basque, il est possible que l'aspect démocratique-national se développe de façon plus rapide que le socialiste (2).

En tenant en compte toute la complexité du processus politique et malgré la possibilité, certes pas improbable, que l’on tombe dans des erreurs ou que se produisent des déviations dans son développement, puisque seule l'inaction nous débarrasserait d'elles; nous ne pouvons que nous féliciter du pas donné par la gauche abertzale.

Notes:

1. - Voir la résolution “Zutik Euskal Herria”. Sur le web : http://www.ezkerabertzalea.info

2. - J'ai déjà développé ce thème dans mon article : “Démocratie et socialisme pour Euskal Herria. Un apport au débat idéologique et politique”. Rebelión (05-12-2009).
(bientôt traduit sur le blog)


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