Argi Perurena, Aratz Gomez, Arkaitz Saez : 10 ans d'enfer(mement)

Publié le par FPL

Pays Basque Info

Argi Perurena, Aratz Gomez et Arkaitz Saez, viennent de dépasser leurs dix années de détention dans les prisons françaises et espagnoles. Argi Perurena a été arrêtée le 30 septembre 1999 près de Pau. Aratz Gomez et Arkaitz Saez à Irun le 16 novembre de la même année. En cet automne 2009, les trois comités de soutien aux prisonniers politiques basques Gurekin (Ustaritz), Orduan (Ascain) et Hiri-Buruz (Saint Pierre d’Irube) ont souhaité unir leurs énergies afin de marquer cette date par l'organisation de plusieurs rendez-vous les 12, 13 et 14 novembre prochains.

Le jeudi 12 novembre à 19h à Ustaritz aura lieu une conférence de Gabi Mouesca, ancien prisonnier d’Iparretarrak et ex-président de l’Observatoire international des prisons, qui évoquera les conséquences de longues années de prison pour les détenus. Gabi Mouesca avait en son temps effectué 17 ans de prison. Le vendredi 13 novembre, les trois comités appellent à un rassemblement à Saint-Jean-de-Luz et le samedi 14, c’est à Ascain qu’est organisé un concert de soutien.

Les comités veulent alerter la population sur les conditions d’incarcération de ces trois labourdins avec le souhait que les habitant et les élus se mobilisent pour pour que cette situation cesse le plus rapidement possible. Ils demandent le rapprochement des trois labourdins ainsi que des 740 autres prisonniers politiques basques, avant leur libération dans le cadre d’un processus politique qui donnerait une issue au conflit en Pays Basque.

Argi Perurena
 


Argi Perurena Pascual a été arrêtée le 30 septembre 1999 près de Pau en compagnie de Patxi Segurola et Jon Bienzobas. Après 4 jours de garde à vue dans les locaux de la police judiciaire, elle avait été incarcérée à la prison de Fleury Mérogis. Sa détention préventive a duré 5 ans et demi jusqu’à son procès qui débuta le 1er juin 2005. Pendant toutes ces années, elle aussi a subit des conditions d’incarcération difficiles par l’isolement, la retenue de son courrier, le mitard, l’éloignement pour sa famille et ses proches. Cette période sera également marquée par la mort d’une camarade retrouvée pendue dans sa cellue de Fleury Mérogis.

Argi Perurena a participé aux luttes menées au sein des prisons par le collectif des Prisonniers Politiques Basques, dont elle fut un temps l'une des porte-parole, pour dénoncer les conditions d’incarcération mais aussi revendiquer le statut de prisonnier politique, le regroupement et le rapprochement d’Euskal Herri et exiger la libération des détenus malades et de ceux ayant effectué leur peine.

Le procès sur le vol d’explosifs de Plévin pour lequel la jeune femme comparaît débute à Paris devant une cour d’assises spéciale le 1er juin 2005 et finit un mois plus tard. Les peines prononcées par les magistrats professionnels sont extrêmement lourdes. Argi a été condamnée à 18 ans de réclusion criminelle ainsi qu’à une interdiction définitive du territoire français. Une double peine pour Argi qui a vécu toute sa vie en Pays Basque nord où résident sa famille et ses proches.

Elle est transférée le 1er février 2006 au Centre de Détention pour femmes de Rennes où elle est restée seule prisonnière politique basque pendant trois ans. Les conditions d’incarcération restent difficiles avec un éloignement d’avec sa famille et ses proches de plus de 700km, avec un trajet long et excentré par rapport aux liaisons de transports, un accès réduit à la santé et aux soins et des refus sans justification de demandes de permis de visites.

Aratz et Arkaitz

 
    

Aratz et Arkaitz étaient âgés de 22 ans à l’époque où ils ont été arrêtés par la police espagnol. Pendant cinq jours et cinq nuits de garde à vue dans un commissariat espagnol, ils ont été sauvagement torturés. A tel point, qu’Arkaitz a dû être évacué à l’hôpital, fait dont il n’a même pas souvenir tant son état était grave. Une plainte pour tortures avait été introduite, mais la justice espagnole n’a pas donné de suite. Aratz et Arkaitz ont été condamnés à 18 ans de prison par le tribunal d’exception espagnol.

Aratz a été emprisonné pendant deux ans à Alcala Meco, près de Madrid puis 7ans dans une prison des Asturies. Les conditions d’incarcération ont été dignes d’une république bananière, les gardiens de prison poussant les autres prisonniers à passer à tabac les prisonniers basques. Il a également été victime de l’intoxication médiatique comme les médias espagnols savent le faire, puisqu’au lendemain des attentats islamistes de Madrid, la presse espagnole proche du président conservateur Aznar n’a pas eu d’état d’âme pour inventer de toute pièce une relation entre Aratz et un autre prisonnier basque et Al Quaeda.

Arkaitz, originaire de Saint Pierre d’Irube, est incarcéré à la prison de Puerto de Santamaria, une prison dite « de haute sécurité » située à 1400 km du Pays Basque. Les prisonniers sont traités comme des animaux. Les conditions carcérales sont les pires qui existent. Les menaces, provocations, intimidations et passages à tabac sont monnaie courante dans cette prison du bout du monde. Le chantage fait aux prisonniers est permanent. Ils n’ont droit qu’à 4 lettres par mois, et les visites ne peuvent se faire que par listes limitées à 10 personnes, tous les six mois. Il a les pires difficultés pour pouvoir suivre des études et malgré des ennuis constants de santé, bénéficier de services médicaux minimum relève de l’imaginaire.

La prison de Puerto est la « prison des prisons » puisque les détenus des autres prisons espagnoles y sont emmenés lors des mesures de punition. Mais ils n’y restent que quelques mois, avant de retrouver leur prison d’origine. Pour les prisonniers basques, en revanche, une fois à Puerto, ils y restent.

Aller voir le jeune homme est un calvaire pour ses proches : il doivent prendre un bus le vendredi après-midi, qui roule durant 17 heures pour arriver le matin à la prison. 40 minutes de visite derrière une vitre, et retour pour arriver le dimanche midi. Un voyage aller-retour de 2800 km, fatiguant, cher et usant, qui de facto limite les visites à une seule par mois.

Aratz se trouve aujourd’hui à la prison de Ocaña près de Madrid. Aratz eta Arkaitz ont participé à de multiples actions dans le cadre des protestation du collectif des prionniers basques, dont des grèves de la faim ainsi que des refus de sortie de cellule, refus de plateau, etc.


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