Autodissolution de l'appareil politique d'ETA

Publié le par FPL

Eta017-jpg.jpg

 

 

L'abandon de la lutte armée par l'organisation indépendantiste basque ETA se précise de semaine en semaine. Ekin, un groupe radical illégal considéré par la justice espagnole comme le "coeur de l'ETA" chargé d'appliquer la stratégie politique de l'organisation basque armée aujourd'hui très affaiblie, a décidé de s'autodissoudre, annonce samedi 1er octobre le journal basque Gara.

Cette annonce intervient au moment où de nombreux signes témoignent de la progression, dans la mouvance de l'ETA, de l'option des partisans d'un arrêt définitif de la violence et des attentats pour s'orienter vers une voie plus démocratique. Les indépendantistes basques, au travers de la coalition Bildu, ont ainsi créé la surprise aux municipales du 22 mai en devenant la deuxième force politique du Pays basque et en remportant la mairie de Saint-Sébastien.

 

"UN PROCESSUS DE DISSOLUTION IRRÉVERSIBLE"


L'annonce de la dissolution d'Ekin est "un pas de plus" mais "le pas définitif, celui que nous désirons, que nous attendons, c'est que l'organisation terroriste abandonne pour toujours les armes", a commenté le porte-parole du gouvernement José Blanco. Le ministre de l'intérieur, Antonio Camacho, a estimé pour sa part que la fin de l'ETA était "plus proche que jamais" et que l'organisation était "entrée dans un processus de dissolution irréversible".

Il y a quelques jours, un haut dirigeant socialiste espagnol avait affirmé : "L'ETA, c'est terminé". Les chefs de l'organisation séparatiste basque "doivent être en train de réfléchir sur la façon de mettre en scène cette fin, mais sur le fond, leur décision est prise", avait-il ajouté. Après plus de quarante ans de violence ayant provoqué la mort de 829 personnes et alors que l'ETA, plus affaiblie que jamais, n'a pas commis d'attentat depuis deux ans, le gouvernement espagnol pense que l'Espagne est sur le point de tourner une page au Pays basque. Le groupe armé observe officiellement depuis janvier un cessez-le-feu unilatéral.

 

Les détenus de l'ETA ont pour leur part annoncé le 23 septembre leur intention d'adhérer à l'accord de Guernica, qui l'an dernier avait demandé la fin des attentats de l'organisation basque armée. Le texte avait été signé par plusieurs partis de la gauche indépendantiste, syndicats et mouvements nationalistes.

Ekin, créée en 1999, historiquement l'une des plus influentes de la mouvance ETA, avait été déclarée illégale en 2007 et avait été décimée après l'arrestation en septembre 2010 de neufs de ses dirigeants présumés. Dans une opération décrite comme la suite de ce coup de filet, dix autres personnes avaient été arrêtées peu après l'annonce en janvier d'un cessez-le-feu "permanent" par le groupe basque armé. Parmi elles, figurait Iker Moreno Ibáñez, le fils du porte-parole la gauche abertzale (indépendantiste radicale) Txelui Moreno.

 

Lemonde.fr

Publié dans Euskal Herria

Commenter cet article