Derniere action des DEMO avant la dissolution

Publié le par FPL

 

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Juchés sur le mur de la prison de Bayonne, un 6 janvier 2000, des militants basques avaient placé le nouveau mouvement des Démos sur le devant de la scène médiatique. Six mois plus tard, un registre appartenant au Biltzar du Labourd était dérobé du Centre d'archive de Pau. C'est devant le Centre des archives de Bayonne qui ouvrira ses portes le 14 juin que les tee-shirts jaunes sont réapparus, dix ans plus tard. Une apparition inattendue pour annoncer la fin officielle du mouvement.


Avant un «hara-kiri» festif prévu le 19 juin, les Démos ont un travail à finir. Ils vont rendre les archives du Biltzar du Labourd subtilisées par un certain Dominique-Joseph Garat, député labourdin aux Etats-généraux de 1 789. Cependant, de nombreux points sont encore méconnus : la date de l'inauguration du centre, jour prévu pour la remise du document, pas encore déterminé, et le modus operandi, comme à l'habitude gardé secret.


Procès des archives

L'objet de leur action n'est pas choisi au hasard. Pour une «fin glorieuse», comme l'appelle Peio Etcheverry-Ainchart, porte-parole du mouvement, les Démos ont choisi un des champs de bataille qui a porté ses fruits. Effectivement, le Centre des archives de Bayonne va bientôt s'ouvrir au public, après que 14 personnes aient été jugées pour le vol des archives du Biltzar du Labourd, que des chercheurs et étudiants en Histoire aient revendiqué un centre d'archives au Pays Basque et que 126 personnes se soient auto-inculpés.


Un air de confusion avait frappé le procès, car des 14 personnes inculpées deux d'entre elles avaient revendiqué l'action, alors que d'autres avaient parallèlement participé à une action symbolique pour demander la création d'un centre d'archives au Pays Basque.


Dix ans plus tard, les Démos fêtent la fin d'une dynamique inspirée «de la non-violence active» suivant la voie ouverte par «Gandhi, Greenpeace et Act Up», d'après P. Etcheverry-Ainchart. «Que représentaient les Démos ? Une autre manière de faire de la politique en Pays Basque Nord», explique-t-il, mais surtout, «ça a été un outil de communication inégalable». Les Démos rappellent l'effet amplificateur des luttes de Daniel Derguy et d'Iñaki De Juana qui avaient réalisé de longues grèves de la faim.


Effet amplificateur

«L'objectif des Démos n'était pas de gagner des luttes», rappelle le porte-parole, mais de médiatiser trois revendications portées par des mouvements sociaux déjà existants. Au début des années 2 000, la demande d'un département rassemble des milliers de citoyens, tout comme celle de la co-officialisation de la langue basque, et elles bénéficient de leur soutien. On se souvient de la lutte acharnée pour la signalisation en bilingue dans les gares. Enfin, les Démos ont fait du respect des droits des prisonniers basques leur cheval de bataille.


Satisfaits de leur bilan, sans nostalgie, ils ont l'impression d'avoir «apporté leur petite pierre à l'édifice». Cependant, de nouvelles dynamiques ont vu le jour, «le contexte a changé» et avec lui «les priorités», d'après eux.


Ils se retireront donc avec une fête, le samedi 19 juin. Des projections vidéos, exposition accompagneront le repas prévu à cette occasion, pour une «dernière danse des démos». (Réservation : 05 59 25 65 52).

 

Goizeder TABERNA pour le JPB

Publié dans Euskal Herria

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