Deux mois avec sursis et 500 euros requis pour vol de drapeau

Publié le par FPL

Le Journal du Pays Pays Basque

Sébastien VAÏSSE

17/02/2010

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Branle-bas de combat hier en début d'après-midi devant le tribunal de Bayonne où une cinquantaine de personnes, encadrés par une quinzaine de CRS, ont brûlé Zan Pantzar en soutien aux trois jeunes uztariztar, membres de Segi, convoqués devant le tribunal correctionnel pour «vol de drapeaux en réunion», en l'occurrence des oriflammes tricolores dérobées au monument aux morts d'Ustaritz le 11 novembre dernier. Pour rappel, cette convocation fait suite au refus de la part des trois prévenus, de participer à un stage de citoyenneté qui leur avait été proposé dans un premier temps en réparation de leurs actes.

Des «faits minables» a expliqué le vice-procureur qui n'a pas manqué de rappeler que si «ces trois jeunes gens peuvent aujourd'hui défendre leurs idées, c'est parce que d'autres jeunes se sont battus et sont morts pour défendre les valeurs et les idéaux représentés par ce drapeau. C'est tout sauf un combat politique».

Deux mois et 500 euros

Pour Segi, il s'agit pourtant bien d'un «procès politique et nous voyons très bien comment l'Etat français exerce la politique : la police, les interpellations, les procès, les convocations... La France veut faire d'un acte politique, un simple acte de délinquance».

Pour l'association des anciens combattants, qui s'est porté partie civile dans cette affaire, ce drapeau «a une valeur symbolique et n'est pas qu'une représentation de l'État français». Aussi, la partie civile demande un euro symbolique de dommages et intérêts. De son côté, après s'être interrogé sur la nécessité ou pas d'aller «au bout de la logique répressive», soit cinq ans d'emprisonnement prévus par la loi pour vol, le vice-procureur a finalement requis une peine de deux mois de prison avec sursis et 500 euros d'amendes par prévenus «pour ne pas qu'ils aient l'impression de sortir d'ici sans rien», a-t-il précisé, estimant par ailleurs qu'aller au-delà serait «donner trop d'importance» au dossier.

Convictions politiques

Une requête qui laisse toutefois perplexe, l'avocat de la Défense, Philippe Aramendi jugeant les deux mois avec sursis exagérés «pour un premier vol. On ne le dit pas, mais on veut leur faire payer leurs convictions politiques». Car pour la Défense, c'est bien de convictions politiques qu'il s'agit... et rien d'autre. «Il y a eu confusion» a expliqué l'avocat des trois jeunes prévenus : «leur acte n'avait pas pour objectif de toucher à la symbolique du monument aux morts, bien au contraire», mais plutôt auxvaleurs de liberté, d'égalité et de fraternité, incarnées par le drapeau tricolore et dont «se prévaut l'État français». «Pour eux, ce drapeau représente la négation et les nombreuses années d'assimilation de leur langue par l'État français. C'est aussi le symbole d'un État qui ne leur permet pas de se loger, qui s'acharne contre toutes les intiatives locales (Laborantza Ganbara, ndlr), qui n'est pas capable aujourd'hui de respecter le véritable statut des prisonniers basques... alors qu'on donne des leçons sur lesvaleurs d'accord, encore faut-il au préalable respecter celles des autres» a plaidé Maître Aramendi qui demande la relaxe pour Aintza Zufiaurre et Antton Rouget, estimant que les preuves récoltées à l'encontre d'Andoni Anetas ne sont pas suffisantes pour qu'il soit mis en cause dans cette affaire.

Le délibéré sera rendu le 16 mars prochain.


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