EDF dans le collimateur du FLNC

Publié le par FPL

 

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Un attentat et deux engins qui font long feu contre des bâtiments d'EDF en moins de 15 jours, ce n'est pas une coïncidence. D'autant que systématiquement, l'inscription FLNC apparaît sur les murs des locaux visés. L'entreprise est clairement dans le viseur des clandestins.

 

Pour autant, aucune revendication n'est parvenue, explicitant ces attentats de manière détaillée. Et les « tags » découverts sur les murs ne sont pas plus parlants. Les actions sont signées. Pas commentées.

Le premier engin explosif est découvert le 30 août sur le rebord d'une fenêtre d'un bâtiment ajaccien de l'entreprise. Les démineurs neutralisent l'engin.

 

Le 11 septembre à Cargèse, la charge explose détruisant l'agence d'exploitation locale.

Enfin, hier, à Propriano, les employés qui prenaient leur service ont découvert une charge non explosée, couplée à une bouteille de gaz.

 

La direction d'EDF condamne les trois attentats. La CGT énergie également. Rappelant notamment que les locaux détruits à Cargèse « portent atteinte à un outil de travail au service de la population ». L'organisation souligne également que ces attaques « participent d'une politique de désertification programmée » du milieu rural et rappellent que les agents déplacés sur Ajaccio voient leurs « activités professionnelles tout comme leurs vies privées sérieusement impactées... »


L'ombre des centrales au fioul lourd


Même si aucune revendication détaillée n'est parvenue, le rapprochement de dates entre ces actions clandestines et la décision de construire une centrale au fioul lourd à Lucciana n'est pas anodin.

 

Entre l'entreprise fournisseuse d'énergie et les nationalistes, les relations ont toujours été compliquées.

Depuis le milieu des années 70 et la décision de construire une centrale au fioul sur le site du Vazzio, EDF est considérée par les mouvements nationalistes et écologistes comme un relais de l'État centralisateur. Des années de manifestations pacifiques et d'actions violentes alternées n'empêchent pas de construire la centrale ajaccienne.

 

Et les dernières « concessions » sur des moteurs déjà convertis (et non convertibles comme prévu initialement) à d'autres énergies que le fioul, n'ont pas convaincu ceux qui redoutent l'impact environnemental de la nouvelle centrale bastiaise.

 

Occasions manquées et spectre de la pénurie


Le plus ironique dans cette affaire, c'est qu'à la fin des années 90, EDF avait le projet de remplacer la centrale de Lucciana par une nouvelle unité fournissant 600 Méga Watts et fonctionnant au GPL. Des mois de tergiversations entre l'assemblée de Corse (qui préférait le Fiumorbo à Lucciana), l'État et l'entreprise qui soulignait un surcoût faramineux, ont conduit à l'abandon pur et simple du projet.

 

C'est Dominique Voynet qui, en 2000, vient annoncer que le gouvernement renonce aux mégas centrales.

L'immobilisme reprend ses droits jusqu'à l'hiver 2005. Une « erreur stratégique » conduit l'entreprise à turbiner toute l'eau des barrages. Au mois de février, la Corse est privée de courant. Et la grogne monte.

 

Un plan énergétique est adopté en urgence par une assemblée de Corse accusée d'imprévoyance.

Un plan auquel personne ne prête attention jusqu'à ce que les associations a Sentinella et Aria Linda s'insurgent contre la nouvelle centrale de la région ajaccienne. Les associatifs sont désormais relayés par le monde politique. Lors d'une récente conférence de presse, l'un des responsables annonçait que l'on avait « manifesté pacifiquement » contre les choix énergétiques faits pour la Corse. Du fond de la salle une voix rétorquait « jusqu'à présent ! »


Volet social incontournable


Il n'en reste pas moins qu'EDF ce sont plusieurs centaines d'emplois directs en Corse. Dont 150 à la production. Et que plane encore la menace d'une interconnexion avec le réseau d'électricité nucléaire italien et français. Les batailles contre le câble ICO qui devait économiser sur la masse salariale dans l'île sont encore dans les mémoires.

Et peu de politiques (qu'ils soient officiels ou clandestins) sont prêts à passer pour des destructeurs d'emplois en Corse...

 

Isabelle luccioni pour Corse matin

Publié dans Corsica

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