En Béarn et ailleurs en Occitanie, des réactionnaires franchouillards se rebiffent contre l'occitan

Publié le par FPL

http://www.libertat.org/images/hestivc.jpg

Mois d'août 2010 à Billère, comune du Béarn proche de Pau : en une semaine, les panneaux d'entrée de la ville traduits en occitan disparaissent très proprement comme s'ils n'avaient jamais existé. L'accion symbolique n'a pas été officiellement revendiquée mais elle était précédé de plusieurs mails agressifs se plaignant du choix de la graphie classique – celle enseignée dans toutes les écoles -, lui préférant une graphie calquée sur le français plus facilement prononçable par les vieilles générations.

Le débat sur la graphie de la langue occitane est réglée depuish une bonne trentaine d'années maintenant mais une minorité active s'emploie toujours à contrer les avancées linguistiques de même qu'à nier l'appartenance du gascon, du provençal, à l'ensemble occitanophone. En Béarn et en Provence plus particulièrement, ces minorités, souvent liées de près ou de loin à l'extrême droite française, font jouer d'importants réseaux politiques pour maintenir la pression sur les autorités publiques afin de ralentir la progression de l'occitan dans la société.

En Provence il y a quelques années, ils ont convaincu le président de la Région Michel Vauzelle de proposer une motion qui déclarait le provençal étranger de l'ensemble occitan, motion heureusement rejetée par l'assemblée régionale grâce notamment au vote des élus communistes français.
En Béarn, un groupe d'experts linguistiques autoproclamés nommé IBG, mené par un ancien élu du Front National, redouble d'efforts pour ralentir la progression de la langue, usant de faux arguments historiques et d'accusations mensongères – notamment envers les écoles Calandreta accusées à tort de ne pas enseigner les dialectes des régions dans lesquelles elles se trouvent- . Plus que la volonté d'imposer leur propre graphie ou leur propre conception de la langue, ceux qu'on appelle les béarnistes ou les provençalistes portent haut le drapeau tricolore et l'idée de la France, peu habilement masqués par une conception folkorique et rabaissante de nos cultures.

Malheureusement, dans les régions concernées, les élus ne s'avèrent pas à ce jour assez qualifiés ou assez courageux pour enrayer cette petite machine, considérant dans le meilleur des cas cette minorité réactionnaire et l'important maillage associatif occitan d'égale façon. Pourtant le temps presse : malgré des efforts relatifs dans certaines régions occitanes, le nombre de locuteurs de l'occitan regresse inexorablement. Si la langue s'est trouvée une nouvelle légitimité et une nouvelle image ces dix dernières années, sa socialisation est encore trop faible pour lui assurer un avenir.

Publié dans Occitania

Commenter cet article

Invidia 31/08/2010 02:57


On se croirait dans les années 70 ... De la prose qu'on appréciait voilà quelques décennies Place du Colonel Fabien. Ce n'est pas en imitant vos glorieux parents que vous ferez preuve
d'originalité. Mûrissez un peu, échappez au modèle empesé des anciens.

Si la langue meurt, c'est tout simplement qu'il n'y a pas eu transmission par désintérêt de la question, et qu'aujourd'hui les populations dites occitanes subissent un fort héliotropisme qui les
place en minorité chez eux, notamment en leurs métropoles. Vous voulez faire comme les Basques et foutre des bombes ? Non, vous êtes des révolutionnaires progressistes et démocrates. Mais si vous
pensez intéresser à la culture locale des masses de déracinés, continuez à rêver. C'est mort.

Mais plus que la langue, c'est l'identité locale qui disparaît. On pourrait la sauver. Mais les Occitans viennent avec leurs gros sabots parler de "nation occitane" de Bayonne à Nice sous le seul
prétexte d'une isoglosse linguistique -tr->yod (qui est le seul trait commun au dit occitan, en fait gallo-roman méridional). Personne ne peut se reconnaitre dans ce pays non-vécu. Il n'y a pas
d'Occitanie. Elle serait à créer. Quel est votre imaginaire pour ce faire ? Des Cathares ? Des cavalcades ridicules en Languedoc ? L'Occitanie ne fait vibrer personne, sauf à la marge le public de
Nadau qui chante phonétiquement des paroles qu'il ne comprend plus. Vous n'avez rien compris aux Béarnais et aux Gascons en général.