ETA annonce un cessez le feu (septembre 2010)

Publié le par FPL

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L'organisation indépendantiste basque ETA, sans à son actif depuis un an et affaiblie par de nombreuses arrestations, a annoncé dimanche dans des termes flous un cessez-le-feu accueilli dans un scepticisme général en Espagne.
L'annonce a été faite dans une vidéo transmise à la radio-télévision britannique BBC et au journal basque Gara, proche des milieux indépendantistes et destinataire habituel des revendications de l'ETA.


Mise en ligne par ce dernier, qui a aussi reçu une retranscription écrite, la vidéo montre trois personnes encagoulées, assises à une table face à la caméra, devant une affiche représentant le symbole de l'ETA, une hache entrelacée d'un serpent.
"Ces derniers temps, le Pays Basque se trouve à un moment important, à un ", déclare la personne qui se trouve au centre, une femme d'après le son de sa voix.


L'organisation indépendantiste annonce qu'elle "ne mènera pas d' offensives armées" dans le cadre de son action pour l'indépendance du Pays Basque (nord), ajoutant avoir pris cette décision "il y a plusieurs mois", "pour parvenir à un scénario de processus démocratique".
Elle ne précise pas si ce cessez-le-feu est temporaire ou définitif.
Le gouvernement socialiste espagnol, échaudé par la rupture brutale par l'ETA de son précédent "cessez-le-feu permanent" de 2006, n'avait pas réagi en fin d'après-midi, se montrant "prudent" et "sceptique" selon plusieurs médias.


La classe politique exprimait ses doutes devant le flou de l'annonce.
Celle-ci "est clairement insuffisante", a déclaré Leire Pajin, numéro trois du Parti socialiste (PSOE), demandant qu'ETA "abandonne les armes une fois pour toutes", ce qui semblait anticiper la réaction du gouvernement.
Cette annonce est "insuffisante", "ambiguë" et "trompeuse", a renchéri Rodolfo Ares, responsable de l'Intérieur du gouvernement socialiste basque.
Le principal parti d'opposition, le Parti Populaire (droite), jugeait aussi le communiqué "insuffisant". Angeles Pedraza, présidente de l'Association des victimes du terrorisme (AVT), a dit ne lui accorder "aucune crédibilité".


La mouvance politique de l'ETA a de son côté salué un "apport indiscutable à la paix", même si l'annonce du groupe armé ne répond que partiellement aux attentes de son bras politique interdit, Batasuna, qui venait de réclamer un "cessez-le-feu permanent sous vérification internationale".
L'organisation "réaffirme son engagement vers une solution démocratique (...) pour qu'à travers le dialogue et la négociation, nous, les citoyens basques, puissions décider de notre avenir de manière libre et démocratique".
"Si le gouvernement espagnol le veut, ETA est prête aujourd'hui comme hier à convenir de conditions démocratiques minimales nécessaires à la mise en place d'un processus démocratique", poursuit le groupe.
L'ETA demande à la communauté internationale de participer à la recherche d'une "solution durable, juste et démocratique à ce conflit politique centenaire".


L'ETA, fondée le 31 juillet 1959 et considérée comme une organisation terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis depuis 2001, est tenue pour responsable de la mort de 829 personnes.
Elle n'a plus commis d'attentat depuis août 2009 et a été très affaiblie depuis trois ans par des arrestations à répétition, notamment de ses plus hauts responsables militaires et politiques.
Batasuna, interdit d'activité politique en Espagne depuis 2003, faisait pression depuis plusieurs mois sur l'ETA pour que l'organisation renonce à la violence.
Le parti radical tente par tous les moyens de revenir dans le jeu démocratique dans le but d'être présent aux élections municipales basques de 2011, qu'il juge cruciales pour sa survie politique.

 

AFP via Le parisien

Publié dans Euskal Herria

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