ETA : un policier français meurt après un échange de tirs

Publié le par FPL

Le JPB
Pays Basque
18/03/2010

Goizeder TABERNA

Le vol de voitures s'est terminé par des coups de feu puis la mort d'un policier français, mardi, à Villiers-en-Bière (Seine-et-Marne), à une cinquantaine de km au sud-est de Paris. L'organisation indépendantiste basque ETA est pour la première fois mise en cause dans la mort d'un agent français.

L'incident est survenu en début de soirée dans une route de campagne, alors que quatre personnes remplissaient les réservoirs d'essence de quatre véhicules volés, selon le Parquet de la Subdivision Antiterroriste de Paris. Ces personnes auraient été interceptées par une patrouille et les policiers menottaient un des membres présumés d'ETA lorsque deux autres véhicules sont apparus et des tirs seraient partis de ceux-ci. Des coups de feu qui ont coûté la vie au brigadier de 52 ans, Jean-Serge Nérin.

Les deux véhicules ont pris la fuite emportant avec eux une des personnes interpellées au bord de la route. Deux autres auraient réussi à s'échapper à pied. Menotté, le quatrième a été arrêté et placé en garde à vue. Bien que le Parquet de Paris n'ait pas précisé son identité, selon une source judiciaire espagnole, il s'agirait de Joseba Fernandez Aspurz de 27 ans. Il aurait déclaré appartenir l'organisation armée.

Hier soir, l'AFP a informé que le chef du gouvernement espagnol J.L.R. Zapatero et le président Sarkozy se sont mis d'accord par téléphone pour «redoubler» d'efforts contre ETA. Pour sa part, le président français a souhaité «que les autresmembres du commando soient rapidement interpellés, traduits devant la justice et sévèrement punis». Il devait se rendre ce matin en Seine-et-Marne «pour rencontrer la famille de la victime ainsi que les policiers de ce département afin de leur témoigner la solidarité de la Nation». Hier soir, ce sont plus de 300 policiers qui se sont rassemblés devant le commissariat de Dammarie-Les-Lys pour exprimer leur «soutien» à la famille du brigadier.

Affrontement fortuit

Le PS a condamné «la banalisation et la radicalisation de la violence» à l'encontre des fonctionnaires de police. Batasuna a pour sa part exprimé sa «profonde affliction face à ces faits qui ont entraîné la mort d'une personne», ajoutant que «selon les sources policières, il s'agirait d'un affrontement fortuit. (...) Ces derniers faits sont l'illustration cruelle des conséquences dramatiques de ce conflit». Il demande par ailleurs à ETA de «réaffirmer sa position en faveur d'un processus démocratique», et aux Etats français et espagnol ainsi qu'à ETA de prendre «des engagements clairs en faveur de ce processus».

Enfin, Abertzaleen Batasuna a déclaré dans un communiqué : «cela aurait eu moins de chances de se produire si ETA avait cessé toute activité (...) ETA doit mettre un terme à la lutte armée».

Publié dans Euskal Herria

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