Foncier : I Corsi Fora ?

Publié le par FPL

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Les Assises du foncier sont ouvertes Répondront-elles à deux questions lancinantes que se posent beaucoup de Corses ? Pas sûr !


Les Assises du foncier doivent beaucoup à l’insistance nationaliste et plus particulièrement à celle de Corsica Libera. Autonomistes et indépendantistes ont fait de la question foncière la problématique majeure du dernier scrutin territorial.  Lors d’un débat durant la campagne électorale des Territoriales, Jean-Guy Talamoni a obtenu de Paul Giacobbi l’assurance que ces Assises seraient rapidement organisées.  Le président du Conseil Exécutif a tenu parole. Reste à savoir ce qu’il en sortira. Il vaudrait mieux  que l’issue soit positive car beaucoup de familles corses attendent énormément de ces Assises. Plus précisément, elles espèrent qu’il sera apporté des réponses satisfaisantes à deux questions lancinantes. Prendra-t-on des mesures efficaces contre la spéculation afin que la plupart des jeunes ménages corses puissent accéder à la propriété ? Sera-t-il dégagé des préconisations visant à ce que les vieilles familles corses ne soient pas un jour contraintes de vendre leurs terres pour payer les droits de succession ? Comme l’a fort bien résumé et imagé Maître Spadoni, fera-t-on des propositions concrètes ayant pour objet d’éviter qu’un jour Monsieur Rouge devienne maire de la commune de Montmajeur ?


Des réalités insupportables


Ne pas apporter les réponses attendues serait dramatique car les questions posées soulignent des réalités qui deviennent insupportables et annonciatrices de graves conflits. Première réalité : les jeunes ménages Corses peuvent difficilement acheter à cause de l’envolée des prix du foncier provoquée par une forte demande extérieure et une bulle spéculative. Selon plusieurs notaires, ces trois dernières années, sur 324 appartements résidentiels achetés à Ajaccio et en Balagne, seuls 68 l’auraient été par des Corses 4 appartements sur 5 auraient donc été acquis par des non Corses... I Corsi fora ? Deuxième réalité : la fin prochaine du régime dérogatoire de la fiscalité sur les successions (suppression des arrêtés Miot) fait planer la menace d’une impossibilité pour la plupart des Corses de conserver leur patrimoine familial. Si  les abattements prévus par le droit commun pour les successions en ligne directe permettront aux enfants de garder la plupart des biens légués par leurs parents, il n’en sera pas de même en matière de successions en ligne indirecte. Le montant exorbitant des droits exigés par le fisc contraindra à des renoncements à hériter, ou à la nécessite de vendre une partie des biens pour « payer la note ». De plus, en contribuant à l’accroissement de la valeur des biens, la forte demande et la bulle spéculative rendront cette « note » encore plus « salée ». Bien entendu, les amateurs fortunés de résidence secondaires venus d’ailleurs et les spéculateurs ne manqueront pas l’occasion de se jeter sur les biens immobiliers ainsi « libérés ». I Corsi Fora ?


République ignorante et exterminatrice


Or, l’ouverture des Assises du foncier l’a laissé pressentir, il n’est pas certain que tout le monde ait la volonté d’apporter des solutions qui permettraient aux Corses de devenir propriétaires ou de conserver leur patrimoine familial. Les partisans d’une République ignorante de la diversité et exterminatrice de la spécificité ont fait entendre deux inquiétantes orientations. La première serait de privilégier l’habitat « social » et plus précisément la construction d’HLM comme on le ferait dans les banlieues où, comme chacun sait, il fait bon vivre. La seconde serait de s’accommoder du droit commun des successions au nom de l’égalité devant l’impôt qui aboutit à ce que des très riches ne paient quasiment rien au détriment des pauvres et des clases moyennes. I Corsi Fora ? Peut-être que non. Mais «HLM per I Corsi, palazzi per i furesteri », certainement oui !


Alexandra Sereni pour le journal de la corse


Publié dans Corsica

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