L'ancien patron du GIGN avoue les executions d'ouvéa

Publié le par FPL

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Philippe Legorjus, ancien patron du GIGN, affirme que des indépendantistes kanaks ont été exécutés en 1988 lors de l'assaut de la grotte d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. "Je n'ai pas assisté aux exécutions mais j'ai vu des choses. Par exemple la manière dont Alphonse Dianou a été traité après l'assaut. Il est mort d'un manque de soins", déclare l'ancien militaire dans les Nouvelles Calédoniennes. "Pour les autres [deux Kanaks], les debriefings ont bien montré qu'il y avait eu exécution. Effectivement", ajoute-t-il.


Ses déclarations interviennent à quelques mois de la sortie, le 21 septembre, du film de Mathieu Kassovitz L'Ordre et la Morale [la page Facebook du film], qui retrace ces événements et dans lequel le réalisateur incarne également le personnage de Philippe Legorjus.


Emmené par le militant indépendantiste Alphonse Dianou, un commando du FLNKS (Front de libération nationale kanak socialiste) a attaqué le 22 avril 1988 la gendarmerie de Fayaoué, tuant quatre gendarmes. Les activistes avaient ensuite emmené une quinzaine d'otages dans la grotte de Gossanah, en pleine élection présidentielle française.


 

Des militaires français surveillent, le 6 mai1988 à Ouvéa, les armes retrouvées lors de l'assaut de la grotte de Gossanah dans laquelle des militants indépendantistes avaient pris en otage des gendarmes de la gendarmerie de Fayaoué.

Des militaires français surveillent, le 6 mai1988 à Ouvéa, les armes retrouvées lors de l'assaut de la grotte de Gossanah dans laquelle des militants indépendantistes avaient pris en otage des gendarmes de la gendarmerie de Fayaoué.AFP

 


Le 5 mai 1988, l'opération "Victor" était déclenchée pour libérer les otages. Deux militaires trouvèrent la mort et 19 Kanaks étaient tués, suscitant ensuite une vive controverse sur les conditions de leur mort. "Il y a eu une loi d'amnistie dans le mois qui a suivi. Je trouve cela aberrant", déclare également Philippe Legorjus, qui a quitté la gendarmerie peu de temps après le drame d'Ouvéa.


A propos de L'ordre et la Morale de Mathieu Kassovitz, Philippe Legorjus déclare "[ce film] est très beau et reflète bien la réalité", soulignant que le réalisateur avait revu son scénario initial "trop caricatural" pour livrer finalement un film "équilibré". L'épisode de la grotte d'Ouvéa avait provoqué un électrochoc en Nouvelle-Calédonie. Moins de deux mois après, indépendantistes kanaks et "caldoches" loyalistes avaient enterré la hache de guerre, en signant le 26 juin 1988 sous l'égide du premier ministre de l'époque, Michel Rocard, les accords de Matignon.

 

 

Lemonde.fr

Publié dans Peuples en Lutte

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