L'autopsie n'a rien révélé

Publié le par FPL

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Pays Basque Info

Semaine du 29/03/2010 -Politique


Le 15 décembre 1985, le corps de Mikel Zabalza est retrouvé au bord de la rivière Bidassoa, à hauteur d'Endarlatza (Navarre). Selon la Garde Civile, après avoir été arrêté, il aurait avoué avoir caché des armes près de la rivière Bidassoa. Déplacé sous forte escorte policière sur les lieux, Mikel Zabalza aurait réussi à échapper à ses gardiens, et se serait jeté à l'eau. Ne sachant pas nager, il serait mort noyé. L'autopsie ne dévoilera ni coups, ni traces. Au contraire, l'autopsie démontrera que Mikel Zabalza est mort noyé, et on retrouvera même de l'eau de la Bidassoa dans son estomac.

Fort des résultats de l'époque, le ministre de l'Intérieur espagnol Jose Barrionuevo (condamné pour son implication avec les GAL) a conclu que les accusations portées contre la Garde Civile étaient une campagne de dénigrement des forces de sécurité espagnole à l'initiative de la gauche abertzale. Pour le ministre de l'intérieur, il n'y avait que deux versions, la version officielle et celle de l'ETA.


Sauf que dix ans plus tard, au coeur de l'enquête judiciaire sur les GAL, en 1995, un responsable de la sûreté du territoire espagnol dévoilera que Mikel Zabalza était mort entre les mains de la garde civile à l'intérieur du commissariat d'Intxaurrondo à Saint Sébastien.


Au lendemain d'un attentat de l'ETA qui tua deux gardes civils, la Garde Civile organisa une opération de grande envergure pour arrêter un commando de l'ETA. Mais l'opération fut un grand flop. Les guardias décidèrent donc d'arrêter un jeune sympathisant abertzale au hasard. Mikel Zabalza fut donc arrêté chez lui (il avait eu la mauvaise idée de vivre à quelques pâtés de maison du cuartel d'Intxaurrondo à Saint-Sébastien).

Mikel Zabalza avait subi une opération quelques jours plus tôt et était très faible. Lors de l'interrogatoire au commissariat, alors que les gardes civiles étaient en train de le torturer en lui mettant la tête sous l'eau dans une baignoire, Mikel Zabalza fut victime d'une crise cardiaque. La Guardia Civil mit donc en place tout un stratagème afin de cacher sa responsabilité.
Le corps de Mikel Zabalza sera gardé pendant 20 jours dans la piscine que les plongeurs de la Garde Civile utilisaient pour l'entraînement. La Garde Civile ira chercher de l'eau de la Bidassoa pour l'injecter dans son estomac.

20 jours après son arrestation, le corps de Mikel Zabalza sera soudain retrouvé flottant dans la Bidassoa, là où les plongeurs de la Croix Rouge l'avaient cherché pendant trois semaines. Le corps ne présentait aucune trace de violence, l'autopsie pu ainsi créditer que le corps était resté pendant 20 jours dans l'eau et qu'il s'était bien noyé dans la Bidassoa.

Même si cette affaire a été dévoilée au grand jour en 1995, aucune poursuite judiciaire n'a été engagée à l'encontre des gardes civils qui l'avaient arrêté. Au contraire, le chef de l'équipe à été promu commandant depuis.

L'autopsie de Jon Anza, n'a pas non plus révélé de traces de tortures. Le ministre de l'Intérieur a conclu que c'est une campagne de dénigrement des forces de sécurité espagnoles mené par la gauche abertzale. Pour le ministre de l'intérieur il n'y a que deux versions, la version officielle et celle de l'ETA.

Publié dans Euskal Herria

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