L'Etat espagnol accuse le Venezuela de collaborer avec ETA et les FARC

Publié le par FPL

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Le juge Eloy Velasco de l'Audiencia nacional espagnole pense qu'ETA et les FARC entretiennent des liens depuis longtemps, 1999 selon lui. Lundi 1er mars, il a inculpé 6 Basques et 7 Colombiens, et, excepté pour un Colombien, émis des mandats d'arrêt à leur encontre. Dans l'acte d'accusation de 26 pages, il leur reproche surtout des échanges d'informations sur les armes, sans préciser dans la plupart des cas quels délits précis on pourrait attribuer à chacun. Mais il y a une autre accusation grave dans l'acte : le Gouvernement du Venezuela aurait aidé le travail en commun des deux organisations.

Le premier ministre Zapatero a demandé au Venezuela de donner des explications, en disant que l'Espagne "agirait en conséquence". Et le gouvernement du Venezuela a répondu qu'il considère qu'un juge espagnol dise que le gouvernement d'Hugo Chavez aide l'alliance d'ETA et des FARC est "partisan". Il y voit la volonté de nuire à sa politique, et cela est "inacceptable".

Selon l'acte d'accusation, Iñaki Dominguez, qui serait membre d'ETA et que "les polices situent au Venezuela", et un autre ETAkide auraient donné un stage "théorique-pratique" sur l'utilisation d'armes et d'explosifs à 13 membres des FARC en 2007, dans la forêt vénézuelienne. Ils auraient ensuite reproduit ce stage pour un autre groupe des FARC.
S'il n'est pas précisé à quel moment il aurait eu lieu, il y est dit qu'une personne qui allait avec les membres d'ETA portait un gilet avec les sigles de la Direction de l'Intelligence Militaire du Venezuela, et que celui-ci aurait fait un travail de surveillance dans une voiture lorsqu'il y avait des militaires vénézueliens.

Selon l'Audience nationale, les deux organisateurs de ce stage seraient le déporté basque Arturo Cubillas et le colombien Remedios Garcia. Et elle a fait un effort particulier pour lier Cubillas au Gouvernement Vénézuelien. Le gipuzkoar vit depuis 1989 au Venezuela, et elle souligne à deux reprises qu'il est marié à la vénézuelienne Goizeder Odriozola, et qu'Odriozola a occupé des postes publics au gouvernement depuis qu'Hugo Chavez est président. Cubillas lui-même aurait été nommé vice-président dans l'Admnistration du Ministère de l'Agriculture en octobre 2005.

«Intention de tuer Uribe»

Le juge dit aussi que les FARC avaient l'intention de s'attaquer aux dirigeants du gouvernement colombien. Et qu'ETA aurait été là pour les aider. En échange des enseignements que les membres des FARC avaient donné à ceux d'ETA, les premiers auraient demandé aux seconds de les aider à tuer des dirigeants colombiens. Précisemment, en leur disant où ils pourraient s'attaquer à eux dans l'Etat espagnol.

Le colombien Victor Ramon Vargas serait parti deux fois en Espagne et aurait dans ces voyages épié l'ambassade de Colombie. Les FARC auraient suivi l'ancien président du Venezuela Andres Pastrana et d'autres dignitaires importants, car "ils voulaient attenter à la vie de l'un d'entre eux". D'après ce que dit le juge sans plus de détails, ils avaient aussi, "plus récemment", le président Alvaro Uribe comme cible.

Treize inculpés

Velasco inculpe 13 personnes : il accuse le basque Arturo Cubillas et les colombiens Edgar Gustavo Navarro et Victor Ramon Vargas de «conspiration d'un assassinat terroriste» ; Iñaki Etxarte, Iñaki Dominguez, Vargas et Jose Maria Zalduari, de détention d'explosifs; et les basques Jose Angel Urtiaga et Jose Miguel Arrugaeta, et les colombiens Emiro del Carmen, Rodrigo Granada, Remedios Garcia, Luciano Martin et Omar Zabalari, «d'aide à une organisation terroriste». Les basques inculpés sont des réfugiés et des déportés historiques.

Remedios Garcia vit dans l'Etat espagnol, et le juge lui a donné jusqu'au 24 mars pour déclarer. Quand il a su la nouvelle, il a certifié n'avoir rien à voir ni avec ETA ni avec les FARC.

Dans le cas de tous les autres, il a ordonné la recherche, l'arrestation et l'emprisonnement, ainsi qu'aux ministères de l'Intérieur et des Affaires etrangères de prendre les initiatives nécessaires. Il a demandé expressément à Cuba et au Venezuela de procéder aux arrestations et à l'extradition ; "spécialement" au Venezuela. "Ce procès a révélé l'aide du Gouvernement vénézuelien au travail en commun des FARC et d'ETA, surtout avec Arturo Cubillas, car il a un poste public dans ce pays", a-t-il "argumenté".

Publié dans Euskal Herria

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