Le Collectif Jon Anza souhaite la désignation d'un juge d'instruction

Publié le par FPL

Le Journal du Pays Basque
30/01/2010

Béatrice MOLLE




La procureure de Bayonne Anne Kayanakis a répondu hier soir par la négative à la demande du Collectif Jon Anza : selon elle, aucun élément nouveau ne justifie la désignation d'un juge d'instruction, dans le cadre de cette affaire.

Dans la matinée, le collectif Jon Anza avait réagi à la publication dans nos colonnes (26/01/2010) de l'extrait d'un livre à paraître le 24 février et qui pointe du doigt un service de la police espagnole dans la disparition du militant basque Jon Anza le 18 avril 2009. Principaux messages délivrés par le collectif : le souhait que dans le dossier de cette disparition inquiétante, un juge d'instruction soit nommé. «Nous voudrions faire en sorte que la vérité soit connue et que la procureure puisse désigner un juge d'instruction indépendant. Nous ne doutons pas de sa sincérité, mais nous pensons qu'il est primordial qu'un juge d'instruction prenne l'affaire en main. Par ailleurs, nous pensons que Mme Alliot-Marie, qui était ministre de l'Intérieur lorsqu'a eu lieu l'enlèvement et aujourd'hui ministre de la Justice peut très bien connaître les tenants et les aboutissants de cette affaire, et la collusion entre les deux polices. Nous allons saisir MAM, par le biais d'une lettre ouverte pour obtenir des réponses à ce sujet» explique le Collectif représenté hier par Michel Berger, Anaiz Funosa (Askatasuna), Xabi Larralde (Batasuna), Michaël Alcibar (AB), Txomin Catalogne (Segi), Maylis Iriart (LAB) et Michel Mendiboure (Anai-Artea). Le Collectif indique ne pas connaître Jacques Massey, l'auteur de l'ouvrage ETA : Histoire secrète d'une guerre de cent ans qui s'appuie sur des informations «provenant de l'entourage de Joseba Egibar et celles de hauts fonctionnaires français» qu'il a lui même contacté.

Toujours la même piste

Pour la deuxième fois, après le quotidien Gara, l'ouvrage pointe du doigt un service de la police espagnole dans cette affaire. Jon Anza a été vu pour la dernière fois en gare de Bayonne, alors qu'il s'apprêtait à prendre le train pour Toulouse. «Nous avons entrepris nous-même de faire les recherches, mais toutes les vidéos et contrôles ont été détruits. Aujourd'hui c'est la procureure qui a tout en mains. La seule réponse que nous ayons est que `l'enquête suit son cours'. Mais une personne ne peut pas disparaître ainsi !» lance le Collectif Jon Anza.

Enregistrements administratifs

Recontacté, J. Massey réitère les propos de ses interlocuteurs : «Ce sont des gens sérieux, des hauts fonctionnaires qui d'ailleurs après publication de l'extrait dans votre journal n'ont pas démenti cette version et ne m'ont fait aucun reproche, bien au contraire!»

Quant à d'autres précisions sur la présence d'écoutes téléphoniques dans cette affaire, comme il le relate dans son livre, Jacques Massey explique : «La première information que l'on m'a donnée est qu'il y a eu des traces matérielles de cet `incident'. Plutôt que d'écoutes téléphoniques, il serait plus adéquat de parler d'enregistrements administratifs.» Des éléments matériels, aux dires de ces interlocuteurs, dans une enquête qui en manque cruellement. Reste que dans ce genre d'affaires, la part d'ombre prend souvent le pas sur la recherche de la vérité.


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