Les chiens aboient, la caravane passe

Publié le par FPL

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Par Liberation Irlande:
Quelques remarques face à une attaque récente et notre position antifasciste.

Avec nos associés du Forum des Peuples en Lutte, nous avons été qualifiés ‘d’identitaires de gauche aspirés dans la spirale fasciste’ par un certain groupe, que nous appellerons l’équipe zombie, et qui mène une petite guerre internet contre les mouvements de libération nationale à partir d’une argumentation de type ultra-gauche. L’autre face du problème est que nous voyons des militants d’extrême-droite fantasmer de façon croissante sur l’Irlande, afin d’exploiter pour leurs propres objectifs l’imagerie républicaine irlandaise. Comme souvent dans l’histoire, la calomnie gauchiste dogmato-délirante rejoint la proposition fasciste mytho-conquérante, au bénéfice de cette dernière. C’est donc l’occasion de soumettre à nos lecteurs quelques considérations.

Derrière ses charabias démagogiques et sous ses masques variés, on peut isoler des traits constants du fascisme, formant un tout : il s’agit de la réaction sous le masque de la révolution, la mobilisation des masses contre elles-mêmes, la mythologie contre les lumières. Le fascisme est difficile à cerner avant d’arriver au pouvoir, mais après c’est trop tard, alors il faut exercer son regard. D’autant plus que le fascisme est un mouvement qui surgit et qui profite de la dépolitisation, du relativisme et de l’indifférentisme généré par la société de consommation et la social-démocratie, poussant comme un champignon sur la crise de ce système. Il est impossible de combattre le fascisme sans combattre la social-démocratie qui a pour rôle historique de faire naître les espoirs et les trahir, de gérer le capitalisme par la conciliation de l’inconciliable, tout en endormant, en réprimant et en frustrant essentiellement les masses.

Le terrain étant préparé par la social-démocratie, le fascisme cherche à se faire passer pour une transcendance historique au delà de la vie capitaliste. Une de ses armes est l’imitation et le vol pur et simple des symboles de la révolte révolutionnaire, sa cible est une frange de la jeunesse radicalisée, blanche la plupart du temps.

Il est facile de voir que les symboles irlandais sont plus facilement phagocytables que d’autres pour les fascistes : la figure énergique et sacrificielle de Bobby Sands, les images des colonnes volantes de l’IRA historique, des Fenians, sur fond de croix celtiques en vieille pierre, sont régulièrement mises en avant par les fascistes, pour la galerie. Ils voient par exemple en Bobby Sands un guerrier blanc, catholique, européen, et en Margaret Thatcher une incarnation de la Perfide Albion. A nos yeux au contraire, pour le dire en gros, Bobby Sands incarne le prolétariat international et Thatcher la bourgeoisie impérialiste. Une autre raison qui pousse les fascistes à recycler cette imagerie, c’est leur anglophobie séculaire et leur haine invétérée des protestants, choses communes dans les familles de la vieille France privilégiée. Cet opportunisme fasciste fondamental fait que si les tentatives fascistes de récupération sont assez foisonnantes sur internet, elles sont tape-à-l’oeil et peu profondes. Car il y a un mur face à eux, qui est la réalité historique elle-même, et il y a aussi la présence idéologique de Libération Irlande.

Précisons donc nos conceptions : nous n’avons rien contre le peuple anglais, ni étatsunien d’ailleurs, nous respectons les sentiments religieux des fidèles protestants comme catholiques, des juifs comme des musulmans. Ce sont pour nous des évidences. De même, nous rejetons les idées impérialistes et barbares de guerre des civilisations, de guerre de religions ou de guerre des races. Notre républicanophilie vient du fait que nous voyons nos camarades d’Irlande comme des démocrates conséquents et-ou des francs-tireurs de la guerre de classe. Si on en dressait un portrait-robot, on trouverait le type de l’internationaliste convaincu, pas celui du fasciste ‘identitaire de gauche’ comme le prétend l’équipe zombie. Qu’ils et elles soient d’Irlande, du Pays Basque, de Corse ou d’Occitanie, les camarades et amis que nous avons eu le bonheur de rencontrer et qui nous soutiennent nous ont montré un même visage, le visage des humanistes déterminés, des antifascistes honnêtes et intraitables.

Le fait que Libération Irlande, groupe antifasciste de petite taille, soit le seul groupe de l’état français à être reconnu par des républicains irlandais authentiques organisés est une indication claire qu’il ne s’agit pas d’une relation opportuniste mais d’une communauté de vues assez profonde. Les républicains irlandais authentiques ne sont pas des identitaires de gauche tendant inexorablement vers le fascisme, comme le croient peut-être les stratèges fascistes et comme le disent assurément leurs associés objectifs de l’équipe zombie. Les déclarations antifascistes des organisations Republican Sinn Féin et 32 County Sovereignty Movement, qui n’ont pas été faites dans le vent, mais en réponse à un antagonisme réel avec les tendances fascistes dans leur société en crise aggravée, sont claires comme de l’eau de roche.

A ceux des lecteurs honnêtes qui fréquentent notre site parce qu’ils se sentent des atomes crochus avec les républicains irlandais authentiques, mais qui n’apprécient pas notre idéologie (personnes attirées par l’extrême-droite y compris), nous disons : faites votre opinion par vous-mêmes, confrontez les discours et la réalité, voyez où est le sérieux de l’engagement. La vérité est dans les faits, pas dans la bouche des usurpateurs ou des calomniateurs. Nous sommes les témoins d’une période de décantation entre la révolution et la contre-révolution, entre l’authentique et la contrefaçon. Dans ce type de période, le meilleur côtoie le pire, mais les pôles se constituent malgré tout à travers l’observation, la critique, la proposition, et surtout l’engagement.

Non aux récupérations fascistes et aux venins complices, non à la capitulation social-démocrate.

Publié dans Peuples en Lutte

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