Les restes de Jon Anza n'étaient pas passés inaperçus à l'époque

Publié le par FPL

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Le JPB

30/03/2010

Goizeder TABERNA

Plus le temps passe, plus la liste des questions sur la bonne marche de l'enquête s'allonge. Il semblerait que la présence de Jon Anza à la Morgue de Purpan ne soit pas passée inaperçue, du moins dans un premier temps, car le CHU de Toulouse a contacté le Parquet de cette même ville à maintes reprises après sa mort. Une correspondance à laquelle se sont ajoutés des échanges de mail entre le Parquet et le commissariat.

Il est avéré que le CHU avait communiqué à trois reprises à différents services la présence d'un homme non identifié à l'hôpital, comme il l'a affirmé 15 mars. Mais cette fois, une source non-officielle de l'hôpital affirme que plusieurs autres courriers électroniques avaient été envoyés au Parquet après que Jon Anza soit mort, le 11 mai 2009. L'hôpital et le Parquet non pas voulu s'exprimer sur cette question.

Dans ces mails, l'hôpital demandait à l'institution judiciaire ce qu'il devait faire avec ce corps non-identifié trouvé le 30 avril 2009, avenue de Strasbourg à Toulouse. Le Parquet a premièrement répondu que des éléments inhabituels exigent que le corps soit conservé à la morgue. Dans un second temps, de nouveau sollicité par l'hôpital, le Parquet de Toulouse lui demande de ne pas bouger le corps car une enquête est en cours.

Aucune trace

La même source a pris acte, par ailleurs, d'un échange «fluide», durant cette période, entre une douzaine de personnes travaillant au CHU, au Parquet et au commissariat. Une donnée qui ne fait qu'accentuer les difficultés pour comprendre pourquoi le corps de ce militant d'ETA est resté dix mois dans une morgue alors que sa famille et une procureure le recherchaient, depuis le 24 avril pour la première et le 18 mai pour la seconde.

Depuis la découverte du corps de Jon Anza la semaine du 8 mars à la morgue de l'hôpital Purpan, des informations comme celle-là apparaissent par le biais de voix autorisées ou pas. Elles attirent l'attention sur le problème de communication entre les trois entités sus-citées, qui a engendré «l'abandon» des restes de Jon Anza, sans pour autant les enterrer sous «X», comme cela se fait dans ces cas-là. De source judiciaire, le commissariat n'aurait aucune trace de la demande d'enquête sur l'identification de ce corps envoyé par fax par le Parquet de Toulouse. Donc, comment se fait-il que le Procureur de la République n'ait pas fait de suivi de cette demande ? Comment se fait-il que la police judiciaire n'ait pas donné de suite non plus au signalement que le CHU de Toulouse dit avoir réalisé auprès de ses services le 30 mai ? Ni à celui qu'elle a adressé à un service qui s'appelait auparavant l'Office central chargé des personnes disparues qui dépend de la Direction centrale de la police judiciaire ? Enfin, comment se fait-il, que toutes ces personnes informées de la présence d'un corps non identifié à Purpan n'aient pas fait le lien avec la circulaire de recherche envoyée par la procureure de Bayonne ?

Des questions qui sont encore plus difficiles à résoudre au regard de la facilité avec laquelle les trois institutions communiquent dans la première phase de cette histoire.

Une autopsie à l'étude

La famille Anza a reçu le rapport d'autopsie en fin de semaine dernière. Ses avocats réfléchissent sur la possibilité de réclamer des analyses complémentaires, sans pour autant communiquer d'informations supplémentaires sur leur nature, invoquant le secret de l'instruction. Dans le cas où des examens compléteraient l'autopsie réalisée le 15 mars dernier à l'hôpital Rangueil de Toulouse, ils porteraient sur l'étude de coagulations sanguines retrouvées dans le corps. L'objectif : savoir si ces coagulations sont la conséquence d'un produit extérieur au corps ou pas. Les médecins légistes devraient également procéder à des radios de tous les membres de Jon Anza afin de détecter la moindre lésion sur les os. Par ailleurs, l'autopsie a confirmé la présence de sang au niveau de la bouche, comme le signalait la semaine dernière l'édition toulousaine de Libération.fr.

Mais cela ne suffirait pas pour en déduire que Jon Anza souffrait d'une hémorragie interne lorsque des agents de la police municipale l'ont retrouvé dans la nuit du 29 au 30 avril 2009, sur la voie publique de Toulouse.

Publié dans Euskal Herria

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