Manifestation dans les rues de Toulon pour les prisonniers politiques corses

Publié le par FPL

 

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Moment historique, hier matin, sur les bords de la rade de Toulon. Pour la première fois, les nationalistes corses (près de 150 personnes ont débarqué à l'aube d'un navire de la Corsica Ferries en provenance de Bastia) sont allés « sur la terre de France pour exiger le retour des otages corses sur l'île. »


Organisée par l'association Sulidarità, la manifestation, discrètement encadrée par les services de police, s'est déroulée sans heurts entre le port de commerce et la Tour Royale, « symbole de la répression française à l'égard du peuple corse. »


Emmené par des femmes, toutes mères, compagnes ou soeurs de militants nationalistes incarcérés sur le Continent, le cortège a parcouru les deux kilomètres du trajet sous la pluie et dans le froid. Mais au son de chants corses.

 

« Toute l'eau de la mer ne pourra vous laver »


« Des chants de liberté et d'espoir » qui ont pris fin à l'arrivée à la Tour Royale.

Car « l'heure n'est plus à la musique mais au recueillement » dira Dumè Tafani, l'un des responsables de Sulidarità. Au recueillement certes. Mais aussi aux revendications. Très remonté contre l'État, Dumè Tafani s'en est pris au juge antiterroriste Gilbert Thiel. Dénonçant l'interpellation de Maria-Anghjulella Caviglioli (mercredi à Paris au sortir du parloir où la présidente de Sulidarità avait rendu visite à son compagnon), Dumè Tafani a lancé à l'encontre du magistrat : « Toute l'eau de la mer ne pourra vous laver. Ce que vous avez fait est ignominieux ! »


Des propos très durs, tout comme l'emploi du mot « otages » pour désigner les prisonniers corses, au nombre d'une quarantaine, incarcérés dans différentes prisons continentales. Mais Dumè Tafani assume. « Otages car la loi permet le rapprochement des prisonniers politiques corses vers les lieux où habitent leurs familles. Il n'y a aucun obstacle technique. Les raisons sont uniquement politiques et liées au conflit qui oppose l'État français au peuple corse depuis des dizaines d'années. Ça fait dix ans que les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique, nous font des promesses. Il est temps que ces promesses soient tenues. » N'épargnant pas au passage la classe politique corse qui, à ses yeux, « se contente du service minimum » et « ne crée pas le rapport de forces nécessaire pour faire plier l'État », Dumé Tafani a conclu son discours au cri de « Liberta ! »

 

Pierre-louis Pagès pour Corse Matin

 

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