Meurtre de Philippe Paoli: le FLNC accuse un groupe mafieux

Publié le par FPL

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Les clandestins ont rendu hommage hier près de son village à ce proche de Charles Pieri, membre de l’exécutif de Corsica Libera tué le 29 juin à Folelli

Onze jours. Le temps du deuil. Mais aussi de la réflexion. Le 29 juin dernier, Charles-Philippe Paoli, 41 ans, était assassiné en plein jour à la sortie Sud de Folelli alors qu’il circulait sur son scooter T-Max.
Cet homicide ayant touché ce membre de l’exécutif de Corsica Libera qui était l’un des lieutenants de Charles Pieri, avait suscité la montée au créneau de Corsica Libera. Brocardant la semaine dernière une « campagne de dénigrement ». 

Menace à un « groupe mafieux »
Après la vitrine légale, c’est la branche clandestine qui a parlé hier lors d’une conférence de presse qui s’est tenue en Haute-Corse. Dans un lieu hautement symbolique : « sur les hauteurs de Pruno », le village de l’Ampugnani dont Philippe Paoli était originaire. Au-delà de la mort d’un militant, le FLNC a donc parlé comme un seul homme. Derrière une large bandera, plusieurs clandestins encagoulés et armés écoutaient en silence la lecture d’un communiqué de presse.

Gravement, l’orateur annonce que le mouvement « entendait donner une conférence de presse pour évoquer l’ensemble des sujets. » Mais seul l’assassinat fixe le canevas. « Au moment où le mouvement national est en passe  d’arracher d’importantes avancées politiques, l’assassinat par un groupe mafieux de notre militant Philippe Paoli vient assombrir la vie politique de notre pays », argumente l’homme en noir. « Philippe était un militant historique de notre organisation, il a participé de manière active et permanente à l’ensemble des luttes du peuple corse, c’était un militant et un homme exemplaire, ceux qui ont accompli cet acte n’ont pas mesuré sa portée ni ses conséquences », poursuit-il. Les paroles lourdes de sens sont des menaces claires et nettes. A qui sont-elles destinées? Le FLNC n’a pas employé le mot de vengeance. Mais il a désigné un coupable : « un groupe mafieux ».

« Nous saurons faire face »
Est-ce le signe d’une intervention active des clandestins dans les règlements de comptes qui agitent le banditisme insulaire depuis 2006? Il est clair que cette mort n’est pas celle de Jean-Baptiste Acquaviva ou d’autres militants morts en perpétrant des attentats. Il s’agit bel et bien d’une exécution. Et l’omniprésence du milieu est aujourd’hui un paramètre auquel le FLNC doit faire face, de nombreuses années après les liaisons dangereuses supposées entre Charles Pieri et la Brise de mer.

La réponse?  « Notre organisation saura faire face à cette agression tout en maintenant la stratégie politique qui permettra à notre peuple de concrétiser des avancées significatives », prévient-on. Dans la confusion, les clandestins remettent les pendules à l’heure. « Nous démentons toute participation à l’attentat contre le complexe Melody dont Philippe n’était ni gérant ni propriétaire », appuie le porte-parole. Ce complexe de Santa-Maria Poggio avait été visé par un attentat quatre jours avant le crime. Sur les murs, la signature FLNC... Un acronyme qui n’était donc pas une vérité. Mais qui ajoutait de la confusion. Le FLNC y a mis de la clarté.
« Ne compter que sur ses propres forces pour sortir du chaos »

Le contexte actuel ? « La situation de chaos que connaît la Corse aujourd’hui est le résultat de la politique menée par l’Etat français. Notre peuple, face à ce défi ne doit compter que sur ses propres forces pour construire son avenir », complète le militant. Près de la petite lampe, d’autres lignes évoquant la sortie de crise sont éclairées au cœur de la châtaigneraie  : « Il appartient maintenant au mouvement national dans sa diversité de s’affirmer comme l’alternative. Seule cette voie est de nature à régler politiquement la question nationale corse et de mettre fin à la situation délétère vécue aujourd’hui. »

« Injuste et inexplicable »
Sur les fondamentaux, le FLNC ne cille pas : « C’est en présentant un projet d’émancipation nationale et en donnant à notre peuple l’ensemble des prérogatives qui lui sont dues que l’on ouvrira des horizons nouveaux, et que l’on sortira des logiques mortifères. Que personne ne se méprenne et ne se trompe, nous serons à la hauteur de la situation. » Et de promettre, comme une profession de foi politique renouvelée : « Nous n’abandonnerons jamais ce que nous avons entrepris le 5 mai 1976. La politique définie il y a presque 40 ans basée sur les droits fondamentaux de notre peuple reste notre fil conducteur. La mort de Philippe nous rend tristes. Elle est injuste et inexplicable. Mais elle renforce notre détermination», a conclu l’orateur. Tout en présentant, au nom du FLNC « ses condoléances à sa femme, ses enfants ainsi qu’à sa famille...

Et nous assurons tous ses amis que nous ne l’oublierons pas.» Si cette conférence sonnait comme une oraison funèbre, elle permettait aussi de repositionner les clandestins. Mais la question est de savoir s’ils pourront mener toutes les luttes d’un même front.

 

Source Corse matin

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