Nous avons fait le choix, et toi ?

Publié le par FPL

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Txomin Catalogne / Militant de Segi

Samedi dernier une quarantaine de jeunes d'Ipar Euskal Herri s'était rassemblée à Bayonne pour tenir une conférence de presse. Le message de la conférence était celui-ci : Nous sommes la jeunesse qui travaille dans différents secteurs, du droit au logement au droit à la terre, de l'officialisation de l'euskara à un autre modèle d'éducation en passant par la diffusion de la culture libre dans les gaztetxe... Nous sommes la nouvelle génération qui fait avancer ces luttes. L'Etat français le sait. C'est pour cela qu'il nous a dans sa ligne de mire. Qu'il sache que sa stratégie répressive ne nous fera pas dévier de notre chemin.

Deux jours après avoir diffusé ce message clair, ils ont arrêté trois jeunes de Basse-Navarre tôt le matin. Tout d'abord il est à souligner que les jeunes arrêtés avaient participé à cette conférence de presse. Ils étaient parmi beaucoup d'autres jeunes derrière le slogan : Euskal Gazteria Aitzina ! (La jeunesse basque en avant !)

Dans ce sens, il est, pour nous aussi qui formons la jeunesse, indispensable de dénoncer catégoriquement ces arrestations et d'exprimer tout le soutien que méritent ces trois jeunes.

De nouveau, la France s'attaque à la jeunesse basque. Elle s'entête dans sa stratégie répressive en se persuadant elle-même que c'est par cette voie qu'elle arrivera à isoler, désactiver et/ou décrédibiliser toute une génération. C'est voué à l'échec. L'ennemi ne cassera pas la solidarité qui lie la jeunesse. Nous formons à nous tous et dans notre diversité la jeunesse basque idéaliste et activiste.

Plus que le futur de ce peuple, nous en sommes le présent.

Le présent, oui : avec ses hauts et ses bas. Même si la répression ne nous stoppe pas, elle nous fait beaucoup de mal. A nous, mais aussi aux droits civiques et politiques. Comment ne pas parler du mandat d'arrêt européen accepté, hier par la cour d'appel contre la militante Aurore Martin. De ce fait, les tribunaux du «pays des droits de l'homme» mettent en marche un processus d'illégalisation de Batasuna. Une décision politique qui va de nouveau à l'encontre des attentes du peuple.

Paris a fait un pas effrayant qui ouvre une nouvelle période. Cette décision, elle l'a prise elle-même et dans l'intérêt de ses objectifs politiques. Paris a fait le choix d'assumer l'emprisonnement d'une militante abertzale. Il faut comprendre ce pas antidémocratique comme un pari. Celui de stopper un projet politique précis, qui prend force au Pays Basque Nord, en emprisonnant d'une manière ou d'une autre les personnes qui le font avancer.

Ils n'ont toujours pas compris que pour nettoyer le Pays Basque Nord, c'est à eux de s'en aller. Eux, les représentants d'un Etat oppresseur : juges, procureurs, préfets, flics et combien d'autres du même acabit. Leur présence met en évidence qu'au Pays Basque Nord a lieu un conflit en pleine ébullition.

Sous l'excuse de l'ADN, ils harcèlent le paysan abertzale syndicaliste Jean-Michel Ayçaguer, 10 militants basques risquent plus de 20 ans de prison dans un procès qui a lieu à Paris, les élus qui condamnent le mandat d'arrêt européen se voient refuser l'accès de la sous-préfecture par la bouche d'un CRS et leur menaçante présence, les attaques contre la jeunesse... Les semaines que nous vivons reflètent la situation actuelle. Il y a aujourd'hui dans tout le Pays Basque un conflit politique. Pour résoudre ce conflit il y a deux stratégies. L'une qui est la lutte pour le droit à l'autodétermination et l'autre qui est basée sur la répression et l'assimilation.

Nous, nous avons fait le choix de la mobilisation et de la prise en main de notre futur, et toi ?

 

Source: Le JPB

Publié dans Euskal Herria

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