Rassemblement contre le 14 juillet à Miarritze

Publié le par FPL

Le JPB
Pays Basque


"Leur jour de fête est notre jour de lutte"

15/07/2010

Béatrice MOLLE

Le 14 juillet : «La fin de la monarchie absolue et le triomphe de la démocratie» dans l'histoire officielle française. Segi en a une tout autre vision et a manifesté à Biarritz (voir encadre) : «Ce que la République Française se garde bien de nous apprendre, dans ses écoles, est que le 14 juillet 1789 marque au contraire pour le Pays Basque l'abolition des anciennes coutumes démocratiques, des assemblées (les biltzar), mais aussi le début d'une centralisation dont on ne peut que voir aujourd'hui les effets néfastes : perte de la langue, de nos institutions et imposition de projets à l'insu du peuple basque et du respect de sa terre (LGV, résidences secondaires, touristification...).» Segi propose aux habitants du Pays Basque «de ne pas renoncer à son mode de vie et identité, au profit d'une république intolérante, corrompue et de plus en plus oppressante». Segi appelle «à reconquérir un futur qui ne nous appartient plus» par le biais d'alternatives telles que Laborantxa Ganbara, Udalbiltza, les Gaztetxe ainsi que les collectifs anti-spéculation et anti-LGV.

Toujours à propos du 14 juillet, le groupe municipal Herri Berri de St-Jean-de-Luz affirme «qu'il assume sans ambages son identité républicaine, au sens philosophique du terme» mais qu'il n'assistera pas aux cérémonies du 14 juillet regrettant «que les symboles civiques offerts à la population soient si chauvins et nationalistes.» Le groupe s'étonne d'avoir reçu coup sur coup, les invitations aux cérémonies de commémoration du mariage de Louis IV, et celle du 14 juillet.

Sous haute surveillance policière

Les rues de Biarritz étaient bondées hier, quand près de 200 manifestants ont démarré de la Place Clémenceau. Un parcours symbolique était prévu avec des arrêts considérés comme stratégiques par Segi, mais la police a empêché le déroulement prévu. Les jeunes ont pu cependant coller une affiche sur une banque où l'on pouvait lire «Mort au capitalisme». A deux reprises, les CRS ont usé de gaz lacrymogènes, et de coups de matraques. Des flash balls auraient été aussi utilisés selon les organisateurs.

Les manifestants souhaitaient se rendre à la mairie, pour remettre une lettre au Sénateur-maire Didier Borotra, mais les rues étaient bouclées par la police. Le maire s'est approché des manifestants qui lui ont remis la lettre, signée Segi, adressée à son intention et à son conseil municipal, en reprochant au maire la forte présence policière. La lettre explique le choix de Biarritz. Extraits : «Miarritze est l'un des symboles de l'assimilation et de l'oppression que nous subissons... Une ville inaccessible à la population locale, une ville qui a choisi de se vendre jusqu'à la moelle... L'Etat français et son système capitaliste sont au coeur du problème. Nous finissons notre visite devant l'hôtel de ville, car vous aussi, vous êtes clairement responsables de cette situation.»


 


 


Le JPB
L'opinion - Tribune Libre


A l'attention de M. D. Borotra, sénateur-maire de Miarritze et de son conseil municipal

16/07/2010

SEGI

Nous venons de visiter la ville de Miarritze, située sur la côte de notre pays. Une très belle ville bordant la mer, sans doute parmi les plus belles de notre pays.

L'océan à perte de vue, des plages à n'en plus finir, un cadre naturel exceptionnel : Miarritze est clairement une ville plaisante que l'on aime découvrir, visiter et re-visiter.

Même si certains d'entre nous y vivent ou ont l'habitude de la fréquenter, beaucoup des jeunes ayant participé à la visite d'aujourd'hui ne découvraient cette ville que pour la première ou seconde fois.

Tous faisons le même constat : si son cadre naturel rend cette ville exceptionnelle au sein du patrimoine de notre pays, la réalité est d'un tout autre genre. En effet, Miarritze est l'un des symboles de l'assimilation et de l'oppression que nous subissons. C'est une ville clairement tournée vers le tourisme de masse et qui nie l'importance du développement local, c'est une ville qui privilégie largement le folklore superficiel à la culture multicolore et populaire, une ville inaccessible à la population locale, une ville qui a choisi de se vendre jusqu'à la moelle, une ville sans âme qui pue le fric et le bourgeois...

Les responsables de cette situation, nous les avons très clairement identifiés : l'Etat français et son système capitaliste sont au coeur du problème. Plus impérialistes que jamais, plus cruels, violents et sournois que jamais, ils forment à eux deux une paire capable de détruire notre terre et notre pays. Nous en finirons avec eux !

Mais ces responsables n'apparaissent pas ici comme un ovni : si le système capitaliste continue à nous bouffer c'est qu'il possède ici des complices qui ne voient en cette terre qu'une source de profit, si l'Etat français continue à nous assimiler c'est qu'il possède ici des complices qui appliquent sa politique.

Une agence immobilière qui vend le moindre m2 de terre, une banque qui vole notre argent et les fonds publics, des gendarmes et flics en civil qui défendent les plus riches et plus puissants, etc. nous avons aujourd'hui rencontré une poignée de ces responsables locaux.

Nous finissons notre visite devant l'hôtel de ville car, vous aussi, vous êtes clairement responsables de cette situation. C'est vous qui, les 12 mois de l'année, continuez à faire évoluer la situation dans le mauvais sens, alors que nous allons droit dans le mur. C'est vous qui, les 12 mois de l'année, continuez à vendre votre terre, notre terre. C'est vous qui, les 12 mois de l'année, ne prenez que des décisions minimes alors que l'euskara, votre langue, notre langue, est en train de disparaître. C'est vous qui, les 12 mois de l'année, continuez à faire de ce territoire un simple paradis pour touristes sans répondre aux attentes de la population locale.

Nous n'attendons pas de ce courrier un bouleversement de vos habitudes ou une remise en cause de votre idéologie, mais nous espérons au moins qu'il fasse réagir les membres du conseil municipal qui croient en l'avenir de ce pays, s'il y en a...

Une chose est sûre : nous, nous croyons dur comme fer en l'avenir de notre pays, en l'avenir de notre jeunesse, en l'avenir de notre terre !

Tant qu'il le faudra, nous continuerons à manifester, à interpeller, à lutter !

Ici ce n'est pas la France, ici ce n'est pas l'Espagne, nous sommes au Pays Basque !

 

 

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Publié dans Euskal Herria

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