Thierry Gonzales SDF de la justice

Publié le par FPL

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photo d'archive Alta frequenza

 

Ou je reste ici, ou je retourne en prison ! » Après s'être « mis au vert » pendant près d'un mois, Thierry Gonzales est depuis quelques jours, à la disposition de la justice, mais la justice n'a pris aucune décision. « Aujourd'hui je suis un SDF », en déduit-il.

 

Ce père de trois enfants est mis en examen pour une tentative d'attentat commise en 2007 à Tiuccia, mais il est toujours en attente de son procès. Après son arrestation, il a effectué 20 mois de détention préventive, puis il a été assigné à résidence sur Paris. Mais cette situation était intenable sur la durée. Le 24 juillet 2010, après 14 mois de « vie parisienne », il a donc décidé d'enfreindre son contrôle judiciaire et de rentrer en Corse. Pour faire entendre ses arguments, il a alors entamé une longue grève de la faim dans la chapelle Santa Cruci de Porto-Vecchio, obtenant une permission de séjour pour le mois d'août.

 

Mais Thierry Gonzales entendait demeurer définitivement en Corse dans l'attente de son procès. Ses avocats ont alors déposé une demande de rapprochement familial mais celle-ci a été rejetée définitivement le 1er septembre par la cour d'appel de Paris. Décision qu'il n'a pas acceptée.

 

Durant tout son combat, il a reçu de nombreux soutiens et même des aides financières, y compris au-delà du milieu nationaliste. Il tient d'ailleurs à les remercier.

 

Qu'avez-vous fait depuis le 1er septembre ?


Je me suis mis au vert pendant un mois car j'avais besoin de réfléchir à la suite de mon action. Mais mon avocat m'a conseillé de me rendre car je risquais une peine de prison supplémentaire pour m'être soustrait à la justice.

 

Vous vous êtes donc rendu...


Je suis allé il y a quelques jours à la gendarmerie de Porto-Vecchio accompagné d'un ami. Les gendarmes m'ont auditionné, ils ont contacté le procureur mais aucune décision n'a été prise. Je demandais de pouvoir rester durablement en Corse ou de retourner directement en prison. Finalement, ils m'ont laissé repartir en me disant que, pour l'instant, je pouvais circuler librement car ils n'avaient aucun ordre me concernant.

 

Vous préférez donc la prison que l'assignation à résidence à Paris ?


J'y suis resté de long mois à Paris. Mais c'était impossible de m'en sortir financièrement. Je me suis retrouvé en situation de précarité. De plus, mes trois enfants sont en Corse et je ne pouvais donc les voir. C'est une double peine inacceptable. Alors effectivement, autant retourner en prison. Au moins cela sera décompté de ma future peine.

 

Qu'attendez-vous aujourd'hui ?


J'ai reconnu les faits qui me sont reprochés et je suis prêt à assumer ma peine. J'attends donc mon procès avec impatience. Pour autant, d'ici là, j'attends également une réponse claire et définitive de la justice concernant ma situation actuelle. Ici j'ai mes enfants, j'ai des propositions d'embauche mais je ne peux m'engager car je ne sais pas où je serai demain.

 

 

Propos Recueillis Par Pierre Ciabrini pour corse matin

Publié dans Corsica

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K 10/10/2010 11:30


Bon courage Thierry. Je suis dans une situation analogue à la tienne. J'ai été mis en examen par la galerie St Eloi en octobre 2001 condamné en première instance à 9 ans, en appel à 6 ans. J'ai
fait près de 7 ans de prison (dont 4 ans en isolement total avec une trentaine de transfèrements) à cause de problèmes liés à ma détention. Je devais être expulsé vers mon pays d'origine, mais
grâce à une procédure en urgence auprès de la CEDH, j'ai été assigné à résidence et j'ai gagné contre l'Etat français. Pâle victoire... La France n'a pas le droit de m'expulser vers mon pays
d'origine à cause de risques avérés de tortures et de traitements inhumain. En revanche je suis assigné à résidence depuis près de deux ans et demi - après avoir effectué la totalité de ma peine -
à plus de 400 km de mon domicile familial, dans une commune rurale de quelques kilomètres carrés ou je suis obligé de me présenter à la gendarmerie 3 fois par jour tous les jours. J'ai l'obligation
de trouver un pays d'accueil et de justifier mes recherches tous les mois, sans résultat depuis avril 2008, date de ma libération. Pour couronner le tout; récemment j'ai accompagné en urgence ma
femme à l'hôpital, j'étais été intercepté par la gendarmerie à 2O km de mon lieu d'assignation à résidence et j'ai pris 6 mois ferme et 90 euros d'amende. J'ai deux filles de 8 ans et 9 mois. Je
compatis à tes souffrances et suis de tout coeur avec toi. Je cherche d'ailleurs à fédérer un maximun de personnes assignés à résidence (un millier en France dont quelques dizaines dans des
situations aussi délétères que la tienne et la mienne. N'hésite pas à me contacter si tu le souhaites.
Pace Salute.