Un "loupé" policier en France dans l'enquête sur ETA

Publié le par FPL

 

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PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a reconnu samedi une erreur dans la diffusion la veille d'images d'une caméra d'hypermarché censées montrer cinq militants de l'ETA recherchés pour le meurtre d'un policier en Seine-et-Marne.

Les hommes sont en fait des pompiers catalans en vacances en France, sans rapport avec les faits.

Leurs familles s'étant manifestées auprès de la police, ils ont été auditionnés samedi et blanchis, a dit un porte-parole du procureur: "Ils ont été entendus, mis hors de cause et cette piste est abandonnée."

Le ministère de l'Intérieur pourrait retirer l'appel à témoins et les réquisitions judiciaires envoyées aux médias et leur imposant en théorie la diffusion des images, une procédure rarement utilisée. Aucune décision n'a cependant été notifiée.

Une première erreur avait été commise vendredi lors de la diffusion des images montrant les cinq hommes entre 09h00 et 10h30 à l'entrée d'un hypermarché Carrefour de Villiers-en-Bière (Seine-et-Marne), la police ayant expliqué que ces images remontaient à lundi alors qu'elles ont été prises mardi.

 

Le parquet a tenté de justifier la diffusion de cet enregistrement en expliquant qu'il semblait avoir été validé.

C'est le témoignage d'un policier à la retraite ayant aperçu à l'hypermarché un groupe parlant espagnol qui avait amené les enquêteurs à visionner les images de vidéosurveillance.

Trois policiers français impliqués dans la fusillade avaient cru ensuite reconnaître sur les images, selon les cas, trois ou quatre protagonistes du crime, a expliqué la porte-parole.

"On ne peut s'interdire aucune technique d'investigation et la diffusion de ces images permet de refermer cette piste", a-t-elle dit.

 

Le crime a suscité une forte émotion dans la police, le brigadier-chef Jean-Serge Nérin, 52 ans, étant le premier policier ou gendarme français à tomber sous les coups de l'organisation basque espagnole.

 

UNE AMBIGUÏTÉ SUR AGUIRREGABIRIA

 

Nicolas Sarkozy a aussitôt annoncé son intention d'alourdir les peines contre les meurtriers de policiers, lors d'un déplacement en Seine-et-Marne jeudi critiqué par l'opposition.

Celle-ci y voit une manoeuvre politicienne, alors qu'une lourde défaite semble se profiler pour le parti présidentiel au second tour des élections régionales de dimanche.

Les images de l'hypermarché, peu nettes, ne montraient pas la jeune femme "aux cheveux clairs, âgée de 30 à 40 ans", qui a été vue par les policiers au moment de la fusillade.

 

Elles ne montraient pas non plus l'homme arrêté sur place au moment de la fusillade, Joseba Fernandez Aspurz, 27 ans.

Ce dernier devait être présenté samedi à un magistrat antiterroriste en vue de sa mise en examen, mais on sait déjà qu'il ne s'agit pas du meurtrier puisqu'il était menotté quand Jean-Serge Nérin est mort.

 

Les enquêteurs ont retrouvé sur place des indices qui impliquent l'ETA, une arme Smith & Wesson dérobée dans une opération de l'ETA en octobre 2006 dans une armurerie de Vauvert (Gard) et une plaque minéralogique provenant d'un vol commis aussi en 2006 par l'ETA.

Joseba Fernandez Aspurz est en outre poursuivi en Espagne pour des faits liés à l'ETA.

Une ambiguïté demeure dans l'appel à témoins de vendredi puisque la police avait aussi diffusé, en plus des images vidéo, la photo d'un homme identifié comme étant Arkaïtz Aguirregabiria de Barrio, 27 ans.

Présenté comme un "haut responsable de l'appareil militaire" d'ETA, il est vu comme possible suspect de l'affaire Nérin.

C'est un témoin du vol de voitures ayant précédé le meurtre du policier français qui a cru le reconnaître sur une série de clichés d'activistes basques présentée par les enquêteurs, a précisé le parquet. On ignorait en milieu de journée samedi si la police maintenait ses réquisitions aux médias sur ce point.

 

Thierry Lévêque, avec Nicolas Bertin, édité par Jean-Stéphane Brosse

Publié dans Euskal Herria

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