Vague d'arrestations : deux personnes libérées et deux autres transférées à Paris

Publié le par FPL

Le JPB
Pays Basque

Quatre des huit personnes arrêtées mardi mises en liberté



01/04/2010

Goizeder TABERNA

Hier matin, les enquêteurs affirmaient que les huit gardes à vue étaient prolongées de 24 heures et que les “auditions continuaient”. En fin de journée, quatre d’entre elles prenaient fin : celles d’Arkaitz Tonerre, Joel Zurutuza, du jeune azkaindar et de David Bachacou. A l’heure du bouclage de cette édition, les quatre jeunes retenus à la gendarmerie de Pau, Peio Elyceri, Peio et Xabi Hirigoien et Mattin Olçomendi, étaient toujours en garde à vue.

Entamée mardi matin par la Police judiciaire de Bayonne et la Gendarmerie de Pau, l’opération, qui a conduit à l’arrestation des huit Labourdins, aurait un lien avec plusieurs enquêtes sur des attentats ou des tentatives d’attentats contre des cibles touristiques ou immobilières. Il s’agit de la cinquième opération de ce genre en un an pour des dossiers semblables, comme le rappelait hier Askatasuna.

Le maire de Briscous Pierre Dirratchet a su la nouvelle hier, matin. Il affirme que le conseiller municipal de son groupe, Xabi Hirigoyen, figurant parmi les personnes arrêtées, est “impliqué dans plusieurs commissions municipa- les” et “fait son travail sérieusement”, le maire rappelle qu’à ce jour “il est présumé innocent”.

Dénonciations

Le maire de Cambo aussi a suivi l’affaire et a exprimé sa satisfaction à la libération du Kanboar David Bachacou. Vincent Bru a été prévenu par les gendarmes le jour même des arrestations et a de suite appelé le père du jeune homme. Il savait “que David avait des engagements abertzale, mais ça fait un moment [qu’il n’entendait] plus parler de lui”. Il le décrit comme un garçon qui travaille et qui s’est installé à son compte, mais préfère ne pas se prononcer sur le fond de l’opération.

Cette dernière a provoqué d’autres réactions (voir encadré), notamment, celui des salariés du Collège Xalbador de Cambo qui ont “dénoncé” l’arrestation de deux de leurs collègues et ont exigé “leur libération immédiate”. Le parti abertzale AB aussi s’est opposé aux interpellations : “Les bombes n’ont jamais et ne seront jamais une solution aux problématiques d’aménagement du territoire (…) Mais tant qu’une politique du logement vraiment efficace ne sera pas mise en place, AB continuera à se solidariser avec les militants concernés par ces opérations policières”.

Hier encore, des rassemblements ont eu lieu pour dénoncer l’opération à Ascain (30), Bayonne (50), Saint-Jean-de-Luz (100), Cambo (150), et Briscous (120).


EHZ tient le cap

La situation est exceptionnelle pour le Conseil d’Administration, les bénévoles et les partenaires d’EHZ réunis à Hasparren hier. Près de 40 personnes ont demandé la libération de leurs camarades interpellés la veille. Parmi les huit personnes arrêtées, six sont des bénévoles du festival et un est salarié de l’association, il s’agit de Mattin Olçomendi. Ils ont rappelé que la perquisition du local d’EHZ de cette semaine est la troisième en 15 ans. Cette fois, les gendarmes ont emporté tout le matériel informatique. Malgré les obstacles, ils ont par ailleurs certifié que toutes les initiatives seront maintenues, en particulier le festival du 2 au 4 juillet. EHZ a reçu de nombreux autres soutiens, notamment, celui des élus D. Borotra, M. Poueyts, P. Etchepare, J. Pedehonta, J.-M. Galant (maire d’Ascarat), F. Dascon et des musiciens Fermin Muguruza, Bertrand Cantat, Berri Txarrak, J. Paul Roy, Serge Teyssot-Gay, Denis Barthe et des dizaines d’autres acteurs de la culture.



Le JPB
Pays Basque
Quatre jeunes toujours placés en garde à vue

02/04/2010
F.O.

Quatre des huit jeunes interpellés mardi sont toujours retenus dans les locaux de la Gendarmerie de Pau. Il s'agit de Peio Eliceiry, Peio et Xabi Hirigoien et de Mattin Olçomendi. Si leurs gardes à vue ont bel et bien été prolongées, les services de gendarmerie refusaient hier de donner tout élément.


Près de 200 personnes à Briscous et 75 à Saint-Jean-de-Luz se sont rassemblées hier en soutien aux quatre Labourdins. Et de nouveaux rassemblements sont prévus demain. Le mouvement Askatasuna a par ailleurs appelé à une manifestation samedi, à 15 heures, dans les rues d'Hasparren.

L'opération policière qui a conduit à l'interpellation de huit personnes a débuté mardi. Elle aurait un lien avec plusieurs enquêtes sur des attentats ou tentatives d'attentats contre des cibles touristiques ou immobilières. Si pour l'heure, quatre d'entre eux, retenus au Commissariat de Bayonne, ont été libérés mercredi, en fin d'après-midi, quatre autres jeunes se trouvent toujours entre les mains des services de recherches de Pau. Ces derniers pourront bénéficier à partir de la 72e heure de garde à vue, soit dès ce matin, d'un entretien avec leur avocat.

Par ailleurs, le festival EHZ, dont une des personnes interpellées est un salarié et dont le local a été perquisitionné et du matériel saisi, a reçu une vague de soutiens. Elus, institutions, partenaires, artistes, acteurs culturels, gaztetxe, bertsu entre autres, ont signé une motion affirmant ne pas croire au bien fondé de l'opération, s'engageant à continuer à travailler à leurs côtés et exigeant la restitution du matériel.



Le JPB
Pays Basque
Vague d'arrestations : deux personnes libérées et deux autres transférées à Paris

03/04/2010

G.C.

Après trois jours et demi et trois nuits de garde à vue, deux personnes supplémentaires, parmi les huit arrêtées mardi, ont été libérées sans charge tandis que deux autres étaient transférées à Paris.

Xabi Hirigoien et Peio Eliçeri ont été libérés après plus de 80 heures de garde à vue. Une personne proche de l'un d'eux a indiqué que les conditions de garde à vue ont été particulièrement dures et qu'on ne les a pas laissés dormir pendant trois nuits. Ils ont été libérés sans charge hier. Peio Hirigoien et Mattin Olçomendy ont par contre été transférés à paris pour être entendus par un juge d'instruction.

L'équipe du festival a par ailleurs indiqué qu'en deux jours près de 700 citoyens avaient manifesté leur soutien au festival «des gens de toutes origines, des élus de tous bords» a tenu à souligner Eneko Gorri, porte-parole de l'association. Pour ce dernier l'arrestation d'un permanent et la saisie du matériel «handicapent gravement l'organisation du festival» mais pas question d'annuler quoique ce soit. D'ores et déjà l'association a contacté des avocats pour récupérer son matériel.

Enfin Askatasuna appelle à une manifestation aujourd'hui samedi à 15 heures à Hasparren (église), qui aura pour thème «ça suffit ! la répression n'est pas la solution !»

Publié dans Euskal Herria

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