Vague d'arrestations huit jours après le cessez-le-feu d'ETA

Publié le par FPL

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Une nouvelle grosse opération policière visant la gauche indépendantiste a eu lieu hier sur l'ensemble du Pays Basque. Onze personnes ont été arrêtées au Pays Basque Sud et deux à Bayonne alors que certains médias espagnols annonçaient qu'un grand nombre d'arrestations étaient encore à venir. Cette opération a eu lieu sur ordre du juge de l'Audience nationale Grande-Marlaska (voir encadré), une semaine après la déclaration de cessez-le-feu «permanent général et vérifiable» de la part d'ETA.


Quasiment tous les corps de police ont participé à cette opération. Ainsi, la police espagnole a arrêté quatre personnes accusées de s'occuper du site Internet apurtu.org, site qui donne des informations sur les prisonniers basques, la torture et plus généralement la «répression» contre la gauche abertzale. La ertzaintza a pour sa part interpellé une personne accusée d'actes de kale borroka en 2002. La garde civile a procédé aux détentions de six Navarrais qui seraient membres d'Ekin, de Batasuna, de Segi ou d'Askatasuna. Ils sont accusés d'avoir tenté de «reconstruire la direction d'Ekin», mouvement qui avait déjà été visé par une opération policière en septembre dernier... une semaine après l'annonce par ETA de l'arrêt de ses «actions armées offensives». Enfin, la police française a détenu Igor Iriarte et Aiala Zaldibar à Bayonne. L'un est présenté comme ayant échappé à l'opération contre Ekin, l'autre d'avoir échappé à une autre opération policière visant, elle, le mouvement de jeunes Segi. Ces deux dernières personnes se sont vues notifier un mandat d'arrêt européen par le parquet de Pau et ont été relâchées sous contrôle judiciaire strict. Il leur est entre autre interdit tout contact avec des «Basques espagnols», y compris leurs familles. L'arrestation de Zaldibar a causé une vive émotion parmi les riverains du boulevard Alsace-Lorraine de Bayonne. La jeune fille a été arrêtée de manière «musclée» selon une voisine. Celle-ci raconte : «Elle criait aux policiers de s'identifier pendant qu'ils la plaquaient au mur et la menottaient. Une passante leur a traduit et ils ont enfin montré une carte de police. Après quoi notre voisine a crié que c'était une séquestration, qu'ils n'avaient pas montré de mandat et c'est alors qu'ils lui ont mis la main sur la bouche et l'ont violemment jeté dans la voiture


Protestations


Pour la gauche abertzale, «l'Etat a peur des paroles et c'est pour cela qu'il use de la violence systématiquement». EA, pour sa part, a estimé qu'il y avait «une intention politique» derrière l'opération qui visait à mettre des obstacles au «processus irréversible ouvert». Le syndicat LAB, le mouvement pour l'amnistie et le parti Aralar ont également protesté.


Pour le syndicat ELA, «on traite comme terroristes des personnes qui promeuvent des actions au nom d'organisations qui n'auraient jamais dû être interdites». Effectivement, une fois de plus, la plupart des médias français et espagnols ont repris les propos des ministres et policiers espagnols présentant les détenus comme «proches», «membres présumés» voire carrément «membres» d'ETA.


Grande-Marlaska un juge contre la paix ?

L'opération d'hier a été décidée par le juge Grande-Marlaska de l'Audience nationale. Celui-ci avait ordonné l'arrestation d'Arnaldo Otegi quelques jours après la déclaration de trêve d'ETA en 2005. Durant la période de «dialogue» de 2005-2007, il avait multiplié les procédures créant des «crispations». Après l'annonce d'ETA de septembre, il avait fait arrêter neuf indépendantistes accusés d'être membres d'Ekin. Ceux-ci avaient dénoncé des tortures. Le juge a toujours refusé d'appliquer le protocole contre la torture élaboré par son collègue B. Garzon. La moitié des personnes ayant dénoncé des tortures l'an dernier ont été détenues dans des opérations décidées par ce juge selon le mouvement pour l'amnistie.

 

Giuliano CAVATERRA pour le JPB


Publié dans Euskal Herria

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