L’Etat d'exception dans tous ses états

Publié le par Ekintza



26 000 personnes ont manifesté dans les rues de Bilbo le 4 octobre, pour dénoncer l’état d’exception que subit le Pays Basque, incarné par les illégalisations d’EHAK et d’EAE-ANV et l’emprisonnement des membres du Mouvement Pour l’Amnistie.


Protection des Falangistes et charges contre les jeunes indépendantistes :
Journée de travail habituelle pour la Ertzaintza, bras armé du PNV

Samedi se fêtait à Hernani, comme chaque année, Independentzia Eguna (Journée de l’Indépendence). L’AN avait interdit l’acte principal de la journée.
Les jeunes ont organisée une marche dans la ville, et à la fin de celle-ci, la Ertzaintza est sortie de 7 fourgons et a chargée sur les milliers de jeunes, en blessant plusieurs, en arrêtant une demi douzaine.
Des barricades ont été érigés ensuite. Tout est revenu au calme vers 23h00, et les concerts ont pu avoir lieu.

Le PNV, EA, Ezker Batua (tripartite au pouvoir) et Aralar organisait des rassemblements dans plusieurs villes pour dénoncer l’interdiction de la consultation en ce jour qu’Ibarretxe avait qualifié « d’historique », même après l’interdiction. Le résultat ? De beaux mots formées par des milliers de gens visibles depuis le ciel. Le seul résultat qui peut être obtenu par le PNV souverainiste que nous connaissons.

De son côté, la Falange espagnole, organisation fasciste, effectuait une « visite » à Gasteiz. Pour leur signifier qu’il n’étaient pas les bienvenus en Euskal Herria, une manifestation était organisée à quelque pas.
La police du PNV a, conforme à ses habitudes, protégé le rassemblement des Falangistes, et dispersé les manifestants antifascistes.


Falangiste serrant la main d’un ertzaina l’année dernière à Donosti



Le même jour, à Lesaka, lors d’une journée annuelle en l’honneur de deux preso originaires de la ville, Ainara Fresneda et Iñaki Fagoaga, dont le second a effectué les 3/4 de ses 15 ans de prison et est libérable, qui comporte marche en montagne, repas et acte politique, la garde civile a occupé la place, les rues de la ville, toutes les routes de la montagne, avec des patrouilles, des "antiémeutes", a fait des contrôles, des identifications.

Le droit à manifester et à se rassembler à été une nouvelle fois violé en Pays Basque, et ces interdictions assurent la violence policière, comme à Hernani et Lesaka.
C'est véritablement le visage de l'état d'exception qui est apparu à Lesaka. Seulement quelques mois se sont écoulé depuis que deux Lesakar ont été violemment torturés, et la persécution de la guardia civil n'a fait qu'augmenter à Lesaka.



La semaine précédente, lors d’une manifestation à Tolosa en souvenir de Joxi Lasa et Joxean Zabala, torturés, assassinés et enterrés dans la chaux vive par le GAL, il y a 25 ans, interdite par la Audiencia NAZIonal, la Ertzaintza a chargé et arrêté 6 personnes, dont des membres des familles de Joxi et Joxean.




Les même images se répètent. La Ertzaintza avait chargé lors de leur enterrement, après que leur corps furent découverts plus de 10 après leur disparition.



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Filipe Bidart condamné au silence

Le 2 octobre la Cour d’Appel de Paris a confirmé la décision du Tribunal d’Application des Peines de Paris (cour d’exception chargée d’examiner les affaires de “terrorisme”), qui restreint les conditions de la liberté conditionnelle de Filipe Bidart. Celui-ci n’est pas autorisé à s’exprimer publiquement, ni à manifester.
La Cour avait motivé sa décision par “le contexte actuel du Pays Basque”, “les conditions de sa sortie de prison” et “l’attitude de son comité de soutien”. La décision avait été prise suite à la participation de Filipe Bidart, en décembre 2007, à une manifestation devant la prison d’Agen où étaient incarcérés deux jeunes dans le cadre de l’affaire du bar Kalaka (qui ont été libérés depuis).

La défense de Filipe Bidart vient de lancer un recours devant la Cour de Cassation. La CAR-EKB (Commission anti répression) et l’association Lagundu qualifient la décision de la Cour d’Appel “d’éminemment politique” et invite les organisations “n’acceptant pas cette atteinte aux droits fondamentaux, à réagir”.


Prise de parole de Gabi Mouesca lors d’Amnistiaren eguna à Makea :


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Condamnation de Lorentxa Beyrie
La militante d’Iparralde, accusée d’appartenance à ETA et de participation à un attentat, a été condamné au total, sans la confusion des peines, à près de 30 de prison.
Même si elle a reconnue être membre d’ETA, elle a toujours nié sa participation à cet attentat qui avait fait un mort, dont elle était accusée suite à une dénonciation obtenue sous la torture.
Aucune preuve matérielle n’est venue étayer cette thèse, mais sa condamnation a quand même été prononcé, la France légitimant donc l’usage de la torture comme l’Espagne.

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Iban Apaolaza était réfugié basque au Québéc, et l’Espagne demandait son extradition, basée sur des aveux là aussi obtenus sous la torture.
Il avait été incarcéré à la prison de Montréal, dans des conditions inhumaines de torture psychologique.
Connaissant les risque de tortures en Espagne, sa lutte l’a mené à faire une grève de la faim, et la solidarité du comité de soutien québéquois a été grande.
Il a fini par être extradé vers l’Etat espagnol, et incarcéré à la prison de Soto del Real, le juge canadien donnant tout crédit, comme la France, et bien entendu l’Espagne, à des aveux obtenus sous la torture, et niant les pratiques de tortures quasi systématiques sur les Basque sur le territoire espagnol.

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En Iparralde, il y a eu deux arrestations ce mois-ci.
Esteban Murillo, réfugié politique basque, originaire d'Iruña, a été à Bidarrai, village où il vivait en famille depuis plusieurs années. Il a été transféré au Tribunal de Bayonne, où lui a été notifiée une demande d'extradition basée sur des faits remontant à 1982. Il a ensuite été incarcéré à la prison de Seysses.

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Dans le cadre de l’opération contre Batasuna, Zigor Goieaskoetxea, qui n’était pas à son domicile lors de l’assaut, a été arrêté à Biarritz, puis relâché sans charge, comme tous les autres.

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