Vague d'arrestations en Ipar Euskal Herria

Publié le par FPL

 

Le JPB

31/03/2010

Goizeder TABERNA

Une opération policière s'est soldée par huit arrestations hier, en Labourd. Dirigée par la police judiciaire de Bayonne et la gendarmerie de Pau, elle a été réalisée dans le cadre d'enquêtes sur des attentats ou tentatives d'attentats. Des actions qui seraient estampillées «Euskal Herria ez da salgai !» (le Pays Basque n'est pas à vendre).

Les interpellations ont eu lieu à 6 heures du matin, selon Askatasuna, et se sont accompagnées de perquisitions dans les domiciles des personnes arrêtées. Il s'agit de Labourdins âgés de 25 à 35 ans : Arkaitz Tonerre et Joël Zurutuza, arrêtés à Saint-Jean-de-Luz, un autre jeune homme à Ascain, David Bachacou à Cambo, les frères Peio et Xabi Hirigoien à Hasparren, Peio Elicery à Anglet et Mattin Olçomendi à Ciboure.

Ce dernier travaillant pour le festival Euskal Herria Zuzenean, les gendarmes ont procédé à la perquisition du local hazpandar de l'association. Cette dernière a organisé en 2009 le rassemblement culturel qui avait réuni près de 22 000 personnes à Hélette. D'après Askatasuna, du matériel informatique et des documents ont été saisis. A noter également que le maraîcher Xabi Hirigoien est conseiller municipal de Briscous, appartenant au groupe du maire Pierre Diratchette.

Cibles immobilières et touristiques

Les huit jeunes en garde à vue ont été répartis entre la gendarmerie de Pau et le commissariat de Bayonne. Ainsi, P. Elicery, les frères Hirigoyen et M. Olçomendy se trouvaient à Pau hier soir et J. Zurutuza, l'Azkaindar, A. Tonerre et D. Bachacou à Bayonne. La garde à vue de 24 heures pourrait être prolongée de 24 heures puis de 48 heures d'après la loi. Le comité anti-répressif a affirmé que les familles ont été averties des événements, soit parce qu'une tierce personne a assisté à l'arrestation, soit par le biais d'un appel des policiers.

Ces arrestations seraient liées à plusieurs dossiers ouverts dans la période entre 2008 et 2009 d'après les informations fournies par la police judiciaire de Bayonne. Les actions en question visaient des villas ainsi que différentes cibles immobilières et touristiques d'après l'Agence France Presse. La piste du groupe Irrintzi étant écartée depuis l'arrestation en décembre dernier de ses responsables, les enquêteurs parlent «véritablement, d'un mouvement radical violent» et considèrent que les personnes arrêtées «ne sont pas forcément des militants, mais plutôt des sympathisants». Alors que la presse espagnole affirmait que l'opération était «ouverte», les responsables de la police judiciaire déclaraient hier soir que de nouvelles arrestations n'étaient pas «à l'ordre du jour».

Un seul communiqué a été rendu public au nom de «Euskal Herria ez da salgai» durant ces dernières années de recrudescence des attentats. Il date du 4 août 2009 et revendique trois attentats perpétrés contre le golf d'Anglet, celui d'Arcangues et ceux de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure. Par ailleurs la dernière vague d'arrestations remonte au 29 juin 2009, date à laquelle dix personnes furent interpellées.

550 personnes

Pour Askatasuna les arrestations d'hier représentent «la cinquième rafle depuis un an», soit 33 personnes interpellées. «C'est une nouvelle attaque contre les projets politiques et sociaux en Pays Basque», a déclaré le mouvement. Alors que le comité anti-répressif annonçait que les mobilisations étaient maintenues le temps des gardes à vue, l'heure était au comptage, hier soir.

En réaction aux arrestations, près de 550 personnes se sont rassemblées dans les cinq communes labourdines en fin de journée. Elles étaient 150 à Hasparren où un cortège a relié la place à la gendarmerie. A Cambo 200 personnes ont répondu à l'appel d'Askatasuna, à Saint-Jean-de-Luz 110, à Ascain 45 et à Bayonne 50, selon les organisateurs.

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