Lignes à grande vitesse, des projets en Occitanie, mais pas pour les occitans.

Publié le par Matieu



Depuis quelques années maintenant, les projets de lignes à grande vitesse se multiplient un peu partout en Hexagone, à l'initiative de l'Etat et parfois des Régions.

 

Personne ne peut, sur le principe, s'opposer au fait de pouvoir gagner du temps dans ses différents trajets en train. Mais on il convient de se concentrer sur le fond du problème, et sur les conséquences de ces projets aux budgets faramineux.

 

La LGV Sud-Europe-Atlantique concernant les liaisons entre Paris et le Sud-Ouest, dont le protocole final pourrait être entériné dès le mois de novembre, coûterait au final plus de 14 milliards d'euros. Outre les conséquences évidentes de tels travaux sur l'environnement et les économies locales, le financement colossal qui pèse sur les collectivités locales entraînera dans un avenir proche des hausses d'impôts toutes aussi évidentes, avec des prévisions d'endettement des différentes collectivités sur 40 ou 50 ans.

 

L'autre LGV qui crée une vraie polémique en Occitanie est la future ligne Niça-Paris, ou plutôt Paris-Niça. Les derniers plans de la ligne, qui ne desservira ni Marselha ni Tolon, sont annoncés à travers la Vallée de l'Arc, au coeur de domaines de vignes. Se pose la question de savoir si, en plus de toutes ses contraintes, il est bien intelligent de financer un projet à 8 milliards d'euros pour économiser à peine plus d'une heure de trajet.

 

Les LGV pour qui?

 

A l'instar des lignes aériennes low cost que les financeurs assument être un outil indispensable pour attirer les populations étrangères, on peut se demander sans mauvais esprit pour qui ces lignes TGV sont faites ?

Bordèu –Paris, Tolosa-Paris, Niça-Paris, les quelques liaisons dites régionales ne cachent pas le squelette d'un grand projet centralisateur.

A moyen terme, le défi est lancé: pouvoir habiter en «province» et travailler dans la capitale.

 

 

Voyager en train, mais mieux et plus intelligent

 

Les coûts colossaux engagés dans la construction de ces grandes lignes auront un autre effet évident, et des plus pervers: accroître encore un peu plus la déliquescence des réseaux TER.

Depuis des années, voire depuis la création de la SNCF, le service ferroviaire public est en déclin. On met certes moins de temps de trajet d'une ville à l'autre, mais combien de lignes ont été fermées, faute de rentabilité ?

Il suffit de comparer les itinéraires proposés il y a presque 100 ans et les actuels. Le bilan est cruel mais réel: on ne peut plus aujourd'hui se déplacer où l'on veut en train, faute de défection chronique de la part de la SNCF, mais surtout de Réseaux Ferrées de France (RFF), propriétaire depuis sa création en 1997 du domaine ferroviaire hexagonal.

 

Comment, dans ces conditions, penser que les collectivités territoriales pourront, après s'être endettées à financer les grandes lignes de train, entretenir et développer les liaisons ferroviaires dites secondaires ? Ca n'est de toute façon plus leur priorité depuis longtemps.

 

Nos régions, nos pays occitans, jusqu'aux plus ruraux qui fondent l'âme même d'Occitania n'ont pas à devenir des points d'appui ou autres passages d'un réseau centralisé basé sur le rendement, un principe qui doit être banni de la logique des entreprises publiques.

 

S'opposer à ces projets , ça n'est pas s'opposer au progrès mais à des politiques bien précises de la part de l'Etat qui feront des régions occitanes soumises et un réseau ferroviaire totalement inadapté aux récentes dispositions prises par l'Etat à travers le Grenelle de l'Environnement.


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